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Monique Van Dieren:"Personne n’est à l’abri du surendettement"
Dans cette seconde partie, Monique Van Dieren évoque le rapport des jeunes au crédit, les ouvertures de crédit et nous détaille les revendications de la Plate-forme Journée sans crédit en matière de législation sur le crédit.
A quels publics vous adressez-vous ?
Nous visons principalement un public d’adultes; des personnes fragilisées qui vivent dans la précarité mais également le public moyen. Ce public n’est pas nécessairement fragile mais pourrait le devenir car personne n’est totalement à l’abri de la spirale du surendettement. En effet, on peut y tomber suite à un accident de la vie, à cause d’une mauvaise gestion budgétaire ou encore d’une surestimation de sa capacité à rembourser les dettes.
En ce qui concerne les personnes déjà fragilisées, il est important de préciser que le surendettement n’est pas nécessairement causé par une mauvaise gestion du budget, des dépenses inconsidérées ou une surestimation de ses moyens. De plus en plus de personnes ont du mal à boucler les fins de mois. Le recours au crédit permet de faire face à certains frais parce les gens ne parviennent plus à épargner. La question du crédit est donc fortement liée à celle de la précarité des revenus.
Les jeunes ont-ils souvent recours au crédit ?
Dans la tranche des 18-24 ans, ils sont peu nombreux à utiliser le crédit. Ils le sont un peu plus chez les 25-34 ans. Au total, les 18-34 ans représentent 25% des personnes qui souscrivent des crédits en Belgique.
Par contre, les jeunes ont plus de difficultés à rembourser leurs emprunts. Selon les chiffres de la Banque Nationale, ils sont environ 32% à connaître des défaillances de paiement. Cela invite à penser que les jeunes (et c’est bien normal) n’ont pas encore une bonne maîtrise de la gestion budgétaire et ne savent pas toujours à quoi ils s’engagent quand ils font un crédit.
De plus, dès qu’ils ont atteint leur majorité, les jeunes sont fortement sollicités par les publicités pour le crédit proposées par les banques. Celles-ci savent très bien à quel moment s’adresser aux jeunes pour les tenter. En effet, la période du premier salaire est un moment où les jeunes sont particulièrement vulnérables. Ils ont rêvé pendant des années à ce qu’ils pourraient acheter et ont l’impression que leur pouvoir d’achat est illimité. Cela les conduit à des actes impulsifs, sans tenir compte des conséquences à long terme.
Ciblez-vous une forme de crédit en particulier ?
A travers la "Journée sans crédit" nous ciblons principalement les ouvertures de crédit. Globalement, les montants empruntés via cette forme de crédit sont relativement peu élevés. Cependant, ils sont empruntés par des personnes qui ont déjà très peu de moyens à la base. Donc finalement, un petit montant pour quelqu’un qui a peu de moyens représente un risque d’endettement aussi important que pour quelqu’un qui emprunte de gros montants. De plus, les ouvertures de crédit sont très faciles à obtenir et les intermédiaires de crédit sont assez peu attentifs à la situation financière des demandeurs.
Nous luttons donc contre cette forme de crédit abondamment promotionnée par les grandes surfaces qui y voient un argument de vente intéressant.
Quelles sont les revendications de la plate-forme ?
Nos revendications visent principalement l’encadrement des ouvertures de crédit. Nous avons trois revendications principales, qui concernent toutes la législation sur le crédit.
Tout d’abord, une première revendication est de limiter la durée des ouvertures de crédit. Car leur principal danger est qu’elles sont indéterminées dans le temps. Dans la législation belge, il existe des mesures qui permettent de limiter les contrats de crédit dans le temps ou de remettre les compteurs à zéro. Après une certaine période, les personnes doivent rembourser leurs crédits pour pouvoir emprunter à nouveau. C’est ce qu’on appelle le délai de zérotage. Malheureusement, ces mesures ne sont pas appliquées aux ouvertures de crédit. Nous luttons donc pour qu’elles le soient car cela permet d’éviter l’endettement à perpétuité.
La seconde revendication concerne le renforcement de la législation en matière de publicité pour le crédit. Depuis 2003, il existe une loi relativement bien faite et assez restrictive sur la publicité pour le crédit. Cependant, elle est très peu appliquée. Il n’y a pas beaucoup de contrôles ni de sanctions, alors que les publicités illégales sont très nombreuses.
Enfin, la troisième revendication concerne le renforcement des contrôles et des sanctions à l’égard des prêteurs. En effet, ceux-ci ne remplissent pas toujours leurs devoirs de conseil et d’information auprès des consommateurs avant d’octroyer un prêt.
Sommaire
- Consommer, ça s’apprend
- Le crédit dans une société de consommation
- Les formes de crédit à la consommation
- Les jeunes et le crédit
- Les jeunes et l’argent
- L’ouverture de crédit
- Marc Vandercammen:"Les jeunes sont des fourmis accumulatrices"
- Monique Van Dieren : « La Journée sans crédit»
- Monique Van Dieren:"Personne n’est à l’abri du surendettement"
- Protéger les consommateurs
- Espace-citoyen sur "Quand les jeunes s'en mêlent"









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