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Les opposants à la décroissance

Si la décroissance séduit bon nombre d’individus, elle est aussi fortement critiquée par d’autres. Les principaux reproches ? L’absence de programme politique, l’individualisme de la démarche ainsi que la confusion entre développement et capitalisme.
Penser le développement
Les décroissants accusent le développement durable d’encourager la croissance et de contribuer à l’épuisement des ressources naturelles en prétendant les préserver. A cela, les adeptes de ce mouvement répondent que le développement qu’ils proposent tient compte de l’impact environnemental et social de l’activité humaine. Devant l’étendue du problème de la destruction des ressources, ils envisagent la croissance économique de façon intelligente et rappellent que par le passé et dans d’autres endroits du globe, la diminution de la croissance n’a pas eu que des effets positifs (chômage, crise économique, récession).
Ralentir la croissance, quelles conséquences ?
Les défenseurs du développement durable s’interrogent également sur les conséquences d’un ralentissement de la croissance : comment compenser la perte d’argent de l’Etat ? Comment maintenir la solidarité entre les individus et lutter contre les inégalités si les caisses sont vides ? Comment assurer le bien-être des générations futures sans subventions pour la recherche ?
Pour certains, le système de dons, l’auto-production, les échanges locaux recommandés par la décroissance empêchent la protection sociale et la redistribution solidaire des richesses.
Absence de programme et individualisme
Les détracteurs de la décroissance reprochent également à ce mouvement de se baser principalement sur une démarche individuelle. Ils dénoncent l’absence de programme politique solide et le manque de perspectives globales. Pour eux, la décroissance est avant tout une remise en question du mode de vie à un niveau personnel. Ce qui est très positif, mais insuffisant pour transformer la société et lutter efficacement contre les impacts de l’activité de l’homme sur l’environnement.
Confusion entre développement et capitalisme
Le principal reproche formulé à l’égard de la décroissance est l’amalgame que ce mouvement fait entre le développement et le développement capitaliste. Pour les décroissants, toutes les formes de développement recherchent le profit. Elles tiennent compte de la richesse monétaire et ne prennent pas en considération les valeurs humaines. Les décroissants se basent sur les contradictions du développement durable pour refuser le développement en général.
Or, certaines évolutions sont nécessaires et très positives pour la société. Comme les panneaux solaires, les transports en commun, les énergies renouvelables, la sécurité sociale, etc. Et celles-ci ont vu le jour grâce à une certaine forme développement soucieuse de l’homme et de la planète.
Et le Sud ?
La décroissance néglige par ailleurs le fait que le développement ne se fait pas au même rythme partout dans le monde. Elle oublie que le développement occidental permet de satisfaire des besoins vitaux auxquels la majorité des pays du Sud n’ont pas encore accès. Comme l’accès à l’eau, aux soins de santé, l’éducation, le logement, la construction d’écoles ou d’hôpitaux. Ralentir la croissance et revoir le mode de vie n’est donc pas possible partout et le développement est souhaité dans bon nombre de pays.
Sommaire
- Les origines de la décroissance
- Consommer pour être heureux?
- La décroissance et le développement durable
- Décroissance: un "mot-obus"
- Décroissance "soutenable"
- La simplicité volontaire
- Les opposants à la décroissance
- Entrer en décroissance
- D. Tanuro:"La décroissance soulève de vraies questions..."
- Ezio Gandin: "Un moteur important : gagner du plaisir"
- Témoignage d'un objecteur de croissance









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