Sous-thèmes
Article
ASF: des avocats au secours des populations démunies

Oeuvrant dans le domaine de la justice, Avocats sans frontières réclame le droit pour tous à un procès équitable. Même et surtout pour les populations les plus fragilisées. Daniel De Beer, directeur de l'ONG à Bruxelles dépeint son organisation, son mode de fonctionnement, la façon dont elle intervient ainsi que les projets en cours.
Que signifie A.S.F. ?
Avocats sans frontières est une ONG (Organisation non gouvernementale) qui a comme particularité de travailler dans le domaine du droit et de la justice. Quand l'association a été fondée en 1992, elle ne se composait que d'avocats. Ils avaient eu l'idée de se mettre au service de causes un peu partout dans le monde. L'idée était qu'il y avait parfois des procès mettant des gens en difficulté et ces personnes n'avaient pas la possibilité d'avoir de défense correcte en raison du contexte politique local. Le point fort était de pouvoir envoyer un avocat à la rescousse. A la rescousse d'une personne, ou à la rescousse d'un avocat empêtré dans un procès délicat. La médiation internationale peut souvent faciliter les choses. A présent, l'association a fort évolué puisque nous sommes ouverts aux non-avocats et aux non-juristes. Ainsi, nous employons des interprètes, des traducteurs mais également des chauffeurs et de nombreuses personnes dont le domaine d'activité n'est pas le droit lors de nos missions à l'étranger. Quant au siège de l'ONG, situé à Bruxelles, six permanents et quatre stagiaires y travaillent.
Comment fonctionne le financement d'A.S.F. ?
A.S.F. n'a pas la possibilité de faire des campagnes de presse comme se le permet M.S.F (Médecins Sans Frontières). Nous dépendons terriblement des subsides des institutions. Notre premier bailleur de fonds est la coopération belge et le second l'Union Européenne. De plus, chaque projet est soutenu par des bailleurs de fonds "locaux".
Quels sont vos grands projets actuellement ?
Nous avons ouvert des missions de longue durée comme au Rwanda depuis 1996. Là, il y a un manque énorme d'avocats. De plus les avocats locaux ne veulent pas défendre les présumés génocidaires. Il y a une autre mission de longue durée au Burundi, plus axée sur la formation de juristes. Nous démarrons un projet au Congo l'année prochaine où il n'est plus question d'avocats. Le droit écrit, hérité de la colonisation, ne touche que 5% de la population congolaise. C'est l'empire de la coutume. Il faut qu'ils transforment leur droit coutumier en droit écrit. Nous travaillerons à l'élaboration d'une bibliothèque de droit congolais. Quoi que l'on pense du régime, il est important que nous participions à ce projet.
Donc vous intervenez indépendamment de toutes considérations politiques ?
Non. On intervient selon le principe de neutralité. C'est très clair. Il est évident qu'avant d'intervenir quelque part, il y a une analyse politique. Il y a des pays dans lesquels A.S.F. a refusé d'intervenir parce que notre intervention aurait été synonyme de caution à un régime que nous n'approuvions pas.
Comment êtes-vous perçus dans les pays où vous agissez ?
A.S.F. essaye de ne pas se poser en "donneurs de leçons". Nous avons une démarche de partenariat. La population locale sait mieux que personne ce dont elle a besoin. Au Rwanda, c'est très difficile puisque c'est surtout les accusés qui ont besoin de défenseurs. Il faut garder un équilibre scrupuleux entre la défense des victimes et celle des accusés.
Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier professionnellement parlant ?
C'est le fait qu'A.S.F., une ONG composée au départ d'avocats, des gens habituellement très sûrs d'eux, acceptent l'inconfort de la remise en cause perpétuelle. Nous sommes au service des populations fragilisées. Là est la fierté!
Plus d'infos sur ASF? http://www.asf.be
Sommaire
Dossiers liés
Il n'y a pas de dossiers liés.









Commentaires (0)