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La souveraineté alimentaire, ce n'est pas...

Afin de bien cerner de quoi il est question, il convient de faire le point sur ce que la souveraineté alimentaire n’est pas pour bien distinguer le concept d’autres notions qui s’en rapprochent.

…la sécurité alimentaire

Selon l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO ), le concept de sécurité alimentaire représente une situation où les membres d’une population ou d’une famille ont facilement accès à une alimentation de qualité. La sécurité alimentaire s’intéresse principalement aux quantités d’aliments disponibles dans un pays et veille à ce que chaque individu mange à sa faim. La sécurité alimentaire peut donc être atteinte uniquement avec l’importation de produits venant de l’étranger. Ce qui ne favorise pas l’agriculture locale.

La souveraineté alimentaire, quant à elle, se préoccupe davantage des marchés locaux, des conditions sociales et environnementales de la production ; elle soutien l’agriculture familiale et durable ; elle est également attentive aux conditions de travail et à la rémunération des producteurs.

…le repli sur soi

Les défenseurs de la souveraineté alimentaire ne sont pas de farouches opposants au commerce international. Au contraire. Ils savent pertinemment que certains produits tropicaux, comme la banane ou le café, sont très demandés au Nord. Tout comme certains produits manufacturés du Nord sont nécessaires aux pays du Sud. Importations et exportations  sont donc autorisées, voire encouragées. Cependant, ces défenseurs revendiquent une gestion différente de l’offre internationale qui garantirait des prix justes aux producteurs.

…une opposition aux échanges commerciaux

Selon Via Campesina, le mouvement à l’origine du concept de la souveraineté alimentaire, le danger principal dans les échanges commerciaux est la priorité accordée aux exportations. En effet, lorsque la plus grande part de la production d’un pays est destinée à l’exportation, les conséquences sur la population locale sont nombreuses. Voilà pourquoi, toujours d’après le mouvement Via Campesina, un nouveau cadre doit être fixé pour le commerce international, sous la protection de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et non pas de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), comme c’est actuellement le cas. Ce cadre devrait :

  1. favoriser la production locale et régionale et non l’exportation ;
  2. permettre aux Etats de définir eux-mêmes leurs politiques agricoles et les autorise à se protéger des exportations à trop bas prix ;
  3. accorder des subventions aux paysans, à condition qu’elles ne soient pas utilisées pour exporter à bas prix ;
  4. offrir une stabilité des prix au niveau international, grâce à des accords équitables de gestion et de partage de la production.

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