Thème

Sous-thèmes

Article

Pourquoi les femmes souffrent-elles plus des TCA?

Pourquoi les femmes souffrent-elles plus des TCA?

On estime que 10 % des personnes souffrant des troubles du comportement alimentaire sont des hommes contre 90 % de femmes. Les TCA touchent donc toujours majoritairement les femmes, pourquoi ?

Il est difficile de répondre à cette question car ces maladies sont complexes et les causes diffèrent d’une personne à l’autre, d’un vécu à l’autre. Cependant, on peut tout de même éclairer quelque peu les raisons de cette disparité.

Puberté et perte de repères

Tout d’abord, on peut remarquer que la puberté démarre plus tôt et que les changements physiques sont également plus visibles chez les filles que chez les garçons. En effet, les seins se développent, les hanches s’élargissent, les règles apparaissent,… Mais quel rapport avec l’anorexie ou la boulimie ? Une des causes invoquées de ces maladies est la peur ou le refus de grandir et de se développer. L’adolescence est une période difficile, pleine de remises en question, de conflits intérieurs, de questionnements,…

La société actuelle ne répond pas bien à ces incertitudes et ces questions. Elle ne nous prépare pas aux changements physiques et mentaux que nous rencontrons à cet âge-là. Les adolescentes sont souvent angoissées face aux changements de leur corps. L’anorexie ou la boulimie peuvent parfois être considérées comme une manière d’éviter tous ces problèmes. La maladie permet d’effacer ces changements physiques et de se concentrer sur une chose concrète qu’on peut contrôler : le poids. Ce phénomène est psychologique et dans la majorité des cas, les malades n’en ont pas conscience.

Changements physiques

C’est aussi durant la puberté que les jeunes filles prennent du poids. C’est une chose tout à fait normale puisque le corps change et de nouvelles formes apparaissent. Cependant, cela peut parfois les effrayer et les pousser à suivre des régimes. Lors de l’adolescence, les filles sont souvent plus fragiles aux remarques de l’extérieur et surtout celles qui concernent les changements de leur corps. Dans le passé, les jeunes étaient davantage préparés aux changements de leur corps. La puberté survenait plus tard et la société, moins individualiste, était plus solidaire à l’égard des adolescents. Aujourd’hui, l’esprit est en retard sur le corps. Ce qui provoque des questions, des remises en question et surtout un mal-être qui peut dégénérer en maladie.

Les TCA : reflet de notre époque

On peut aussi penser que l’émancipation de la femme y est pour quelque chose. Le rôle de la femme n’est pas encore totalement défini et reconnu par tous dans notre société. Elle a plusieurs rôles : familial, professionnel, amoureux, … Ceux-ci ne sont pas toujours compatibles entre eux. De plus, la femme est sensible aux idéaux de beauté et de minceur prônés par la publicité et les médias. Puisqu’elle ne sait pas vraiment comment se positionner, elle cherche à correspondre à ces critères de beauté. La société est également plus ouverte à l’image de l’homme qu’à celle de la femme. Une femme en surpoids est beaucoup plus critiquée qu’un homme un peu trop rond. Elle sera plus vite considérée comme quelqu’un de paresseux qui ne sait pas se contrôler.

Tout cela engendre plus de préoccupations de la part des femmes par rapport à leur physique, ce qui explique qu’il y ait plus de femmes que d’hommes souffrant de TCA. Par contre, cela signifie aussi que les troubles seront moins facilement décelés chez les hommes et donc traités moins rapidement.

Les TCA : un tabou chez les hommes

Il est important de ne pas généraliser les troubles du comportement alimentaire aux femmes. Les hommes sont également atteints et leur souffrance est d’autant plus grande qu’elle n’est pas reconnue. Les sites ou les livres parlant de la maladie s’adresse plus souvent aux femmes qu’aux hommes. Les cas médiatisés sont toujours ceux de femmes. Les groupes de parole sont composés majoritairement voire complètement de femmes. Toutes ces idées reçues amènent les hommes qui souffrent de ces maladies à s’isoler des autres. Ressentant la honte d’être atteints par une « maladie de femme », c’est leur virilité qui est remise en question. Il n’est alors pas question pour eux d’en parler aux autres ni de demander de l’aide et leur souffrance est très grande.

Dossiers liés

Il n'y a pas de dossiers liés.

Tags liés

Ajouter un commentaire

captcha

(*) champs obligatoires, l’e-mail ne sera pas affiché sur le page.

Commentaires (0)