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Interview : l'adoption internationale et ses limites
L'A.C.C. (Autorité Centrale Communautaire) coordonne et contrôle les activités en Belgique et à l'étranger des organismes d'adoption agréés par la Communauté française. Béatrice Bertrand est juriste au Service de l'Adoption de la Communauté française et à l'A.C.C. Elle explique la collaboration avec l'étranger en matière d'adoption internationale et les risques que celle-ci peut comporter.
L'A.C.C. travaille-t-elle avec tous les pays en matière d'adoption internationale ?
De manière générale, oui (à l'exception des pays du Maghreb avec lesquels nous ne travaillons pas car ils ne reconnaissent pas l'institution de l'adoption).
Il est clair que nous sommes très réticents à l'égard de certains pays parce que nous savons qu'ils sont à très haut risque, qu'il y a des trafics, que l'intérêt des enfants est supplanté par les intérêts financiers, etc. Pour ces pays là, les projets rendus par les candidats adoptants devront être bien argumentés pour être approuvés.
La Convention de la Haye prévoit aussi que les adoptions avec des pays en guerre ou victimes de catastrophes naturelles soient temporairement suspendues. Ce sont des périodes où il est extrêmement difficile de vérifier l'adoptabilité de l'enfant, le respect du consentement des parents biologiques,…
Avez-vous rencontré des problèmes de ce type dans le passé ?
Il y a eu beaucoup de problèmes avec le Burundi et certains pays d'Afrique centrale dans les années 1990. Des enfants sont arrivés en Belgique. En principe, tout était en ordre avec l'adoption. Après la guerre, les parents biologiques, qui en réalité étaient encore vivants, ont réclamé leurs enfants.
L'adoption est quelque chose qui génère énormément d'argent. Dans certains pays, on peut pratiquement tout acheter avec de l'argent, tant au niveau des intermédiaires que de l'administration (le consentement des parents, le fait que l'enfant soit orphelin,…).
Suite à la catastrophe du Tsunami en décembre, y a-t-il eu des abus en terme d'adoption ?
Des abus ont lieu régulièrement, mais ils se produisent encore plus facilement lorsque le pays est déstructuré, que ce soit suite à une catastrophe naturelle ou autre. Ce sont des situations instables qui soulèvent un certain enthousiasme populaire, l'adoption est perçue comme une action humanitaire. Or le meilleur moyen d'aider les enfants dans ces cas-là, ce n'est justement pas de les adopter, mais de les aider sur place en parrainant ou en aidant le pays à se reconstruire.
Dans tous les pays avec lesquels la Communauté française a des accords, les adoptions ont été suspendues le temps d'évaluer la situation suite à la catastrophe du Tsunami, et la reprise a été très prudente.
Sommaire
- 1er septembre 2005 : nouvelle loi en vigueur
- Conditions à remplir pour adopter
- Interview : l'adoption internationale et ses limites
- L'adoption : un concept qui évolue
- L'adoption dans les pays du Maghreb
- La procédure d'adoption en Belgique
- Les autorités officielles
- Organismes d'adoption en Belgique
- Qu'est-ce que l'adoption?
- Questions sur l'adoption
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Commentaires (1)
De ceranov,
25 janvier 2010 à 21h27
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