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Grandes étapes de la lutte pour l'accès des filles à l'éducation

Chacun a droit à l'enseignement dans le respect des libertés et droits fondamentaux. L'accès à l'enseignement est gratuit jusqu'à la fin de l'obligation scolaire (Constitution belge, article 24).

Si aujourd’hui, en Belgique, l’école est ouverte à tous sans différence entre les sexes, il n’en a pas toujours été ainsi. Voici quelques dates-clés dans la lutte pour l’accès à l’éducation pour les filles au même titre que les garçons :

Avant 1864

Pendant longtemps, le niveau d’instruction accordé aux filles était très limité. Au 18ème siècle, l’éducation des filles se résumait à l’apprentissage de principes moraux, de valeurs et de normes afin qu’elles deviennent de bonnes épouses et mères chrétiennes. Au début du 19ème siècle, les pensionnats et les écoles privées dispensaient un enseignement rudimentaire pour les filles. Elles y apprenaient la lecture, le calcul, le catéchisme mais également les « arts d’agrément » comme la broderie, la musique ou le dessin. Aucun enseignement secondaire pour les filles n’existait en Belgique avant 1864.

1864 : une première école pour filles

La première école communale laïque d’enseignement moyen pour filles, le Cours d’Ẻducation pour jeunes filles, s’ouvre à Bruxelles en 1864. Cette école, fondée par Isabelle Gatti de Gamond, propose un programme éducatif complet pour l’enseignement secondaire des filles. Le succès de l’école est rapide malgré les nombreuses critiques à propos de l’introduction des sciences naturelles au programme et l’absence d’enseignement religieux.

1880 : l'université se féminise... un peu

L’Université Libre de Bruxelles ouvre ses portes aux femmes en 1880. Si les Universités de Liège et de Gand suivront l’exemple rapidement, l’Université Catholique de Louvain ne le fera qu’en 1920. Le nombre d’étudiantes universitaires reste cependant peu élevé. En effet, les filles n’avaient pas le droit de suivre la formation des Humanités anciennes (réservées aux garçons) qui permettaient d’accéder à l’université. Une fille qui voulait alors être admise à l’université devait prendre des cours particuliers et obtenir le diplôme du Jury Central. De plus, à cette époque, les professions accessibles aux femmes universitaires étaient très limitées.

1884 : une femme médecin...

Le premier cabinet médical dirigé par une femme, Isala Van Diest, s’ouvre en 1884. Isala a dû aller en Suisse pour obtenir son diplôme car l’accès à la faculté de médecine de Louvain lui avait été refusé en 1873. Un décret royal pour permettre aux femmes de travailler comme médecin fut rédigé spécialement à cette occasion.

1888-89 : ... mais pas encore de femme avocat.

Marie Popelin, diplômée en droit, est exclue du barreau. La Cour de Cassation lui refusa le droit de prêter le serment d’avocat en raison de la "faible" nature physique et psychique de la femme et par l’importance des charges familiales et domestiques qui pesaient sur elle. Marie Popelin se battra toute sa vie mais ne parviendra jamais à obtenir le droit de prêter serment, nécessaire à la profession d’avocat.

1890 : des diplômées dans toutes les branches

Le 10 avril, une loi permet aux femmes d’accéder à tous les diplômes universitaires. Cependant, ce n’est qu’en 1947 que les femmes diplômées en droit pourront exercer leur profession.

1925 : toutes les écoles permettent d'accéder à l'université

En 1892, Isabelle Gatti de Garamond crée, au sein de son école secondaire pour filles, une section pré-universitaire. Et, en 1907, un premier athénéepermet aux filles d’avoir accès à l’université est fondée à Gand.

Mais ce n'est qu'en 1925 que les écoles moyennes de l’Etat pour filles sont transformées en lycées et que leur programme devient le même que celui des athénées pour garçons. Les jeunes filles de ces écoles ne doivent donc plus obligatoirement passer par le Jury Central pour entrer à l’université. La même année, Madeleine Gevers-Dwelshauvers est la première femme à accéder à un poste de professeur d’université.

En 1960, les écoles deviennent mixtes, en primaire d’abord, en secondaire ensuite.

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Commentaires (1)

  • joj

    De joj,
    12 février 2010 à 17h16

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