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Christian Panneels : « Il faut redoubler d’efforts »

Christian Panneels est directeur des Programmes Multilatéraux et Européens de la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGCD). Il nous parle des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), et plus particulièrement de la réduction de la pauvreté et de la faim.

En 2007, où en sommes-nous par rapport aux Objectifs du millénaire pour le développement ?

Les OMD ont été adoptés en 2000 et doivent être réalisés pour 2015. Nous sommes donc à la mi-chemin. Dans certains domaines ou dans certaines régions, on constate des progrès relativement importants mais néanmoins insuffisants pour atteindre les OMD tels qu’ils ont été fixés. Ces progrès ne sont pas non plus généralisés. Cela est lié à la notion même de développement qui ne se produit pas à la même vitesse partout dans le monde ni dans tous les secteurs.

En Asie de l’Est et en Asie du Sud, par exemple, les progrès sont satisfaisants. D’autres régions sont « mixtes ». Par contre en Afrique, à part quelques exceptions, la situation ne progresse pas suffisamment vite.

Et en ce qui concerne l’objectif de réduction de la pauvreté et  de la faim?

L’OMD-1, c’est-à-dire l’objectif de réduction de la pauvreté et de la faim, est le plus synthétique de tous. Il y a des progrès principalement en Asie. On constate ces progrès notamment en observant les statistiques concernant la pauvreté.
Par rapport à la lutte contre la faim, on remarque qu’il y a une sorte de décalage, de divergence. Dans de nombreux pays la croissance économique est satisfaisante (même si ce n’est pas encore suffisant), mais la lutte contre la faim ne va pas au même rythme. La situation est surtout préoccupante dans les pays de l’Afrique de l’Ouest (Mali, Niger) et ceux d’Afrique centrale.

Quelle est la contribution de la Belgique pour atteindre cet objectif?

La Belgique contribue à la lutte contre la faim notamment à travers le Fonds belge de survie (FBS). Celui-ci a été mis en place en vue d’assurer la sécurité alimentaire dans les pays africains où la population souffre de malnutrition chronique. L’objectif est d’éviter les situations d’insécurité alimentaire en veillant à ce que la population d’un pays mange à sa faim. Pour cela, soit on leur apporte cette nourriture, soit on soutien des programmes pour les  aider à produire eux-mêmes.

Il ne s’agit donc pas de souveraineté alimentaire ?

La faim est toujours liée aux inégalités. Il y a un lien évident entre pouvoir économique, richesses économiques et faim. Mais on n’est pas obligé de produire soi-même pour manger. La nourriture peut venir de l’extérieur. On ne met pas l’accent ici sur la souveraineté alimentaire mais bien sur la sécurité alimentaire.
Pour manger, il faut des ressources économiques. Celles-ci peuvent venir du commerce international. En soutenant l’économie d’un pays, on  génère des ressources économiques qui permettent de réduire la pauvreté et donc de manger.

Est-il encore possible d’atteindre ces objectifs d’ici la date butoir de 2015 ?

Ca dépend comment. Au niveau général, mondial, il est encore possible d’atteindre ces objectifs. Mais ce qui est certain, c’est qu’il va falloir redoubler d’efforts. Ce qui signifie notamment augmenter les budgets, avoir plus d’argent. Cependant, certains objectifs vont être très difficile à réaliser. Par exemple, les objectifs en matière de santé et de réduction des maladies. Dans ces domaines, les objectifs sont probablement trop ambitieux.

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