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Beoogo Nooma

Beoogo Nooma

Créé en 2003, Beoogo Nooma est à la fois un groupe de musique traditionnelle burkinabé et une association d’aide aux jeunes artistes de Ouagadougou au Burkina Faso. Actifs dans divers projets de développement au Burkina Faso, les 5 membres du groupe se financent grâce à la production d’artisanat et d’instruments de musique africains. En 2005, le groupe a sorti son premier album Tond Namsa Beoogo Yinga enregistré au Burkina et remixé au Luxembourg avec le soutien de leurs amis de l’ONG « Le Soleil dans la Main ». Nous avons rencontré les membres du groupe après leur concert à Esperanzah cet été 2011.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quoi parlent vos chansons ?

Fili :  Ca parle de la maladie, de l’éducation et de l’enfant. C’est chanté en notre langue avec des parties qui sont un peu en français. Chez nous en Afrique, c’est une musique très riche.

Comparu : Nous sommes aussi une association au Burkina Faso où on promeut l’art et la culture. On essaye de faire passer nos messages via la musique. Nous fabriquons nos propres instruments de musique, on joue et on donne des cours de percussion et de danse.

C’est important pour vous de faire passer vos messages dans votre musique ?

Fili : Oui c’est important car la musique voyage. Elle peut aller dans d’autres pays et diffuser tes messages. La musique c’est un instrument de partage.

Véronique : La musique est bonne pour faire passer un message politique ou écologique et c’est un bon moyen pour que les gens s’engagent.

Comparu : Sans la musique, tu ne peux rien faire. Si ça va pas, si je suis triste et que j’ai des problèmes j’écoute de la musique et j’essaie d’oublier un peu. C’est un complément de vie quoi !

Est-ce que la musique est un bon moyen de faire passer un message ?

Fili : Dans notre génération, les jeunes écoutent beaucoup la musique qui critique le politique. Je pense que pour les jeunes, il faut qu’on se batte.

Comparu : Pour moi la musique c’est notre vie. C’était notre passion de faire de la musique. Depuis 2003, on a décidé de fonder le groupe pour avoir un avenir meilleur dans la musique. On parle beaucoup de la sensibilisation des enfants et on aimerait aussi faire comprendre aux personnes qu’elles sont en train de perdre la culture au niveau de la musique traditionnelle. On essaie de la faire vivre et de la faire connaître partout dans le monde. Que les gens sachent qu’il y a de la valeur dans la musique traditionnelle africaine.

Cette année, la participation à ce festival est un départ. Ca nous a donné beaucoup de choses dans le cœur de savoir que notre musique est aimée ailleurs que chez nous. On est très content d’être là.

Dans votre pays, est-ce que les messages que vous diffusez à votre public sont bien pris ? Est-ce qu’il y a des gens qui viennent vous parler après ?

Oui, il y a des gens qui viennent nous parler parfois après nos concerts. Notre CD passe dans différentes radios du pays et le clip aussi. Les gens nous disent qu’ils apprécient notre musique et ça nous donne du courage pour toujours continuer la lutte.

Quels sont les objectifs de votre association ?

Fili : Promouvoir l’art et la culture (stage de musique). On sensibilise les jeunes via la musique et la danse sur tout ce qui est l’art. Après l’école, les enfants viennent parfois nous voir. On peut réussir à l’école mais il n’y a pas que ça. Les gens sont peut-être forts ailleurs qu’à l’école.

Est-ce que dans votre pays vous pouvez tout dire dans vos chansons ou est-ce que vous devez faire attention ?

Fili : Il faut faire un peu attention parce qu’on ne peut pas tout dire ! Y a différents niveaux ! Par exemple, le grand frère Tiken Jeh Fakoly, lui c’est un grand il est très connu donc il peut dire tout ce qu’il veut, il ne risque rien. Mais nous, on fait passer des messages mais on essaie de camoufler ! Il faut bien écouter pour savoir ce que ça veut dire. Mais on espère qu’un jour, on pourra dire ce qu’on veut !

Avez-vous déjà eu des ennuis à cause de vos chansons ?  

Fili : On n’a jamais eu de problèmes mais il y a d’autres artistes qui se sont fait interdire des chansons.

Comparu :  moi je pense que l‘important c’est le message. Tu peux dire ce que tu penses de la vie, de notre pays et comment les gens y vivent. Tu peux dire quand même ce qui ne va pas mais il ne faut pas insulter. Par exemple, on a une chanson qui parle de la maladie et on dénonce les problèmes qu’il y a dans notre pays au  niveau de la santé.  On essaye de faire changer les choses pour qu’il y ait un meilleur traitement des malades dans notre pays.

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