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Catherine Hailliez (SOS Viol)

« Les victimes d’un viol perdent souvent confiance en l’être humain »
Le viol est une violence sexuelle condamnée par la loi. L’impact psychologique et traumatique est considérable pour les victimes d’un viol qui ont souvent du mal à se reconstruire. Catherine Hailliez, psychologue à l’asbl SOS Viol, nous en dit plus sur cet acte de violence intolérable et sur les démarches que la victime peut choisir d’entreprendre.
Comment "définir" le viol ?
Il existe différentes façons de définir le viol. Une distinction entre le point de vue juridique et humain doit être faite. Selon la définition proposée par le Code Pénal en Belgique, le viol correspond à « tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu’il soit et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne qui n’y consent pas ».
Et du point de vue humain ?
La définition juridique est importante car elle offre aux victimes une reconnaissance de ce qu’elles ont vécu. Mais il ne faut pas oublier l’aspect humain et la douleur ressentie par la victime d’un viol. C’est un acte de violence sexuelle commis par quelqu’un qui ne respecte pas le désir ou la parole de l’autre. Il s’agit d’une intrusion dans ce qu’une personne a de plus intime. Les conséquences psychologiques pour la victime sont considérables.
Quelles sont-elles ?
Les personnes victimes d’un viol ont vécu une négation totale de leur intimité physique et psychologique de la part d’un autre individu. Il arrive que les victimes parlent d’une "mort subjective", comme si ce qu’elles étaient avant le viol était totalement différent de ce qu’elles sont après. Elles perdent souvent confiance en l’être humain, parlent d’un "corps vide". Retrouver une dignité, se réapproprier l’espace physique de son corps est un obstacle souvent très difficile à surmonter pour la victime d’un viol.
Existe-il des estimations du nombre de viols commis en Belgique ?
Nous savons que 2577 procès verbaux rédigés suite à une plainte pour viol ont été enregistrés en Belgique en 2003. Mais ces chiffres ne reflètent pas la réalité car on estime généralement que le nombre de plaintes ne représente qu’un cinquième, voire un dixième, des victimes.
Comment expliquer le silence des victimes ?
Les victimes d’un viol ressentent souvent un sentiment profond de honte et de culpabilité après l’agression. Elles mettent généralement beaucoup de temps avant d’oser en parler, même à un proche. La peur des représailles peut aussi empêcher la victime d’en parler. De plus, les auteurs d’un viol sont très souvent des personnes connues de la victime ce qui rend parfois le fait d’en parler encore plus difficile.
Déposer plainte à la police est encore une autre étape que la victime ne souhaite pas toujours franchir car cela implique de se confronter une nouvelle fois à l’agression. Et il faut pouvoir prouver que l’agression a bien eu lieu, ce qui est parfois difficile, surtout si la victime n’en a pas parlé tout de suite. Certaines personnes pensent que si elles vont jusqu’au bout des démarches judiciaires, leurs souffrances partiront avec le verdict. Or, si avoir une reconnaissance officielle est important, cela ne signifie pas que la douleur va s’arrêter pour autant.
Que propose SOS Viol ?
Une permanence téléphonique est organisée au sein l’asbl. Les personnes qui appellent peuvent choisir de garder l’anonymat et demander que l’entretien téléphonique reste confidentiel. Il peut autant s’agir de victimes que de personnes de leur entourage qui veulent pouvoir les aider. Il arrive aussi que des médecins, des policiers, des professeurs,… nous appellent pour avoir des conseils. Nous proposons également au sein de SOS Viol des consultations psychologiques pour les victimes et leur entourage ainsi que des consultations sociales et juridiques. Enfin, nous organisons sur demande des sensibilisations et des formations dans les écoles et dans les milieux professionnels.
Concrètement, que faites-vous quand une personne victime d’un viol vient vous voir ?
Il n’y a pas de "parcours-type" à proposer à une victime. Avant tout, il faut écouter la victime et voir si elle désire entreprendre des démarches judiciaires, être suivie psychologiquement,… Ensuite, nous pouvons la conseiller et essayer de l’aider en respectant sa volonté. Tout dépend aussi du moment où l’agression a été commise. En effet, si elle est récente, il faut proposer des soins médicaux à la victime et faire des analyses pour pouvoir ensuite, si elle le désire, avoir des preuves et entamer une procédure judiciaire.
Permanence téléphonique: SOS VIOL offre une écoute du lundi au jeudi de 9h30 à 17h30 et le vendredi de 13h30 à 17h30 au 02/534.36.36
Sommaire
- La violence sous toutes ses formes
- Françoise Guillitte : "Le problème des violences faites aux femmes est universel"
- Violences, 10ème cause de décès chez les femmes
- Florence Ronveaux " Il faut sensibiliser à l'égalité hommes-femmes"
- Pascale Davister (Praxis)
- Catherine Hailliez (SOS Viol)
- Les mutilations génitales féminines (MGF), c'est quoi?
- MGF, entre loi et réalité
- K.Diallo (GAMS):"Il faut éviter à d’autres enfants d’être mutilés"
- Mariages forcés
- Espace-Citoyen dans l'emission "Quand les jeunes s'en melent"









Commentaires (1)
De arlette,
14 octobre 2009 à 06h31
doc