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L'exemple anglais

L'exemple anglais

L’Angleterre est considéré comme une pionnière en matière de vidéosurveillance. Dans le pays de Georges Orwell, les individus sont filmés en moyenne 300 fois par jour !

« 1984 »

Lorsqu’on parle de vidéosurveillance dans les médias, le nom de Georges Orwell est régulièrement cité. Celui-ci est l’auteur du livre « 1984 », publié en 1948. Dans ce roman, Georges Orwell imagine le monde en 1984 et dépeint une société totalitaire, dirigée par un homme appelé « Big Brother » qui exerce un contrôle sur la population par l’entremise d’écrans et d’écouteurs placés partout dans la ville, les bâtiments, les maisons.

Pour beaucoup, ce roman qui relevait de la science-fiction à l’époque est en train de devenir réalité. Voilà pourquoi les références à « Big Brother » sont fréquentes.

Omniprésence des caméras

En Angleterre, on compte une caméra pour 14 habitants. Cela fait environ 4,2 millions sur l’ensemble du territoire. Les premières sont apparues en 1953, au moment du couronnement d’Elizabeth II. Mais l’essor de ce système date des attentats du 11 septembre 2001à New-York. Les Anglais, alliés aux Américains dans la lutte contre le terrorisme, n’hésitent pas à se doter de l’arsenal nécessaire pour arrêter les suspects du terrorisme. Les attentats de Londres en 2005 ne font que renforcer le dispositif.

La ville de Londres

Londres, la capitale de l’Angleterre, est connue pour être la ville où il y a le plus de caméras de vidéosurveillance au monde. Grâce à elles, il est possible de connaître l’emploi du temps d’un individu car on peut le suivre sans perdre sa trace du départ de son domicile le matin à son retour du bureau le soir. En effet, un londonien est filmé en moyenne 300 fois par jour !

Le rapport de l’ICO

Selon un rapport réalisé par l’Information Commissionner’s Office (Commission en charge de l’Informatique et des Libertés), il y a quatre phases dans le processus de généralisation des caméras de vidéosurveillance. Tout d’abord, les caméras sont installées dans un but précis. Ensuite, les individus s’habituent à leur présence et elles font parties intégrantes du paysage. Ce qui permet de rendre leur utilisation systématique sans qu’il y ait de résistance. Enfin, les caméras ne se contentent plus d’observer mais sont conçues pour rechercher elles-mêmes l’information et se focaliser sur certains points.

D’après ce rapport, les caméras ne sont pas infaillibles. En effet, on recense environ 2.700 cas d’erreurs d’identification, notamment dans le domaine de la prévention routière (erreur dans la lecture des plaques minéralogiques).

Un système inefficace

De nombreux criminologues anglais dénoncent l’inefficacité de ce système pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les caméras ne sont pas toujours placées de façon pertinente (trop loin, manque de lumière, mauvais angle de vue). Ensuite, les personnes qui visionnent les images n’ont pas forcément suivi la formation adéquate. Or, traiter ce type d’enregistrement nécessite des compétences. Enfin, les salles de contrôle ne disposent pas du nombre d’écrans suffisant pour traiter le flux incessant d’images qui leur parviennent. Certaines d’entres elles ne sont donc tout simplement pas vues.

Le responsable de la vidéosurveillance de Scotland Yard partage ce point de vue. Selon lui, le système est devenu inefficace d’une part parce que les criminels, habitués à la présence des caméras, ne craignent plus cet œil de verre, d’autre part parce que les agents qualifiés pour visionner les images ne sont pas assez nombreux.

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