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Peut-on défendre n'importe quelle idée ?

Peut-on défendre n'importe quelle idée ?

On trouve des partis antidémocratiques à droite comme à gauche : ce sont les partis extrémistes. Ils rejettent tous les problèmes sur une catégorie de la population.

Aujourd'hui, les groupuscules d'extrême-gauche ne récoltent que des échecs électoraux. En revanche, les partis d'extrême-droite obtiennent des scores inquiétants surtout en Flandre. Leur point commun : montrer du doigt une partie de la population et l'accuser d'être responsable de tous les problèmes de la société. Pour l'extrême-droite, le coupable est l'immigré, qui serait le seul responsable de l'insécurité, le politicien, d'office corrompu ou l'habitant de l'autre partie du pays, à qui on donne trop d'argent. A l'extrême gauche, on veut casser la gueule aux riches, auxquels il faut faire payer la crise. Cibles différentes. Slogans simplistes dans les deux cas.

Ces partis extrémistes bénéficient notamment des votes de protestation. Leurs électeurs sont plus déçus par les partis démocratiques que convaincus par les programmes des partis extrémistes. Ils jouent sur le dégoût des autres partis qu'ils accusent, en des termes très durs, d'être machiavéliques ou incompétents, sinon les deux.

Pourquoi laisser ces partis se présenter aux élections?

En réalité, les formations extrémistes ne respectent ni la démocratie ni son fonctionnement. Elles s'en servent uniquement pour imposer des idées non-démocratiques. D'ailleurs, il n'est pas rare de voir des dirigeants de ces partis montrer leur admiration pour des dictateurs, tels qu'Hitler ou Staline.

S'il existe des lois pour lutter contre ceux qui répandent la haine ou admirent les criminels, il est, en pratique, très difficile d'empêcher les extrémistes de se présenter. Et pour cause : leurs discours et leurs tracts sont habilement corrigés par des juristes. Tous les citoyens comprennent pourtant contre qui sont dirigées leurs attaques. Mais, légalement, leurs textes sont rarement attaquables en justice.

Les interdire supprimerait-il le danger ?

Autre enjeu : interdire ces partis empêcherait-il des citoyens de penser comme eux ? N'y aurait-il pas un risque que les militants des partis extrémistes usent d'autres moyens pour défendre leurs idées, par exemple en commettant des attaques terroristes ?

Jusqu'à présent, les dirigeants des autres partis politiques ont préféré laisser ces partis exister, au nom de la liberté d'expression. A chaque dérapage des militants extrémistes, certains portent néanmoins plainte devant la Justice. La méthode à adopter face à ces partis ne fait pas l'unanimité. Ainsi, le Parlement a voté une loi pour supprimer les subsides aux partis hostiles aux Droits de l'homme. Mais n'a jamais fait appliquer cette mesure.

 

Illustration issue du cahier pédagogique : "La Communauté française, à quoi ça sert?", téléchargeable sur le site du Parlement de la Communauté française : http://www.pcf.be.

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