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La Baleine : "Les gros business ont tendance à aplatir les genres"

"La Baleine" jouait à Esperanzah! ce vendredi après-midi sur la scène côté souk. L'équipe d'Espace-Citoyen a rencontré François (chant, guitare, violon) et Victor (guitare), juste après leur concert.
A l'origine de la Baleine, Thomas et François, les deux chanteurs voulaient fonder un groupe à textes un peu à la mode slam-rap. Ensuite, d'autres musiciens se sont intégrés au groupe et la musique a pris certaines couleurs un peu plus reggae, folk, rock.
Ecoutez l'interview radio ci-dessous...
Espace-Citoyen : En tant que jeune groupe belge, qu’est-ce qui est difficile pour réussir à vivre ou à percer dans le milieu de la musique ?
Victor : C’est vraiment un monde de contact et ces contacts-là, il faut arriver à se les faire. C’est difficile de s’autogérer... de se trouver des concerts en même temps que de faire des répètes et de créer musicalement. Ce qui est aidant, c’est d’avoir un manager qui puisse gérer ça parce que c’est vraiment deux boulots : la création musicale qui est purement artistique et la recherche de concerts qui a plutôt un côté business !
François : Disons qu’entre la grosse industrie de la musique et les concerts tout à fait à l’arrach, il y a un fuseau horaire qu’on aimerait bien prendre parce qu’on ne joue pas assez à notre goût. C’est vrai que la difficulté, c’est d’aller chercher ses concerts. On n'a pas encore rencontré la personne qui peut nous aider à vraiment trouver suffisamment de concerts.
E-C : Vous n’avez pas de manager ?
François : Non. A l’heure qu'il est, on fait tout nous-même.
Victor : C’est vrai que pour le moment, on est dans de l’auto-produit. Le CD 7 titres qu’on a sorti il y a 1 an a été payé entièrement de nos frais, ingénieur du son et mastering compris...
E-C : Une des thématiques du festival Esperanzah ! cette année est le danger d’arriver à une culture standardisée... Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?
François : Moi je trouve que c’est à la fois vrai et pas vrai. Les gros business, comme MTV- MCM, ont un peu tendance à aplatir les genres, l’esthétique et tout ça... Mais bon, je crois qu’il y a quand même une scène « alternative » qui préserve pas mal de talents divers. On ne peut pas nier qu’il y a une uniformisation au niveau de la culture en général. Que ce soit la nourriture, la musique ou autre chose. Mais, ce n’est pas parce que tout le monde passe au Mc donald et au Quick qu’on ne peut pas se faire des petites bouffes locales, artisanales. C’est un peu la même chose pour la musique !
E-C : Et si vous êtes contactés un jour par une major, Universal par exemple, est-ce que vous accepteriez ou pas de signer avec eux ?
Victor : Je crois que ça dépend surtout des conditions. Ce qu’on accepterait c’est d’être diffusés car on est convaincu par ce qu’on fait donc on a envie de le partager. Maintenant si on nous demande de supprimer certains textes ou de modifier notre musique, ça devient plus difficile.
François : Oui je pense aussi. Ca dépend quel est le respect de l’identité de l'artiste. Par contre, c’est vrai que quand t’es musicien en tout cas, t’as envie de tourner. Je ne sais pas si tout passe par les majors, je ne crois pas mais on a envie d’être diffusé.
E-C : Parfois, certains artistes plus connus refusent de signer avec des majors et restent chez leur label indépendant car c’est un choix...
François : C’est super. Ca c’est le pied. Je connais aussi quelques groupes qui travaillent de manière indépendante et qui jouent sur des vraies bonnes scènes, vendent leur cd et en vivent. Bon, ça n’atteint pas les millions de Black Eyes Peas mais c’est pas mal quand même !!!
E-C : On dit que vous avez des textes assez engagés... C’est quoi le message qui ressort de ça ?
Victor : Il y a plusieurs aspects et moi, l’aspect qui me touche le plus, c’est que ça parle d’un monde intérieur. De toute une souffrance qui est due à un monde extérieur et on se pose la question de comment arriver à gérer et à être heureux finalement avec le monde extérieur.
François : Au niveau plus directement politique, je crois que c’est une conscience quoi.
E-C : Est-ce que tu peux l’illustrer par une phrase de vos textes ?
François : Oui. « Y a pas de solutions individuelles». C’est le titre d’une de nos chansons...
Son
Sommaire
- La Baleine : "Les gros business ont tendance à aplatir les genres"
- Klezmic Zirkus : "Plus les festivals prospèrent, plus ils engagent des groupes "sans risques""
- Hocus Pocus : "On a gardé toute notre liberté malgré la signature en major chez Motown France"
- Sidi Hoomam : "La diversité musicale est en danger pour les gens qui n'écoutent que la radio"
- Dobet Gnahoré : "Il faut établir une loi pour que les artistes africains puissent diffuser leur culture dans le monde"
- Le Peuple de l'Herbe : "On a un fonctionnement qui n'est pas adapté aux grosses machines"
- Bal Tabarin : "Ce n’est pas à cause des majors qu’on ne joue pas un peu plus"
- Rencontre avec 2 labels indépendants belges
- Court-Circuit asbl : "A l'heure actuelle, avec internet et le nombre de groupes qui se créent, la diversité musicale n'est absolument pas en danger"
Dossiers liés
Il n'y a pas de dossiers liés.









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