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Pourquoi la violence se déclenche-t-elle ?

La violence est un phénomène complexe. Pendant longtemps, les scientifiques se sont demandés si l’homme était violent par nature. Aujourd’hui, on sait que la violence n’est pas inscrite dans les gènes et dépend de l’environnement, de l’éducation et de nombreux autres paramètres.
Les facteurs de risque
Les facteurs de risque sont des éléments ne déclenchant pas systématiquement la violence, mais pouvant augmenter le risque de déclenchement. C’est généralement l’accumulation de plusieurs facteurs qui favorise cette violence.
- La famille
Premier lieu d’apprentissage des relations affectives, la famille est importante pour aider l’enfant à se construire. Or, être témoin (ou victime) de bagarres, disputes, consommation de substances toxiques (alcool, drogues,..) menant à l’agressivité peut faciliter le recours à la violence chez l’enfant. De même, un manque d’attention, de dialogue ou l’absence d’un parent augmente les risques de violence.
- L’école
Après la famille, l’école est le second lieu d’apprentissage des relations sociales. Au niveau individuel, la multiplication des échecs scolaires comme l’exclusion par ses camarades (être le « bouc-émissaire » de la classe) peuvent impliquer un plus grand recours à la violence. Au niveau de la relation enseignant-élève, le sentiment d’injustice, une discipline trop souple ou trop laxiste ou encore l’utilisation de termes vexatoires peuvent aussi développer des réactions agressives.
- La société
Nos sociétés, même si elles se sont pacifiées, connaissent différentes tendances pouvant engendrer une certaine violence. Tout d’abord, le manque de repères et de certitudes est pointé du doigt dans la mesure où l’adolescent n’obtient pas de message clair et n’a pas toujours un groupe précis auquel s’identifier. Certains peuvent alors recourir à la violence pour s’exprimer et le font souvent en bande, afin de re-créer un sentiment d’appartenance communautaire. C’est pourquoi la violence se développe surtout en milieu urbain et dans les quartiers défavorisés. On évoque aussi parfois la société de consommation qui, en fabriquant des normes vestimentaires, musicales, etc., peut parfois susciter des frustrations et du stress quand celles-ci ne peuvent pas être acquises.
Ce sont donc les inégalités et le sentiment d’injustice qui constituent la source de la violence. Les médias et les jeux vidéo semblent accentuer cette tendance, en banalisant la violence « virtuelle ». Mais cette influence est toutefois difficile à démontrer car elle agit dans différentes directions. En effet, si la violence virtuelle peut devenir, pour des spectateurs assidus, un moyen normal et efficace de gérer un conflit, tout dépend de la présence des parents et de leurs explications pour aider l’enfant à distinguer la fiction de la réalité.
Les facteurs déclencheurs
Au niveau individuel, la violence est souvent provoquée par un besoin non assouvi, c’est-à-dire non satisfait. Selon plusieurs psychologues, l’homme agirait en fonction de différents besoins : physiologiques bien sûr (boire, manger, dormir,..), mais aussi sociaux (amour, affection, appartenir à un groupe, justice, ...) et personnels : besoin de sécurité (paix, stabilité, équilibre), d’estime (être reconnu, respecté) et de réalisation (s’épanouir, mettre à profit ses talents,..).
Dans certains cas, une personne qui ne parvient pas à satisfaire l’un de ces besoins peut se sentir frustrée et ressentir une souffrance, une détresse ou un manque la poussant à se mettre en colère contre autrui, parce qu’il le rend responsable de son état.
Si cette colère n’est pas exprimée ni communiquée à l’autre, un sentiment d’hostilité peut apparaître, engendrant des intentions malveillantes avec l’espoir que l’autre regrette, s’excuse et répare le mal causé.
Si la personne n’arrive alors pas à évaluer les conséquences de ses actes et n’a pas peur de la loi ou de l’interdit, elle peut passer à l’acte en se disant « il m’a fait du mal, j’ai le droit de riposter ».
Enfin, vu que l’acte commis sera probablement sanctionné, la personne se retrouve enfermée dans un processus négatif, sans comprendre le fait d’avoir été puni alors que son besoin n’est toujours pas satisfait.
Pour ne pas entrer dans ce cercle vicieux, il est essentiel de comprendre ses propres sentiments, de réfléchir à la façon de les transformer de manière positive, et surtout de chercher à les exprimer par la parole afin d’éviter de faire naître des rancoeurs ou des frustrations.
Pour en savoir plus:
Emmanuel Vaillant, Dire non à la violence, Les Essentiels Milan Junior, 2001









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