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Muriel Vandergucht : sophrologue

Muriel Vandergucht : sophrologue

Muriel Vandergucht est licenciée en psychologie, sophrologue et formée à l’hypnose et à la thérapie systémique brève. Elle a d’abord travaillé comme psychologue dans le secteur de l’aide psychosociale avant de se spécialiser dans les problèmes alimentaires. Elle est indépendante et reçoit des patients pour des thérapies individuelles ou pour des ateliers de sophrologie en petits groupes. Dans cette interview, Muriel Vandergucht nous explique sa méthode de travail et les effets bénéfiques qu’elle suscite.

Quel est votre démarche thérapeutique ?

Je travaille surtout l’écoute du corps et des émotions. Dans  les troubles alimentaires en général, il y a un problème au niveau de la reconnaissance du besoin de manger. La personne ne se nourrit plus en fonction de sa faim réelle mais en fonction de critères abstraits, de plans de régimes ou de ce qu’il faudrait manger. Certains aliments comme le chocolat peuvent être diabolisés. Ces personnes ne sont alors plus en contact avec leur corps et leurs sensations physiques. Je réalise donc tout un travail durant mes ateliers avec le corps où l’idée est de réécouter son corps. Le but est donc de revenir dans le corps plutôt que d’être trop pris par un scénario mental.

Il y a aussi l’idée de l’écoute des émotions. Dans la boulimie, certaines personnes ont parfois vécu des choses très difficiles comme un décès ou un inceste. Pour ne pas affronter ces difficultés, il arrive parfois que la personne déplace le problème. Elle se crée un autre problème qui vient masquer le premier. La nourriture occupe toute la place dans sa vie et c’est un moyen pour elle de ne pas ressentir certaines émotions. Je travaille donc sur les émotions pour aider les personnes à se désangoisser autrement que par la boulimie. J’essaye de donner une place aux émotions pour qu’elles puissent s’exprimer et qu’on puisse travailler tout ça.

Qu’est-ce qu’est la sophrologie ?

La sophrologie est une technique physique et mentale inspirée des techniques de relaxation classique, du yoga et de l’hypnose. On travaille beaucoup avec le physique. On s’étire, on se contracte, on fait attention à ce qui se passe dans son corps quand on se contracte, on observe sa respiration,... Il y a aussi des exercices d’auto massage. Par ces exercices, on apprend à faire attention à ce que l’on ressent physiquement. Le but est de se réancrer dans le corps. C’est important car, dans le cas de la boulimie ou de l’anorexie, la personne est prise par une obsession mentale. Toute sa vie est conditionnée par cela. Elle néglige les messages du corps et ne le respecte pas. C’est pour ça que la sophrologie est indiquée dans les troubles alimentaires car elle fait contrepoids par rapport à ce mental qui a pris toute la place. 

La sophrologie est également une technique mentale. On travaille avec l’état modifié de conscience. L’état modifié de conscience est un état mental particulier qui se travaille aussi en hypnose. Nous avons déjà tous vécu des « états mentaux particuliers ». C’est un peu le même état que, par exemple, quand on va s’endormir (l’état « hypnagogique » « entre veille et sommeil ») ou lorsqu’on regarde un feu, « pris » par la contemplation des flammes. On a alors l’esprit moins dispersé et plus focalisé. Le monde extérieur perd un peu de son importance. On obtient cet état-là en sophrologie en faisant des exercices physiques et en focalisant son attention. On est alors plus détendu et on peut utiliser son imagination pour s’influencer positivement.

Qu’avez-vous observé comme effets thérapeutiques sur les patients ?

Dans les ateliers en groupe, ce qui est bien c’est qu’au niveau affectif, les gens créent des liens entre eux. Les personnes se sentent moins seules. Dans mes groupes, j’ai des personnes très différentes qui ont en commun l’envie d’aborder les aspects émotionnels de leurs problèmes avec le poids. Le fait de voir d’autres personnes qui ont d’autres préoccupations, ça aide à relativiser ses problèmes. Avec ce travail, je vois vraiment que c’est subjectif cette question de se trouver beau ou pas et de s’accepter ou pas physiquement. Le problème, c’est que les personnes boulimiques et anorexiques croient que la minceur résout tous les problèmes. Il faut donc changer de point de vue sur la maladie, aller d’un mode de croyance à un autre. Le fait d’accepter qu’on a un problème et de s’engager dans la thérapie, c’est surtout ça qui fait que ça marche ou pas.

Quel conseil donneriez-vous aux ados ?

Ne vous laissez pas trop influencer par l’image et la mode. Essayez de voir au-delà, d’affronter les vrais problèmes.  L’influence des médias est limitée car derrière, il y a un réel problème psychologique. Les anorexiques s’illusionnent car elles croient que la minceur c’est vraiment le bonheur. Je crois qu’elles essayent de correspondre à une image qu’elles ont dans la tête mais qui n’existe pas.  Donc le conseil c’est d’essayer de dépasser cette illusion pour aller à la rencontre des vrais problèmes : s’affirmer face à ses parents, avoir confiance en soi, trouver sa voie, son identité, ce qu’on veut faire dans la vie,…

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