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L’école face à la violence

L’école face à la violence

A l’école, la violence s’exprime par des attitudes, des gestes, des remarques qui, selon certains chercheurs, s’apparentent plutôt à de l’incivilité. Cependant, l’effet de la violence varie d’un individu à l’autre. A partir du moment où la victime en souffre affectivement, il convient de trouver une solution pour y mettre un terme. Car si la victime use de représailles, les conséquences peuvent s’avérer catastrophiques.

Les formes de violence à l’école

D’après une étude menée par des chercheurs de l’UCL[1], il existe trois grandes catégories de violence dans les écoles : les atteintes physiques, les atteintes verbales et celles aux biens personnels des individus. Pour ces trois catégories, on recense 12 types d’actes de violence : moquerie, menace, rumeurs malveillantes, insulte, vol, vandalisme, coup, proposition de drogues, menace avec objet, menace avec armes, attouchements sexuels et racket.

Violence ou incivilité ?

A la suite de différentes recherches effectuées sur le phénomène des violences à l’école, on observe que les actes réellement violents (coups, menaces avec armes, agressions sexuelles) sont relativement rares. Les types de comportements cités régulièrement en exemple par le corps enseignant et par les élèves s’apparentent davantage à de l’incivilité qu’à de la violence. Il s’agit de vandalisme, de destruction de biens communs, de graffitis, d’insultes ou encore de bandes de jeunes jugées menaçantes. Ces attitudes se remarquent aussi bien dans la rue et les lieux publics que dans l’enceinte des établissements scolaires. Ce n’est pas pour autant qu’elles sont légitimes. Il convient donc de les refuser dans un cas comme dans l’autre.

Un phénomène subjectif

Toutefois, la violence demeure un phénomène difficile à déterminer. Ce qui est perçu comme de la violence par un individu ne le sera pas forcément par un autre. Voilà pourquoi il convient de mettre en évidence le caractère subjectif de la violence. Un acte peut être qualifié de violent dès lors que la personne qui en est victime le ressent comme tel et considère que ce qu’on lui fait subir (coups, insultes, menaces) n’est pas justifié. Lorsque l’acte violent se reproduit régulièrement, il augmente l’angoisse et le sentiment d’insécurité. Ce qui peut avoir des répercussions sur le moral et le comportement de la victime.

Les représailles

Des études menées en Ecosse ont démontré les effets dévastateurs de la violence scolaire : absentéisme, baisse des résultats, dépression ou encore suicide. Il arrive aussi que les victimes cherchent à se défendre ou à se venger. C’est ce qu’il s’est par exemple passé le 20 avril 1999 à Columbine, un établissement du Colorado aux Etats-Unis. Deux adolescents régulièrement persécutés par leurs camarades se sont rendus armés dans les couloirs de l’école et ont ouvert le feu. 12 étudiants et un enseignant ont été tués, 23 autres personnes blessées. Les deux meurtriers se sont ensuite suicidés. Ce tragique événement reste cependant assez exceptionnel et doit être replacé dans son contexte. De tels cas n’ont pas encore eu lieu chez nous. Il y a fort à parier qu’ils ne se produiront pas si tout est mis en œuvre pour les éviter.

 


[1]G. Buidin, S.Petit, B. Galand, P.Philippot, M. Born, Violences à l’école. Enquête de victimisation dans l’enseignement secondaire de la Communauté française de Belgique, Etude interuniversitaire commanditée par le Ministère de la Communauté française de Belgique à l’initiative de M. Pierre Hazette, UCL/ULG, octobre 2000.

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