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Florence Ronveaux " Il faut sensibiliser à l'égalité hommes-femmes"
Florence Ronveaux, assistante sociale de formation, travaille au Collectif contre les Violences Familiales et l’Exclusion (CVFE) de Liège depuis une dizaine d’années en tant qu’animatrice en prévention, formatrice et instructrice pour femmes.
Expliquez-nous ce que fait le CVFE…
F.R: Notre association a différents axes de travail à travers différents services. Tout d’abord, un service d’accueil et d’hébergement pour femmes victimes de violences et leurs enfants. Un deuxième département s’occupe de la réinsertion socioprofessionnelle des femmes et, le troisième secteur, celui où je travaille, est celui de l’éducation permanente qui s’occupe de la prévention, de la sensibilisation et du lobbying politique.
Nos services sont également accessibles aux hommes victimes de violences entre partenaires. Sauf l’hébergement car la maison d’accueil n’est pas adaptée.
Quand vous parlez de sensibilisation, c’est auprès des jeunes ?
F.R: Nous sensibilisons dans les écoles secondaires de dernier degré mais également dans des entreprises de formation par le travail et des organismes d’insertion. Donc, nous travaillons aussi avec des adultes dont des travailleurs sociaux, des magistrats et des policiers.
Le terme « violences » englobe beaucoup de choses. Qu’entend-on précisément par là ?
F.R: On compte plusieurs types de violences. Tout d’abord, il y a les violences physiques qui sont les plus faciles à identifier. Elles peuvent commencer par des petites choses comme par exemple une prise de poignet, une bousculade, un pincement…Mais elles peuvent devenir plus graves et plus intenses par la suite.
Ensuite, il y a les violences psychologiques ou morales comme les menaces, le chantage affectif, le dénigrement,… La troisième catégorie de violences est un peu moins connue. Ce sont les violences économiques. Elles regroupent tout ce qui attrait à l’argent pour détenir le pouvoir dans la relation de couple. Enfin, il y a les violences sexuelles avec l’imposition de pratiques non-consenties, le viol,…
Y a-t-il une différence entre les violences faites aux femmes et celles faites aux hommes ?
F.R: Oui. Même si c’est difficile pour un homme de dévoiler une situation de ce genre, on remarque que ce sont plus souvent des violences psychologiques qu’ils subissent. Elles sont aussi destructrices, aussi inacceptables que les autres formes de violences mais c’est légèrement différent. En effet, les femmes viennent davantage nous voir pour des violences physiques.
Que faire pour changer les choses ?
F.R: Sensibiliser à l’égalité hommes-femmes d’une part, puisque c’est la source du problème. Il faut sensibiliser à une manière de communiquer différente aussi : en apprenant à s’affirmer et à poser les limites entre soi-même et les autres, de manière respectueuse.
Vous parliez de l’accueil des femmes, comment cela se passe ?
F.R: Elles peuvent venir d’elles-mêmes mais elles peuvent aussi nous être référées via des services de première ligne comme les services d’aide sociale, la police, les hôpitaux. Il arrive aussi qu’elles soient renseignées par des personnes qui ont connaissance de la situation ou qui se doutent de quelque chose.
Avez-vous un message pour les jeunes ?
F.R: Les jeunes pensent souvent qu’ils ne sont pas concernés par la violence entre partenaires, que c’est un « truc de vieux ». Peut-être à cause du mot « conjugales » ? Ce qu’il faut savoir c’est que la dernière étude de la Communauté française a démontré qu’une grande majorité des jeunes avaient déjà vécu cette situation. A la fois comme auteur et comme victime. De plus, ils connaissent pratiquement tous quelqu’un qui vit ce genre de situation.
La volonté de vouloir contrôler son partenaire arrive dans tous les milieux, à tous les âges, y compris très jeune parfois…
Sommaire
- La violence sous toutes ses formes
- Françoise Guillitte : "Le problème des violences faites aux femmes est universel"
- Violences, 10ème cause de décès chez les femmes
- Florence Ronveaux " Il faut sensibiliser à l'égalité hommes-femmes"
- Pascale Davister (Praxis)
- Catherine Hailliez (SOS Viol)
- Les mutilations génitales féminines (MGF), c'est quoi?
- MGF, entre loi et réalité
- K.Diallo (GAMS):"Il faut éviter à d’autres enfants d’être mutilés"
- Mariages forcés
- Espace-Citoyen dans l'emission "Quand les jeunes s'en melent"









Commentaires (1)
De arlette,
14 octobre 2009 à 06h31
doc