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Ch. Germis: "La vidéosurveillance est un outil"

Christian Germis est Facility Manager au centre commercial de Louvain-la-Neuve. Il explique à Espace-Citoyen.net le fonctionnement du système de vidéosurveillance et ses avantages dans une galerie marchande.
Combien de caméras sont placées dans le centre commercial ?
Dans le centre commercial même, aux abords et sur les toits, il y a environ 70 caméras qui sont installées.
Notre société de gestion s’occupe de la sécurité dans les communs et non pas dans les boutiques. Les septante caméras citées filment donc uniquement la galerie marchande et les communs du centre commercial (quais de livraison, la galerie marchande elle-même, les sas d’entrée, la toiture, etc.).
Lorsqu’il y a une intervention de la sécurité, celle-ci est-elle filmée ?
Quand il y a une intervention qui est demandée dans la galerie, l’agent qui est au pc sécurité la filme. Cependant, ce n’est pas toujours possible car les caméras ne regardent pas forcément partout. En effet, elles ne sont pas toutes mobiles. Et mêmes avec des caméras mobiles, on ne peut pas atteindre tous les espaces.
Combien de temps les images sont-elles conservées?
Les images sont conservées 14 jours. C’est d’ailleurs ce que nous annonçons dans la déclaration à la Commission de protection de la vie privée. Les images étant enregistrées sur disque dur informatique, les 14 jours ont été déterminés de façon théorique par le calcul du nombre de giga bits nécessaires par minute, par image, par caméra.
Ces 14 jours ont également été choisis en fonction du temps dont on dispose entre un événement X ou Y qui se passe dans la galerie, la réaction de la victime, la plainte formulée auprès du commissariat et la demande des images. En effet, une personne ne peut pas visionner les images sans avoir au préalable porté plainte au commissariat pour agression. Cette mesure est prise justement pour protéger la vie privée des autres individus dont l’image est enregistrée sur la bande.
Qui visionne ces images ?
Les personnes habilitées à regarder les images sont les membres du service de gardiennage du centre commercial, les autorités policière et judiciaire, ainsi que la direction du centre. En pratique, c’est l’agent de sécurité en poste devant le système vidéo qui les observe.
Selon certaines études anglaises, le système est justement inefficace parce que le nombre de personne derrière les écrans est insuffisant…
Tout dépend de ce que l’on fait avec le système. En ce qui nous concerne, les images servent davantage a posteriori qu’a priori, d’où l’importance de l’enregistrement. Nous allons revoir ce qui s’est passé, visionner des images suite à une plainte, mais il est plus rare que l’agent de sécurité utilise les images pour prévenir un risque quelconque. En effet, le nombre de caméras disposées dans le centre ne permet pas de voir des images significatives sur toutes les caméras en même temps. Voilà pourquoi nous utilisons plus les images enregistrées que les images en temps réel.
Depuis l’instauration de ce système de vidéosurveillance, avez-vous remarqué une différence dans les centres commerciaux ?
Ayant travaillé dans un autre centre commercial avant de venir à L’Esplanade, je peux vous dire que, s’il n’y a pas une diminution de la délinquance, le gestionnaire du centre a en tout cas une meilleure vision des méthodes employées par les fauteurs de trouble. Ce qui permet de prévenir certaines infractions. La prévention, c’est aussi pouvoir analyser les techniques des uns et des autres malfaiteurs.
Pensez-vous que les caméras ont un effet dissuasif ?
Les caméras ont certainement un effet dissuasif sur les gens qui veulent faire un mauvais coup. Le visiteur lambda d’un centre commercial ne s’aperçoit même plus de leur présence, par contre, elles ont un impact dans le chef des personnes qui veulent commettre une infraction. Cela se remarque notamment par les précautions (caquette, cagoules) utilisées pour ne pas être reconnu sur les enregistrements.
Que répondez-vous aux personnes qui jugent ce système intrusif ?
J’aurais tendance à dire que si on n’a rien à se reprocher, le fait de figurer sur des images enregistrées ne devrait pas poser de problème. D’autre part, les coordonnées et les informations personnelles d’un individu ne sont pas inscrites sur son front ou dans son dos. Il est donc très difficile de connaître la vie privée de quelqu’un via les caméras. De plus, le nombre d’images qui transitent par le système fait que nous ne visionnons que ce dont nous avons besoin, dans le cadre d’une plainte ou d’un fait grave. Le reste ne nous intéresse pas !
Pour moi, la vidéosurveillance est un outil, tout comme le système de détection incendie en est un. Un outil qui permet de gérer de façon économique, discrète et dissuasive la sécurité des biens et des personnes.
Sommaire
- Souriez, vous êtes filmés!
- La "loi caméra" en Belgique
- L'exemple anglais
- Prévention ou répression?
- Les arguments contre la vidéosurveillance
- Ch. Germis: "La vidéosurveillance est un outil"
- S. Verschuere : "On doit lutter contre l'utilisation abusive "
- M. Lambert : "Il y a un choix de société à faire"
- Ph. Moureaux : "le sentiment d’insécurité diminue"
Dossiers liés
Il n'y a pas de dossiers liés.









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