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Virginie Pisoort : « chaque jour, 17.000 enfants meurent des suites de la faim"
Virginie Pisoort est responsable des campagnes chez Sos Faim. Elle nous parle de la malnutrition dans le monde et des moyens mis en œuvre par SOS Faim avec les organisations locales dans les pays du Sud afin de lutter contre la pauvreté et la malnutrition.
Pouvez-vous nous présenter SOS Faim ?
SOS Faim est une organisation non gouvernementale (ONG) active depuis plus de 40 ans. SOS Faim se concentre fortement sur 13 pays, essentiellement dans le milieu rural. Notre mission est de soutenir des organisations locales qui développent leurs propres projets. Il ne s’agit pas de travailler à leur place, de leur fournir des solutions toutes faites, mais surtout de voir comment nous pouvons les aider.
En 2007, quels sont les chiffres de la famine dans le monde ?
Pour avoir une idée précise des chiffres actualisés, il faudrait aller consulter les chiffres de la FAO. Mais je peux d’ores et déjà vous dire que par jour, ce sont plus de 17.000 enfants qui meurent des suites de la faim. Ce qui est important, ce n’est pas tant le chiffre mais surtout le fait que ce chiffre ne diminue pas, contrairement à ce qui avait été fixé dans les Objectifs du Millénaire.
De plus, la majorité des gens qui souffrent de la faim (70%) vivent en milieu rural. C’est dans le milieu rural qu’il y a le plus de pauvreté, alors que ces personnes devraient pouvoir vivre de la pêche, de l’élevage ou de l’agriculture. Voilà pourquoi SOS Faim travaille essentiellement avec ces populations et les organisations en milieu rural.
Quels sont les pays (ou les régions) les plus touchés ?
La région du globe qui est la plus touchée c’est l’Asie. Mais c’est parce que c’est l’Asie qui est la plus peuplée. En terme de pourcentage, c’est aujourd’hui l’Afrique qui possède le taux le plus élevé de personnes qui souffrent de la faim, et plusieurs pays connaissent un taux de malnutrition de 35 à 50 % de la population.
Quelles sont les causes principales de la famine ?
Nous préférons l’utilisation du terme malnutrition. On parle de famine, après un conflit, une catastrophe naturelle ou d’autres événements qui créent des problèmes de faim, de pauvreté et d’accès à la nourriture. La malnutrition vise des situations plus globales, et des causes davantage structurelles. C’est quand il y a véritablement des déficiences alimentaires, dans une région. Ce ne sont en général pas des crises alimentaires que l’on peut résoudre par des actions humanitaires. Il faut travailler sur le long terme.
Quelle est la position de SOS Faim quant à la méthode à employer pour résoudre cette situation?
Il s’agit davantage de travailler sur le développement des populations rurales et dans un objectif de résoudre la faim et la pauvreté. L’objectif est aussi, en résolvant les problèmes de faim et de pauvreté, d’éviter que les populations quittent le milieu rural, que ce soit pour émigrer vers les villes ou plus tard en Europe. A plusieurs titres, c’est important que les populations rurales puissent vivre de leurs productions et rester dans les campagnes. Il faut donc mettre en place et soutenir des projets qui permettent de lutter contre la pauvreté et éviter la malnutrition chronique.
Quels sont les moyens à mettre en place pour lutter contre la malnutrition ?
Il y en a plusieurs. mais ce qu’il faut surtout selon nous, ou disons là où nous pouvons, en tant qu’ONG du Nord être acteur du développement, c’est en donnant les moyens aux organisations du Sud qui ont un ancrage, une légitimité locale d’acquérir les moyens de leur autonomie. Ce sont les projets sur lesquels nous travaillons, que ce soit via la microfinance ou via le soutien des organisations paysannes. Ces organisations doivent être capables de produire, de transformer elles-mêmes (selon les productions), et de commercialiser leurs produits.
L’aide que nous apportons varie selon les organisations, mais le but, c’est celui-là : que les producteurs soient à même de vivre de leur production et d’obtenir des revenus décents pour leur travail. Qu’ils puissent passer de l’étape de la production à la commercialisation de leurs produits, pour subvenir à leurs besoins, mettre les enfants à l’école, bénéficier des soins de santé, etc.
Une des causes de la malnutrition et des problèmes alimentaires, c’est aussi que les politiques ne sont pas adaptées. Que ce soit les politiques au Sud qui ne sont pas favorables au développement du milieu rural, ou celles du Nord, agricoles, ou commerciales, qui sont construites sans se soucier des impacts négatifs sur le développement des pays du Sud. A ce niveau là, il y a encore beaucoup de choses à faire et SOS Faim, dans ses activités en Belgique de sensibilisation et de plaidoyer, essaie d’influencer le courant des politiques pour le développement et l’autonomie des populations rurales au Sud.
Sommaire
- La souveraineté alimentaire : de quoi s'agit-il ?
- La souveraineté alimentaire, ce n'est pas...
- Les 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement
- Quand le monde crie famine...
- Quand le Nord concurrence le Sud
- Le secteur agricole
- Où vont les céréales?
- Christian Panneels : « Il faut redoubler d’efforts »
- Thierry Kesteloot « La souveraineté alimentaire ne concerne pas uniquement les pays du Sud"
- Thierry Kesteloot : « La souveraineté alimentaire permet de dépasser les conflits d'intérêts"
- Virginie Pisoort : « chaque jour, 17.000 enfants meurent des suites de la faim"
- Espace-citoyen sur "Quand les jeunes s'en mêlent"
- Les associations pour la souveraineté alimentaire









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