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Racisme et xénophobie à travers l’histoire

Le racisme et la xénophobie ne sont pas des phénomènes récents. Mais la peur et le mépris de l’étranger prennent des dimensions différentes selon les pays et les époques. Pour comprendre les racines de ces phénomènes, il faut retracer rapidement leur triste histoire.

De l’Egypte pharaonique au Moyen Âge

Selon les historiens, les pharaons égyptiens, quelques 3000 ans avant J.C., avaient un discours de haine vis-à-vis des étrangers, c’est-à-dire des "Nègres", des Asiatiques ou des Juifs.

Dans l'Antiquité, l'esclavagisme était à la base des sociétés. A Athènes, la démocratie est limitée à une partie restreinte de la population. Les esclaves, les femmes et les « métèques » (les étrangers résidants) ne participent pas à la vie politique. Quant à l'Empire romain, il met en place un système judiciaire mettant l'esclave à la merci de son maître.

Avec la montée du christianisme, les persécutions vont se multiplier à l'égard des Juifs et des hérétiques (incroyants ou personnes remettant en cause des principes religieux). Le Moyen Âge est marqué par les croisades et l'antisémitisme. En 1215, le Concile de Latran interdit aux Juifs l'accès aux emplois publics.

Colonisation européenne et traite des esclaves

Mais le début de la colonisation va ouvrir une ère de massacres et d'humiliations. Au nom de la supériorité de la race blanche et du christianisme, les Indiens sont tués, mis en esclavage et leurs civilisations détruites. Au début du 16ème siècle, les Espagnols vont jusqu’à se demander si les Indiens sont des êtres humains et s'ils ont une âme. En même temps, un commerce fait par les Européens amène des millions d'esclaves noirs africains sur le sol américain. Les Noirs sont considérés comme appartenant à une race inférieure et traités comme de vulgaires marchandises.

Si l'esclavage est aboli en 1848 en France et en 1863 aux Etats-Unis, cela n'empêche pas le penseur français Gobineau de publier un « Essai sur l'inégalité des races » qui théorise une vision raciste de l'humanité, dans laquelle la « race aryenne » (les Blancs) serait supérieure aux autres. Aux Etats-Unis, les Noirs sont persécutés par le Ku Klux Klan, société secrète raciste créée en 1865, qui cherche à les terroriser par des lynchages et des assassinats.

De plus, tout au long du 19ème siècle, les colonisations se mettent en place en Afrique et en Asie, à partir de préjugés raciaux. Les puissances européennes veulent "apporter la civilisation à ces peuples primitifs".

De la montée de la xénophobie à l’arrivée des nazis au pouvoir

En Europe, l'immigration se développe dès la fin du siècle et avec elle la xénophobie. En Belgique et en France, par exemple, ce sont les Italiens qui en font les frais, jusqu'à la seconde guerre mondiale : on les accuse d'être sales, dangereux et de  voler le pain des nationaux. Ainsi, à chaque vague migratoire et à chaque période de crise économique, ce sont les mêmes mots, les mêmes violences verbales qui resurgissent.

Mais cette violence atteint un stade supplémentaire avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933. Inspiré des théoriciens du 19ème siècle, il met en pratique son livre « Mein Kampf » en mettant en place une politique de persécution des Juifs. En 1942, la "solution finale" est décidée par les nazis : 11 millions de personnes seront exterminées dans les camps, dont 6 millions de Juifs, mais aussi des homosexuels, des tziganes, des communistes, etc. De leur côté, les Japonais font subir des atrocités aux Chinois, également au nom d'une supériorité raciale.

Evolutions depuis la seconde guerre mondiale

Après l’horreur nazi, la notion de crime contre l’humanité est définie juridiquement et appliquée au procès de Nuremberg, pendant lequel certains dirigeants nazis sont condamnés. De plus, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 réaffirme le principe d'égalité et condamne le racisme.

Pourtant, la même année, se met en place l'Apartheid en Afrique du Sud qui légalise une séparation et une inégalité au profit de la minorité blanche. Ce système ne sera abandonné qu'en 1994. Aux Etats-Unis, il faut attendre 1964 pour que l'égalité politique soit reconnue aux Noirs (Civil Right Act).

En Amérique du Nord et en Europe, pendant décennies de croissance économique après la guerre, les migrations internationales se développent. En même temps, la plupart des anciennes colonies européennes accèdent à l'indépendance. A partir des années 1970, le retournement de la situation économique fait apparaître un chômage inquiétant et des difficultés sociales dans les pays du Nord, tandis que la majorité des pays du Sud s'enfonce dans la misère. En Europe, des groupes ou partis d'extrême droite véhiculent un racisme agressif, principalement à l'égard des Noirs et des Arabes, et leur popularité prend dans certains pays ou certaines villes des proportions inquiétantes.

Les conflits ethniques contemporains

Dans les années 1990, la guerre en ex-Yougoslavie éclate et s'opère notamment selon une logique de nettoyage ethnique et religieux: les populations sont chassées de leur territoire, par des massacres, des destructions, des pillages ou des viols. En 1993, l’ONU créé un Tribunal Pénal International (TPI) pour la Yougoslavie afin de juger les violations du droit international humanitaire perpétrées sur le territoire.

En 1994, une guerre ethnique éclate entre Tutsis et Hutus au Rwanda et au Burundi, débouchant sur un génocide de presque un million de Tutsis. L’ONU créé également un TPI pour le Rwanda qui condamnera plusieurs hauts responsables à la prison à perpétuité pour génocide et crime contre l’humanité.

Ainsi, le racisme et ses conséquences les plus dramatiques n’ont pas disparu de notre monde. Mais l’existence d’une juridiction internationale permet, au moins, de condamner les pratiques les plus terrifiantes. De plus, après des siècles d’exclusion, certaines minorités (ou même majorité !) accèdent au pouvoir politique. En 2005, Evo Morales devient le premier Président indien de Bolivie, après que les Indiens, pourtant majoritaire dans le pays, aient dû faire face à de nombreuses discriminations politiques et économiques.

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