Sous-thèmes
Article
Violences, 10ème cause de décès chez les femmes

Les mutilations génitales féminines, le harcèlement sexuel au travail, les mariages forcés, la violence conjugale,… en Belgique comme dans le reste du monde, les actes de violence envers les femmes sont nombreux. Selon l’OMS, en 1998, la violence entre personnes était la dixième cause de décès chez les femmes âgées de 15 à 44 ans dans le monde.
D’après l’ONG Amnesty International, 3 femmes sur 5 dans le monde sont victimes de violences sous quelque forme que ce soit au cours de leur vie, qu’il s’agisse de harcèlement, de mutilations, de séquestrations, de prostitution forcée, de travail forcé, etc.
Des personnes à qui on fait confiance...
De nombreuses études ont mis en évidence le fait que les actes de violence commis sur les femmes sont presque exclusivement le fait d’hommes et, dans la grande majorité des cas, d’hommes qu’elles connaissent bien. La violence au sein du couple est la forme de violence envers les femmes la plus répandue. Par exemple, au sein de l’Union européenne, selon Amnesty International, au moins une femme sur 5 serait victime de violence de la part de son conjoint. Ces chiffres élevés peuvent s’expliquer en partie par le refus de nombreuses personnes d’accepter l’égalité entre les sexes. En effet, la femme est encore très souvent considérée comme inférieure à l’homme. Et, quand la femme refuse la supériorité de l’homme, ce dernier peut être tenté de recourir à la force, parfois physique, pour imposer sa domination. La pauvreté est également un facteur de violence à l’égard des femmes. Selon l’OMS, les femmes qui vivent dans la pauvreté représentent une part très importante des victimes.
Le silence des victimes
Pourtant, ces actes violents, si répandus soient ils, sont souvent passés sous silence. Les femmes qui osent porter plainte pour violences sont très minoritaires par rapport au nombre total de victimes. Les raisons de ce silence sont multiples : peur des représailles, la culpabilité, la honte, la dépendance affective ou financière vis-à-vis du conjoint en cas de violence conjugale, la présence d’enfants,… Et l’ignorance des institutions sociales sur ces types de violences dans de nombreux pays ne facilite pas les choses.
Ouvrir les yeux et s’identifier comme victime de violence n’est pas toujours simple. Surtout si c’est le conjoint qui en est l’auteur. De plus, la violence au sein d’un couple s’installe parfois de façon imperceptible avec des critiques, des menaces ou des insultes bien avant l’agression physique. Ce qui fait la différence entre une simple dispute dans un couple et ce qui relève de la violence conjugale, c’est une volonté de domination de l’autre, qu’elle soit psychologique ou physique.
Et en Belgique ?
Diverses études réalisées indiquent que, en Belgique, seule une femme sur 3 n’a jamais été personnellement confrontée à la violence au sens large, verbale ou physique. La violence au sein de la cellule familiale est la cause la plus fréquente des blessures non mortelles observées chez la femme en Belgique. A titre d’exemple, un récent rapport de la Police locale de Liège indique que près d’une plainte sur 5 pour coups et blessures en 2004 relevait de la violence conjugale.
Une définition commune des violences conjugales a récemment été adoptée par une conférence interministérielle (voir encadré). Selon cette définition, toute forme de domination du partenaire, physique comme morale, constitue une forme de violence conjugale. La violence au sein d’un couple ne commence donc pas avec un coup de poing. Un homme qui, par exemple, surveille les déplacements de sa compagne peut être considéré comme un comportement condamnable.
Voici une partie de la définition commune des violences conjugales adoptée le mercredi 8 février 2006 par les ministres fédéraux, communautaires et régionaux de Belgique :
« Les violences dans les relations intimes sont un ensemble de comportements, d’actes, d’attitudes de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et dominer l’autre. Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, répétées ou amenées à se répéter portant atteinte à l’intégrité de l’autre et même à son intégration socioprofessionnelle ».
Sommaire
- La violence sous toutes ses formes
- Françoise Guillitte : "Le problème des violences faites aux femmes est universel"
- Violences, 10ème cause de décès chez les femmes
- Florence Ronveaux " Il faut sensibiliser à l'égalité hommes-femmes"
- Pascale Davister (Praxis)
- Catherine Hailliez (SOS Viol)
- Les mutilations génitales féminines (MGF), c'est quoi?
- MGF, entre loi et réalité
- K.Diallo (GAMS):"Il faut éviter à d’autres enfants d’être mutilés"
- Mariages forcés
- Espace-Citoyen dans l'emission "Quand les jeunes s'en melent"









Commentaires (1)
De arlette,
14 octobre 2009 à 06h31
doc