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Immigrés, étrangers, allochtones : de qui parle-t-on ?

De plus en plus souvent, des termes tels qu’ « immigrés », « étrangers » ou « allochtones » sont utilisés pour désigner le même phénomène, sans faire de différence. Que signifient-ils ? Quelles sont leurs différences et leurs implications politiques ?

Immigré?

Tout d’abord, au niveau juridique, le terme d’immigré n’existe pas. Seul celui d’étranger est défini. Au regard de la loi, il existe des Belges et des étrangers, c’est-à-dire ceux ayant une autre nationalité.

Par contre, dans l’usage courant et politique, le terme d’immigré est très souvent utilisé. Un immigré est un étranger entrant et s’installant dans un pays d’accueil. Par rapport à son propre pays, il est un émigré (il l’a quitté pour s’installer à l’étranger). L’émigration et l’immigration sont donc deux phénomènes liés à la migration d’un individu, selon le pays de référence (de départ ou d’accueil). Il est donc impropre de désigner en tant qu’immigré quelqu’un étant né dans le pays et n’ayant donc jamais migré.

Pourtant, à partir des années 1970-80, la catégorie « immigré » apparaît dans le débat politique et en vient à désigner un individu d’origine étrangère, généralement marocain, turque et/ou musulman. Peu importe que l’individu soit Belge et né en Belgique, il reste un descendant d’immigré ou un « immigré seconde génération ». Peu importe également que la majorité des immigrés soient Italiens, Français ou Néerlandais. La question de l’immigration en vient donc à se confondre, de façon erronée, avec celle de l’intégration de populations différentes culturellement et religieusement.

Allochtone

De plus, le terme d’allochtone est très utilisé, à partir des années 1990, dans la Communauté flamande et la Région flamande. Est « autochtone » toute personne qui avait la nationalité belge à la naissance ; est « allochtone » toute personne, de nationalité belge ou non, qui n’avait pas la nationalité belge à la naissance. Ainsi, des jeunes nés en Belgique de parents étrangers sont des allochtones. Encore une fois, c’est l’origine de l’individu qui domine et ce dernier est enfermé dans sa catégorie d’appartenance. D’ailleurs, ceux qui ont acquis la nationalité belge par naturalisation sont souvent appelés les « nouveaux belges ».

Minorité culturelle

Pour éviter les amalgames, le rapport de la Commission interculturelle de 2005 propose d’abandonner les termes d’immigré ou d’allochtone et propose celui de minorité culturelle pour souligner la commune appartenance à la Belgique malgré les différences culturelles.

Réfugié

Enfin, il faut également distinguer, au sein des étrangers, les réfugiés politiques et les « sans-papiers ». Les réfugiés sont ceux bénéficiant du droit d’asile en Belgique parce qu’ils sont persécutés dans leur pays ou qu’ils y risquent leur vie. Il faut donc clairement différencier les réfugiés politiques des migrants économiques : les premiers migrent parce qu’ils fuient une persécution d’ordre politique et sont pour cela protégés par le droit international. 

Sans-papiers

Les « sans-papiers » sont des étrangers n’ayant pas de titre de séjour valable en Belgique, pour différentes raisons : soit ils sont entrés illégalement sur le territoire, soit ils sont rentrés légalement et sont devenus illégaux par la suite (pour des raisons personnelles mais aussi selon l’évolution de la législation concernant les droits des étrangers et l’acquisition de la nationalité).

Les déboutés du droit d’asile (ceux dont le statut de réfugié n’a pas été accepté) deviennent souvent des « sans-papiers ». La régularisation de ces personnes précarisées vise à leur donner un permis de séjour, condition minimum à leur intégration.

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Commentaires (1)

  • flo111

    De flo111,
    07 novembre 2011 à 16h36

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