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Prévention ou répression?

Les caméras sont généralement présentées comme un outil de prévention de la délinquance. Cependant, elles sont aussi porteuses d’injustice et de discrimination. Le flux trop important d’images à traiter nécessite une sélection, qui se fait souvent au détriment des étrangers.
Prévention ou répression ?
Généralement, les personnes qui décident de placer les caméras considèrent que c’est de la prévention. En effet, elles avancent l’argument de l’effet dissuasif de ces caméras. Pour certains, la présence même des caméras empêcherait la réalisation de l’acte délictueux, les délinquants ne voulant pas être pris sur le fait.
Pour les défenseur des droits humains, ces caméras portent véritablement atteintes à la vie privée des individus et sont davantage un outil de répression. Ils mettent en doute l’effet préventif et dissuasif de ces caméras et donc ne voient pas l’utilité de leur présence à part pour exercer une surveillance accrue sur les individus. Augmenter le nombre de caméras fait partie pour eux d’une stratégie répressive, qui consiste à maintenir le climat de terreur au sein d’une population, pour justifier la présence de policiers et de moyens techniques de surveillance.
Sentiment d’insécurité
La caméra rassure tout autant qu’elle effraie. Par exemple, on peut se sentir rassuré par la présence d’une caméra dans le métro pendant la nuit. Mais la présence de cette caméra indique aussi que cet endroit est potentiellement dangereux, puisqu’il faut le surveiller. Cela peut alimenter le sentiment d’insécurité, alors qu’il n’y a pas forcément de danger.
Vecteur de préjugés
Dans le débat qui oppose les partisans et les opposants de la vidéosurveillance, un argument revient souvent : celui de l’arrestation de Marius et Adam, les agresseurs du jeune Joe Van Holsbeeck. Pour les partisans, sans les caméras, il aurait été bien plus compliqué de retrouver les deux agresseurs et de conclure l’enquête si rapidement. Les opposants, sans réfuter totalement cet argument, mettent néanmoins en évidence le fait que l’agression a bel et bien eu lieu, malgré les nombreuses caméras, ce qui contredit l’impact dissuasif. De plus, dans ce cas précis, les caméras ont servi à alimenter les préjugés et stéréotypes racistes, puisque sur base des images, les témoins ainsi que les médias ont relayés l’idée que les agresseurs étaient d’origine maghrébine, ce qui n’était pas le cas.
Toutefois, cet argument est à nuancer. En effet, ce sont aussi les caméras qui ont permis de mettre fin aux préjugés en apportant un éclairage sur la véritable nationalité des agresseurs.
Discrimination raciale
Le fait de devoir traiter un nombre trop important d’images incite les opérateurs à effectuer une sélection. Ils ne se focalise pas sur des comportements suspects mais sur une certaine catégorie d’individus : les hommes, âgés de moins de 30 ans, d’origine étrangère. Ce qui contribue à stigmatiser une certaine partie de la population. Au risque de passer à côté de véritables situations d’agressions reprises dans d’autres séquences filmées.
Sommaire
- Souriez, vous êtes filmés!
- La "loi caméra" en Belgique
- L'exemple anglais
- Prévention ou répression?
- Les arguments contre la vidéosurveillance
- Ch. Germis: "La vidéosurveillance est un outil"
- S. Verschuere : "On doit lutter contre l'utilisation abusive "
- M. Lambert : "Il y a un choix de société à faire"
- Ph. Moureaux : "le sentiment d’insécurité diminue"
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