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Les origines de la décroissance

Les origines de la décroissance

Les premières ébauches du courant de la décroissance sont apparues au 18e siècle, à partir de réflexions sur les impacts de la croissance économique. Le concept a évolué et s’est peaufiné au court des siècles, pour aboutir à la décroissance telle que nous la connaissons aujourd’hui, qui propose une nouvelle manière de vivre, plus soucieuse des individus et de l’environnement. 

Une idée pas si nouvelle

L’idée de la décroissance n’est pas récente. En effet, depuis le 18e siècle, des penseurs, des économistes mais aussi des agriculteurs réfléchissent aux impacts de la croissance  et à la manière de gérer les ressources disponibles sur la terre.

Dans le courant des années 1960, les chercheurs ont commencé à s’interroger sur les bienfaits de la société de consommation. Ses fondements (la technique, la science, le progrès) sont sans cesse remis en question et de nombreuses critiques sont formulées à son égard. 

Le père fondateur

Nicolas Georgescu-Roegen, un statisticien et économiste roumain, est généralement considéré comme le père fondateur de la décroissance. C’est lui qui en a posé les bases théoriques dans un ouvrage paru en 1979: "Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie". C’est lui qui a mis en évidence le fait que les ressources naturelles, nécessaires à la production et à l’économie, sont menacées et se dégradent par l’utilisation des humains. La croissance illimitée souhaitée par la plupart des économistes est donc impossible sur une planète aux ressources épuisables.

Mesurer le bien-être

Différents facteurs sont à l’origine de la décroissance. La crise écologique à laquelle nous assistons depuis quelques années et les changements climatiques qui en résultent ont fortement contribué au développement de cette théorie. Mais elle est également née d’un débat sur la manière d’évaluer le bien-être (et donc le bonheur) dans une société. Celui-ci est généralement mesuré à l’aide de l’évolution du Produit Intérieur Brut (PIB). Un indice qui prend en considération des éléments tels que l’augmentation de la production, la vente de biens de consommation et l’utilisation des services.

Des indices alternatifs

Pour certains, le fait de mesurer l’évolution d’un pays uniquement sur base de cet indice est réducteur. Car il ne prend pas en considération des aspects comme les échanges entre les individus, l’environnement ou encore la préservation des ressources naturelles. Alors que ce sont des éléments essentiels au bon fonctionnement de la société.

Ces personnes proposent donc de mesurer le bien-être à partir d’indices de développements alternatifs comme l’indicateur de développement humain (IDH), l’empreinte écologique  ou encore l’indice de santé sociale.

« Sortir de l’économie »

Pour lutter contre tous les problèmes engendrés par la croissance, les « décroissants » proposent de « sortir de l’économie ». Ce qui signifie de ne plus penser le monde en fonction des lois économiques, des échanges commerciaux et du capitalisme. De changer le rapport à l’argent et au travail. De mettre en avant les valeurs humaines plutôt que le profit.


Pour en savoir plus:

Courrier International, Dossier spécial décroissance, n°896 du 2 au 9 janvier 2008

Serge Latouche, Le pari de la décroissance, Fayard, 2006

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