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L'eau, une source de conflits
Selon les experts, l’eau devrait se faire de plus en plus rare. Si bien que certains parlent déjà d’or bleu, en référence à l’or noir (le pétrole). L’accès à l’eau devient un enjeu économique majeur et une source de tensions internationales.
De tous temps, l’eau a participé à l’histoire. Elle a souvent été un moyen de pression, une source de discorde entre de nombreux pays. Aujourd’hui l’eau se raréfie, les besoins augmentent et 40% de la population mondiale doit partager ses ressources en eau potable avec les habitants d’un pays voisin. Les désaccords sur la répartition et la gestion de ces ressources sont une source croissante de tensions. L’eau qui se joue des frontières devient alors un enjeu économique et politique important. Elle peut même devenir un instrument de pouvoir pour les pays situés en amont, qui ont la possibilité d’utiliser à leur profit exclusif le débit des cours d’eau. L’ONU répertorie au total 300 zones de conflits potentiels autour de fleuves transfrontaliers et de bassins communs à plusieurs pays.
En voici quelques exemples :
- Au Moyen-Orient, l’eau est au cœur des conflits entre Israël et la Palestine. L’eau a été l’une des raisons majeures de la guerre des 6 jours en 1967 et de l’occupation du Golan par Israël. En occupant alors toute la Cisjordanie, Gaza et les hauteurs du Golan, Israël a ainsi eu accès aux ressources en eau. Suite à cela, le pays a interdit aux populations locales de forer des puits de plus de 300m, d’utiliser l’eau pour l’agriculture… Depuis, la gestion de l’eau est sous contrôle exclusif israëlien. En Cisjordanie et à Gaza l’accès à l’eau est restreint. Dans 70% des villes, les gens n’ont accès à l’eau que quelques heures par semaine, ce qui les oblige à faire des réserves, souvent dans de mauvaises conditions d’hygiène. Aujourd’hui, dans les territoires occupés, les palestiniens et colons ne sont pas soumis aux mêmes règles. En Cisjordanie, les colons israëliens utilisent chaque jour plus de 200 litres d’eau, pendant que les Palestiniens n’utilisent que 70 litres. Et
- En Amérique du Nord, les Etats-Unis surexploiteraient le Colorado, ne laissant plus au Mexique qu’un mince filet d’eau. Le Mexique quant à lui polluerait les eaux du Rio Grande dont les agriculteurs texans ont besoin.
- En Afrique, le Sénégal voudrait exploiter le fleuve Sénégal pour alimenter des vallées asséchées au centre du pays. Un projet qui priverait la Mauritanie de l’eau dont elle a besoin.
- En Afrique de l’Est, dix Etats doivent se partager les eaux du Nil. L’Ethiopie, où le Nil prend sa source, envisage de construire une trentaine de barrages. Ce qui ne ferait pas les affaires du Soudan et de l’Egypte en aval qui dépendent du fleuve pour leurs ressources en eau.
Pourtant depuis 4 siècles, il n'y a eu qu'une seule et vraie guerre de l'eau (elle a opposé deux cités mésopotamiennes à propos du Tigre et de l’Euphrate). Dans la plupart des cas, l’eau peut envenimer les relations internationales, mais elle est rarement à la source directe des conflits. Elle ne vient généralement que s’ajouter à d’autres raisons. D’ailleurs depuis cinquante ans, seuls 21 litiges (sur plus de 500) ont mené à des actions militaires. Et l'Unesco constate que, d’une manière générale, le partage des ressources en eau suscite plus de coopération que de conflits. Et il est même arrivé de voir des nations ennemies – comme l’Inde et le Pakistan – gérer leurs problèmes d’eau alors qu’elles étaient en train de se faire la guerre !
Sommaire
- L’eau dans le monde, une richesse mal répartie
- Le saviez-vous? L'eau en quelques chiffres...
- L'eau, une source de conflits
- Agir personnelement
- Les politiques de l'eau
- La pollution de l’eau et les problèmes environnementaux
- La pollution de l’eau et les problèmes environnementaux
- La gestion des eaux en Belgique









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