Dictionnaire
Kurdes
Les Kurdes sont un peuple sans Etat. Ils parlent une langue indo-européenne, et sont en majeure partie convertis à l'islam sunnite. Ils sont répartis sur les territoires de Turquie, Syrie, Irak et Iran. Ils vivent dans les régions montagneuses de ces pays et leur nombre n'est pas certain. Ils seraient environ 15 millions en Turquie, 7 millions en Iran et 5 millions en Irak, 1 million en Syrie et 350.000 en ex-URSS.
Le Kurdistan indépendant a failli exister en 1920. En effet, après la première guerre mondiale, l'Empire ottoman, qui s'était allié à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, est démantelé. Les Alliés européens envisagent alors de créer un Kurdistan indépendant. Mais Mustapha Kemal prend le pouvoir en Turquie (qui « succède » à l'Empire ottoman) et le pays entier refuse la naissance de cet Etat kurde, qui l'amputerait d'une partie de son territoire.
A partir de ce moment, les droits des Kurdes sont bafoués, ceux-ci se rebellent mais sont chaque fois réprimés. Après la deuxième guerre mondiale, en 1946, les Kurdes d'Iran proclament leur indépendance, mais la « République kurde de Mahabad » est écrasée par les troupes iraniennes à la fin de l'année. En Irak, le pouvoir avait promis une certaine autonomie aux Kurdes, mais il n'en est rien.
Leur volonté d'indépendance a une conséquence majeure : dans tous les pays où il vivent, ils constituent des citoyens « à part » et font l'objet de discriminations, voire de répression. En Turquie par exemple, ils ne sont considérés comme une minorité ethnique que depuis peu de temps. Des Kurdes ont mené une lutte politique mais aussi armée, et ont donc été en conflit avec le pouvoir. En Turquie par exemple, le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a mené des opérations de guérilla entre 1984 et 2000. En Irak, les Kurdes constituent une partie de l'opposition à Saddam Hussein, qui n'a pas hésité pas à utiliser des gaz chimiques contre eux (1988, Halabja).
Après la défaite irakienne dans la guerre du Golfe (1991), les Kurdes d'Irak se révoltent, mais l'armée irakienne mate violemment la rébellion.
Conséquence : 2 millions de Kurdes se réfugient en Turquie et en Iran. Les armées occidentales de la coalition anti-Saddam Hussein créent alors une « zone de sécurité » au nord de l'Irak. Cela permet aux réfugiés de revenir en toute sécurité, puisque la zone est sous protection internationale et donc hors d'atteinte de l'armée irakienne. Dès lors, cette partie du Kurdistan irakien est autonome par rapport au pouvoir de Saddam Hussein. Cette autonomie n'est pas légalisée par un traité international ; c'est une autonomie de facto (de fait).
Cette partie autonome du Kurdistan irakien est contrôlée par le PDK et l'UPK, les deux principaux partis kurdes irakiens. Divisés, ils se sont longtemps combattus, mais lsont aujourd'hui réconciliés. Ils se sont engagés aux côtés des Américains dans la guerre contre l'Irak. Ils ont une seule exigence : que leur autonomie soit respectée à l'issue de la guerre. La Turquie, la Syrie et l'Iran craignent toutefois que les Kurdes veuillent proclamer leur indépendance et créer un Etat à l'occasion de cette guerre.








