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Interview des comédiens de Chatroom

Après un succès au festival d'Avigon cet été, "Chatroom" est de retour au Théâtre de Poche jusqu'au 22 mai 2010 puis sera en tournée en Belgique. L'équipe d'espace-citoyen.be a rencontré Julien Vargas et Elsa Poisot, deux des comédiens de Chatroom. Dans leur interview, ils nous parlent des dangers d'Internet, de leur expérience en tant que comédien pour cette pièce, de l'adolescence...
Retrouvez quelques extraits sonores de la pièce et une partie de l'interview radio ci-dessous.
Pouvez-vous résumer la pièce en quelques mots ?
Julien : "Chatroom" raconte l’histoire de six jeunes qui chattent sur Internet de choses et d’autres. Le principe, c’est qu’ils ne se voient pas. D’ailleurs dans la mise en scène, on ne se voit pas, on est face à un écran mais c’est très vivant quand même. Au début, c’est assez léger et puis, petit à petit, il y en a certains qui posent des idées et veulent défendre des choses. Ca va les amener à déraper car, sur Internet, tout est permis. On peut faire de très belles rencontres mais aussi des mauvaises. Quand on n’existe que sur Internet, on se permet de faire des choses qu’on ne se permettrait pas dans la vie de tous les jours. C’est une pièce à la fois drôle qui amène à discuter sur certains sujets et qui traite de la cruauté que peuvent avoir des ados entre eux.
D’où viennent ces dérapages, comment sont-ils possibles ?
Elsa : Ils sont possibles justement parce qu’on ne se voit pas. C’est facile de mentir car on n’a pas la personne en face de soi qui nous regarde dans les yeux. Dans un sens, ça permet de se livrer. Mais d’un autre côté, ça veut dire qu’on ne prend pas en compte la personne avec qui on discute puisqu’on ne peut pas voir ses réactions physiques.
En tant que comédien, est-ce que ça a été facile ou difficile de se mettre dans la peau d’un ado ?
Elsa : Ce n’est pas la jeunesse du personnage qui est difficile à interpréter mais le fait qu’on ne peut pas voir ses partenaires. C’est perturbant parce que d’habitude dans le jeu, on s’appuie sur les mouvements, les expressions…
Julien : Moi je me sens encore un grand ados à 25 ans. J’ai des souvenirs très précis de mon adolescence. Pour interpréter ce rôle, je me suis vraiment replongé dans cette période avec plaisir mais parfois aussi en ressentant des souffrances que j’avais à cette époque-là et qui aujourd’hui, vont paraître futiles ou ridicules mais qui étaient sincères.
Eva : La metteuse en scène a répété quelque chose de très intéressant tout au long des répétitions : il y a cette chose très belle qui appartient à l’âge adolescent et qui est d’avoir des idées pures, tranchées . En tant que comédienne, c’est un pur plaisir de défendre ça car avec l’âge on est confronté à d’autres manières de penser. On dit souvent qu’on abandonne ses idéaux. C’est à l’adolescence que naissent les plus belles choses et c’est une période hyper créative. Toute l’énergie qui se dégage de ça, c’est un cadeau à saisir pour un comédien.
Julien : Elle disait aussi que c’est la période sans doute la plus métaphysique de l’existence. On se pose des questions sur la vie, sur qui on est, sur quels choix on fait par rapport au monde qu’on a en face de nous. On cherche des certitudes et c’est ces certitudes-là qui peuvent devenir dangereuses. Mais, c’est à cette époque que tous les changements sont encore possibles. C’est de ça aussi que traitre la pièce…
Elsa : …la radicalité adolescente qui est belle mais qui peut être dangereuse et qu’on devrait reprendre plus tard pour faire les bons choix.
A propos des dérives d’internet, vous pensez que ça arrive souvent ce genre de situation sur le chat ?
Julien : On s’est pas mal renseigné sur le sujet. On a visité quelques histoires horribles qui se sont réellement passées. Cela dit, c’est un monde que je ne connais pas du tout et auquel je ne suis pas familiarisé. Le danger dont parle Enda Walsh semble être clair : sur le net, on ne sait pas à qui on a affaire. C’est un monde qui n’existe pas, où écouter un conseil sans avoir une personne en face de soi est parfois dangereux.
Elsa : Je travaille avec des ados dans le cadre d’un atelier théâtre et ils m’ont fait découvrir des sites que je ne connaissais pas et qui m’ont un peu retournée comme les sites pro ana ou les sites qui discutent de sexualité. Je suis tombée sur des choses que je ne soupçonnais pas. Je me rends compte que c’est un monde qui offre à la fois des choses merveilleuses parce que ça donne accès à plein de belles choses. Mais, il y a aussi des trucs un peu effrayants. C’est un peu comme la vie : il y a des belles choses mais aussi des horreurs! La pièce raconte un peu les deux et je trouve ça du coup assez riche. Ca prend en considération les nouvelles technologies et toutes les questions éthiques qu'elles posent.
Son
Sommaire
- Le succès des réseaux sociaux...
- Une vie privée sur les réseaux sociaux ?
- Anaïs: "Je discute avec des personnes du monde entier!"
- J.M. Lacrosse: "La vie privée est devenue publique"
- Laura : "On n'avait pas imaginé que ce compte créerait des problèmes"
- N. Bastiaenen: "Le dialogue parent-enfant est primordial"
- Interview des comédiens de Chatroom
Dossiers liés
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