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Les arguments contre la vidéosurveillance

Les arguments contre la vidéosurveillance

Entre le coût élevé de cette technologie, les atteintes à la vie privée et la mauvaise utilisation des images,  les arguments « contre » avancés par les détracteurs ne manquent pas.

Combien ça coûte ?

D’après la police, une caméra coûte entre 750 et 1.250 euros et nécessite la présence de plusieurs personnes pour traiter les images. C’est donc une technique qui coûte cher, non seulement en terme d’argent mais aussi de personnel, qui doit en outre suivre une formation spécifique.

Pour les opposants à la vidéosurveillance, il vaudrait mieux investir dans les agents de quartier, dans la prévention via les éducateurs de rue plutôt que dans la technologie. Cela coûte cher aussi, mais ça privilégie le lien social et la proximité.

Une autre manière de prévenir la délinquance serait d’améliorer l’éclairage public, car selon certaines études, les criminels ont tendance à fuir les lieux illuminés.

Atteinte à la vie privée

Tout en reconnaissant son efficacité dans certains cas, les opposants à la vidéosurveillance dénoncent les atteintes à la vie privée qu’elle permet. En Belgique, un individu est filmé en moyenne une trentaine de fois par jour. On peut connaître son emploi du temps grâce au parcours qu’il a effectué durant la journée.

Selon les défenseurs des droits humains, cela signifie que les individus doivent céder leur droit à l’anonymat et à la libre circulation. Or, tout le monde n’a pas envie d’être filmé partout où il va. Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à cacher qu’on a forcément besoin d’être observé.

Qui regarde les images ?

Les détracteurs s’interrogent également sur les personnes qui visionnent les images et sur la formation qu’elles ont suivie. Il n’y a pas que des policiers qui regardent les images mais aussi des agents de sécurités ou des agents de prévention, voire les propriétaires d’un magasin ou d’un centre commercial.  Les défenseurs des droits humains dénoncent ici le transfert de compétences publiques au domaine privé. En visionnant les images, les gestionnaires de sociétés privées exercent un contrôle sur la population et se retrouvent avec des compétences similaires à celles des représentants de l’autorité publique. Quand on sait qu’avec ce genre de caméra, on peut voir la couleur des yeux, lire sur une montre ou dans le journal d’un passant, il y a de quoi se sentir mal à l’aise.

Déplacer le problème

Par ailleurs, les détracteurs mettent en doute l’effet dissuasif de la présence d’une caméra. Selon eux, cela déplace simplement le problème. La délinquance ne diminue pas forcément, elle est commise dans d’autres endroits peut-être moins surveillés.

Le véritable rôle de la vidéosurveillance serait donc de lutter contre le sentiment d’insécurité, et non pas de combattre l’insécurité elle-même.

Contrôle des employés

Les caméras peuvent aussi avoir un effet pervers sur le lieu de travail. En effet, de nombreuses entreprises se dotent d’un système de vidéosurveillance pour éviter les cambriolages et autres effractions. Cependant, les caméras étant là en permanence, elles permettent aussi à l’employeur d’exercer un contrôle sur ses employés. Par exemple en vérifiant le nombre de pauses cigarette, le temps passé devant la machine à café ou encore les allés-venues des travailleurs.

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