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La violence hier et aujourd’hui

La violence hier et aujourd’hui

A en croire les médias, nous vivons dans une société ultra-violente. Les tueries, insultes et meurtres gratuits seraient en augmentation. Mais qu’en est-il réellement ? En fait, il convient de distinguer le sentiment d’insécurité et les violences réelles.

Une société moins criminelle

Contrairement aux idées reçues, notre société est moins violente que dans le passé. Au Moyen Age, par exemple, les seigneurs avaient le droit de vie et de mort sur leurs serfs, c’est-à-dire les paysans établis sur leurs terres. Pendant des siècles, les brigands de grands chemins rendaient les voyages entre les villes extrêmement dangereux et il était difficile de circuler seul en rue sans se faire dépouiller. En France, le nombre d’homicides a été divisé par 3 entre le début du 18e  siècle et la fin du 20e.

Un monde entre guerres et paix

L’histoire des sociétés européennes est jalonnée de guerres sanglantes (guerres de religion, guerres entre États, guerres mondiales) menées pour défendre un territoire ou un idéal. Si les guerres n’ont pas disparu, les deux Guerres mondiales au début du 20e semblent cependant avoir mis un terme aux déchirements entre les pays, grâce à la construction européenne et la mise en place d’instances internationales. Pourtant, même si elles sont moins nombreuses aujourd’hui, les guerres font davantage de victimes civiles dans les autres pays du monde, vu la puissance des moyens de destruction.

Les violences politiques

De nombreux succès politiques (acquisition de droits, renversement d’un système, etc.) ont également été remportés par la violence et au prix parfois de nombreux morts. C’est le cas notamment de la guerre de Sécession aux Etats-Unis qui a abouti à l’abolition de l’esclavage, de la Révolution française amenant la fin d’un système monarchique inégalitaire, ou encore de l’indépendance de la Belgique. Aujourd’hui, nos systèmes démocratiques garantissent une liberté d’expression offrant des moyens pacifiques de faire entendre sa voix. La violence d’État a été canalisée et les pays pratiquant emprisonnements sans procès, tortures ou assassinats d’opposants sont surtout des dictatures.

Sentiment d’insécurité

Malgré ces évolutions, le sentiment d’insécurité est aujourd’hui en augmentation. Si les meurtres sont en baisse, les violences sexuelles et les agressions sont par contre en hausse chez les jeunes.  Ces évolutions font peur et renforcent le sentiment d’insécurité. En fait, c’est surtout notre tolérance et notre sensibilité à toute forme de violence qui sont différentes d’hier.

Afin de répondre à ce besoin de sécurité de la population, les politiciens prennent différentes mesures. Celles-ci sont soit préventives soit répressives. Si ces deux types de mesures sont nécessaires, l’importance de l’une par rapport à l’autre va déterminer la nature de l’Etat. Un Etat qui choisit la méthode préventive est soucieux de trouver l’origine des maux et travaille davantage sur les causes de la violence. Par contre, un Etat qui préfère l’emprisonnent et use de méthodes répressives s’attaque aux conséquences, en pratiquant lui-même une forme de violence.


Pour en savoir plus:

Emmanuel Vaillant, Dire non à la violence, Les Essentiels Milan Junior, 2001

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