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François Colinet, un professeur comme un autre
Professeur à l’Institut Supérieur de Formation Sociale et de Communication à Bruxelles, Monsieur Colinet est un professeur comme un autre, à la seule différence qu’il souffre d’une infirmité motrice cérébrale. Il nous parle de son handicap.
Monsieur Colinet, à quoi sont dues vos difficultés à vous déplacer ?
Mon handicap va bien au-delà de mes difficultés de déplacements. Il s’agit en fait d’une infirmité motrice cérébrale. Ça veut dire qu’il y a des cellules de mon cerveau qui ne se sont pas développées correctement pendant la grossesse. Ce qui a entraîné toute une série de lésions cérébrales qui ont mené à un handicap physique lié aux jambes et aux bras. J’ai également des problèmes aux yeux. C’est donc un handicap assez global finalement. C’est vrai que la seule chose que l’on voit de prime à bord, c’est la chaise roulante et donc une difficulté de déplacement. Mais ça va bien au-delà malheureusement.
Vous êtes donc en chaise roulante depuis votre enfance ?
Je ne suis pas en chaise depuis que je suis né, bien que j’en ai toujours une pour aller à l’extérieur. J’ai marché entre 7 ans et 14 ans, j’ai fait mon premier pas à 7 ans. Mais je marchais mal, j’avais mal aux genoux, je tombais tout le temps. À 14 ans j’ai été me faire opéré à Paris. Malheureusement, l’opération n’a pas donné les résultats escomptés. Je suis donc en chaise roulante de façon permanente depuis mes 15 ans.
Avez-vous suivi un enseignent spécialisé durant vos études primaires et secondaires ?
Oui, j’ai effectivement commencé par l’enseignement spécialisé entre mes 4 et mes 8 ans. La particularité de cette école est qu’elle était réservée aux enfants handicapés, et les classes étaient très petites. On était seulement 4 ou 5 élèves par classe. Ensuite, j’ai fait une année hybride où j’allais dans une école communale le matin et je retournais dans l’autre école l’après-midi. À partir de la 4ième primaire, j’ai été dans l’enseignement ordinaire, avec rééducation à la maison.
Avez-vous rencontré des difficultés pour avoir le poste de professeur que vous occupez aujourd’hui ?
Non, mais le fait d’avoir étudié dans l’école où j’enseigne aujourd’hui m’a beaucoup aidé. J’ai obtenu deux diplômes en 5 ans dans cette école, en communication et en assistance sociale. Quand j’ai eu envie de devenir prof, j’ai envoyé une lettre spontanée. J’étais en concurrence avec quelqu’un d’autre. L’autre candidat a été engagé parce qu’il avait beaucoup plus d’expérience que moi. Mais le directeur était très intéressé par ma candidature et m’avait promis un poste dès qu’une place se libérerait.
Vous a-t-on déjà refusé un poste à cause de votre handicap ?
Bien sûr, c’est déjà arrivé. On m’a même refusé des stages à causes des préjugés qu’avaient certaines personnes concernant mes capacités.
Comment vivez-vous votre différence par rapport à vos collègues?
En fait, ma différence principale avec mes collègues, c’est le fait d’être un ancien étudiant de cette école, pas tant d’être handicapé. Mes collègues ont été mes professeurs dans le passé et c’est assez comique.
Et par rapport aux étudiants ?
Sans doute que mon handicap modifie un peu la relation habituelle qu’un professeur doit avoir avec ses étudiants, dans le sens où on essaie toujours d’avoir de la distance pour imposer une autorité. Mais avec mon handicap, j’ai de temps en temps besoin d’un coup de main de la part des étudiants, ne fût-ce que pour ouvrir une porte. Donc, je suis souvent en demande d’aide, ce qui amène une plus grande proximité avec certains étudiants et la complicité s’installe plus facilement. Je dirais aussi que mon handicap intrigue les étudiants. C’est la raison pour laquelle je leur en parle au début de l’année. Je leur explique que le fait que je sois en chaise roulante ne fait pas de moi un moins bon professeur. Je crois surtout que mon handicap me permet d’être un professeur différent des autres. Certains apprécient ma façon de donner cours, d’autres pas. Mais il y a une grande bienveillance des étudiants envers moi, ce qui est plutôt positif.
Rencontrez-vous des difficultés lors de vos déplacements au sein de l’institut ?
Quand l’ascenseur n’est pas en panne, ça va. Mais une fois qu’il l’est, c’est foutu. Il m’est parfois difficile d’aller chercher un sandwich en bas, ou monter un plateau. Je dois demander un coup de main, ou bien je m’arrange pour manger dehors. Sinon, en gros je n’ai aucun souci, j’habite tout près. Quand j’arrive, je laisse ma mobylette électrique en bas, et je me débrouille très bien.
Et en dehors ?
Je me suis beaucoup battu pour prendre les bus quand j’étais gamin. C’était vraiment une grosse bataille. Et puis, il y a quelques années, j’ai décidé de prendre un scooter électrique qui facilite mes déplacements. Mais quand il fait froid, c’est un peu dur.
Sommaire
- "Handicap": un mot, plusieurs réalités
- De l’infirmité à la myopie
- Les structures d’accueil spécialisées
- Les aides publiques en faveur des personnes handicapées
- Handicap et parentalité
- Sport et handicap
- Les médias
- Les mines antipersonnel
- Handicap International et les lacets bleus
- François Colinet, un professeur comme un autre
- Découvrir le DVD "Parcours de Sourds"









Commentaires (1)
De Dalva,
01 février 2012 à 04h21
bumbolol dit :8-10% de la pplouation masculine atteinte, 1 homme sur 10 en gros, dans la très grande majorité des cas le daltonisme n’est que très partiel, seulement une toute petite partie du spectre n’est pas visible, si bien que l’homme sur 10 en question ne s’en rend même pas compte dans la vie de tous les jours (sauf chez l’ophtalmo).Perso si je prend la page de wikipédia sur le sujet, 56 je le vois sans pb, 49 je le vois en pénant, et 37 je vois que dal ^^D’ailleurs, tu devrais mettre l’image du test d’Ishihara de la page de wikipedia (le 6 que je vois pas ^^) dans ton billet, tu ferais pas mal de depistage à mon avis (et de surpris, moi même, je ne l’ai appris que très tard, c’est dire à quel point on s’en rend pas compte)