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La Constitution, le b.a.-ba d'un pays

« Je jure d'observer la Constitution … »
Cette phrase résonne devant les deux Chambres réunies pour l'occasion. Le Roi, qui vient de la prononcer, peut désormais monter sur le trône. Mais quelle est cette célèbre "Constitution" qu'il va devoir respecter ?
Le 18 novembre 1830, la Belgique devient indépendante. En février 1831, le pays se dote d'une Constitution. Il rejoint ainsi d'autres états, eux aussi dotés d'un tel document, comme la France ou les Pays-Bas. La Constitution définit l'organisation de l'État, fixe les compétences des représentants de l'autorité et la façon dont ils les exercent. Elle réglemente également les droits et les devoirs des habitants. Comme elle indique les principes généraux qui déterminent la manière de fonctionner du pays, elle se trouve en haut de la hiérarchie, au-dessus des lois et des décrets. Ces principes de base permettent de voir que la Belgique est considérée comme une monarchie constitutionnelle et parlementaire, un État de droit, démocratique, fédéral et social.
Que trouve-t-on dans la Constitution ?
198 articles répartis sous huit titres. Citons en quelques-uns :
- Le titre I, De la Belgique fédérale, de ses composantes et de son territoire, a subi de nombreuses modifications quand la Belgique est devenue fédérale.
- Le titre II, Des Belges et de leurs droits, décrit les droits fondamentaux et les libertés du citoyen : égalité de tous les Belges devant la loi, liberté et droit à l'enseignement, inviolabilité du secret des lettres,… A l'époque de sa création, la Constitution belge était un modèle concernant les libertés accordées à la population.
- Le titre III, Des pouvoirs, fait notamment référence à la séparation des pouvoirs, aux compétences de chaque autorité et de leurs organes (Sénat, Chambre, etc.).
Modifier la Constitution, est-ce possible ?
Incarnant les bases fondamentales du pays et primant sur les lois et les décrets, la Constitution a intérêt à être stable et à ne pas pouvoir être modifiée au gré des majorités politiques successives. Une procédure stricte règle donc ses révisions :
- les deux Chambres doivent voter la déclaration de révision de la Constitution, qui détermine les articles soumis à révision ;
- après publication de cette déclaration, le parlement fédéral est dissous ;
- des élections sont organisées pour élire de nouvelles Chambres ;
- les articles soumis à révision par l'ancien Parlement, et seulement eux, sont changés si le Sénat et la Chambre votent leur modification.
Cette procédure n'a été opérée qu'à six reprises: les deux premières fois pour réformer le système électoral. Les quatre fois suivantes pour transformer l'État unitaire en État fédéral.
Sommaire
- 180 ans d'indépendance dont 30 ans de fédéralisme...
- La Constitution, le b.a.-ba d'un pays
- État fédéral... c'est-à-dire ?
- Etat fédéral: de quoi s'occupe-t-il ?
- Les parlementaires, les ministres, les juges : qui fait quoi ?
- Le Parlement fédéral : deux chambres, 221 membres
- Le gouvernement fédéral : le Roi, les Ministres et les autres
- Être Roi, oui, mais encore…









Commentaires (4)
De Julien Lietart,
01 septembre 2010 à 16h40
Si j'ai bien compris, le poste de premier ministre revient au président du parti ayant récolté le plus de voix. Étant donné qu'il y a en Belgique plus de flamands que de Wallon, les partis flamands recoivent donc plus de voix que les partis francophones. Donc, en principe, il est mathématiquement impossible que le Premier Ministre soit francophone. Est-il vraiment démocratique que le chef du gouvernement soit quelqu'un pour qui il est impossible à la moitié du pays de voter ?
De Espace-Citoyen,
01 septembre 2010 à 16h39
Réponse aux élèves de Catherine Vertriest : Oui, il est possible qu'en Belgique un ministre ne soit ni sénateur ni député. Cependant, en pratique, c'est souvent parmi eux que les ministres sont choisis : ceux-ci doivent donc se faire remplacer dans leurs fonctions parlementaires par son suppléant car on ne peut pas être à la fois député ou sénateur et ministre. Quant à la question concernant le quorum : effectivement, comme c'est écrit dans la Constitution belge (art.53), "Aucune des deux Chambres ne peut prendre de résolution qu'autant que la majorité de ses membres se trouve réunie".
De Espace-Citoyen,
01 septembre 2010 à 16h38
Quelques précisions par rapport à la question des élèves de Catherine Verbiest : il existe une forme de majorité spéciale nécessaire lors du vote de certaines lois et, en particulier, les lois qui touchent aux limites des régions linguistiques. Dans ce cas, la majorité des membres de CHAQUE GROUPE LINGUISTIQUE doit être réunie.
De catherine Vertriest ,
01 septembre 2010 à 16h37
Mes élèves posent la question suivante : est-il possible en Belgique qu'un ministre ne soit ni député ni sénateur ? Y a-t-il un quorum de députés nécessaire au moment du vote de lois importantes?