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Ph. Moureaux : "le sentiment d’insécurité diminue"

Ph. Moureaux : "le sentiment d’insécurité diminue"

La Commune de Molenbeek-Saint-Jean compte aujourd’hui 84.000 habitants. Mosaïque de cultures, elle est riche d’une centaine de nationalités. Depuis 1992, son bourgmestre est Philippe Moureaux (PS). Il est Sénateur depuis 1999. Ses fonctions politiques l’ont conduit également à assumer de nombreuses responsabilités au niveau de l’Etat fédéral et de la Communauté française de Belgique, d’où son titre de Ministre d’Etat. Il est l’auteur de la loi du 30 juillet 1981 dite « loi Moureaux ». Cette loi tend à réprimer certains actes inspirés par le racisme ou la xénophobie.

Depuis quand la commune s’est-elle dotée d’un système de vidéosurveillance ?

Depuis la fin des années 1990.

Combien de caméras y a-t-il sur l’ensemble du territoire de la commune ?

Il y a actuellement 56 caméras de surveillance à Molenbeek, dont 6 au Stade communal Edmond Machtens pour la surveillance des tribunes pendant les matches de football. En projet, il y a l’installation de 2 caméras supplémentaires : une au carrefour chaussée de Gand/avenue du Karreveld et une à proximité de la station de métro Beekkant.

L’utilité des caméras cadre avec trois objectifs : assurer la fluidité de la circulation automobile ; surveiller un lieu défini objectivement comme étant criminogène ; collaboration à une enquête judiciaire (recherche d’images a posteriori).

Où sont-elles situées principalement ?

Géographiquement, sur l’ensemble du territoire communal : dans le quartier Maritime, le quartier Heyvaert, le quartier de la place de la Duchesse de Brabant, le Centre historique, le quartier Osseghem, le quartier Machtens.

De manière plus détaillée, elles se situent aux carrefours routiers importants et le long des principaux axes de circulation, ainsi que dans les endroits de rassemblement habituel des habitants (places publiques) pour vérifier que l’ordre public règne, que les lieux ne servent pas de cadre à des agitations ou à des manifestations violentes.

Dans les zones surveillées, la criminalité a-t-elle baissé significativement ?

L’impact est relativement limité. Mais chez les citoyens, le sentiment d’insécurité diminue, car les caméras ont un effet clairement dissuasif, même si parfois, les auteurs des délits tentent d’échapper à l’attention des caméras par un comportement « adapté », par exemple dissimuler le visage en portant une casquette.

Est-il vrai que la délinquance a tendance à se déplacer vers des endroits moins surveillés ?

Oui. Cette constatation tend par conséquent à confirmer l’efficacité dissuasive des caméras.

Que faire par rapport à cela ?

Il faut insister sur la présence sur le terrain d’équipes de prévention : policiers à pied, policiers à vélo ainsi que les gardiens d’espace public et les animateurs de rue.

Globalement, le système est-il efficace pour la commune de Molenbeek ?

Oui, mais en dehors des « sentiers battus ». La vidéosurveillance n’est pas la panacée. Son utilisation doit être judicieuse et menée consciencieusement en fonction d’un objectif dans une situation précise. Les caméras se révèlent très utiles lors de troubles potentiels de l’ordre public. Elles permettent aux autorités d’éviter des interventions inutiles ou contre-productives. Ce fait a été constaté à plusieurs reprises dans la zone.

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