Thème

Sous-thèmes

Article

Aller à l'article :

Homosexualité et homophobie à travers l’histoire

Si l’homosexualité, c’est-à-dire une relation amoureuse entre deux personnes du même sexe, a toujours existé, elle a difficilement et tardivement été acceptée en Europe. Pour le comprendre, il faut revenir sur l’héritage culturel et religieux européen. Cette histoire concerne essentiellement l’homosexualité masculine, son pendant féminin étant relativement invisible jusqu’à une époque récente.

Les sociétés pré-chrétiennes

Dans la Grèce antique, les relations entre hommes sont encouragées. Les adolescents doivent être initiés par des hommes adultes à la vie sociale et politique, mais aussi à la vie sexuelle. L’objectif n’est donc pas le plaisir ou l’amour mais l’éducation, qui ne peut être prise en charge par les femmes considérées comme des êtres inférieures.

Entre femmes, l’homosexualité est appelée lesbianisme (ou saphisme), les deux termes font référence à la poétesse grecque Sapho de l’île de Lesbos, où elle tenait un collège de jeunes filles, et dont les poèmes passionnés envers ses amies et la vie entourée d’autres femmes lui ont valu la réputation d’homosexuelle.

A Rome, l’initiation sexuelle n’est plus au programme de l’éducation, mais la virilité fait l’objet d’un véritable culte. L’homosexualité masculine est largement répandue entre hommes libres et esclaves ou affranchis. L’empereur Néron fait même châtrer l’un de ses esclaves, avant de le prendre publiquement pour épouse !

Le Moyen Âge et la montée du christianisme

En 313, le christianisme devient religion d’État et quelques décennies plus tard, les relations entre hommes deviennent des « crimes contre la dignité humaine ». L'argument principal, au-delà de la simple et formelle condamnation biblique, était que ces comportements ne menaient pas à la reproduction, menaçaient l'ordre public, la jeunesse, la survie de la famille et de la civilisation.

A partir du 13e siècle, les persécutions s’intensifient. Saint-Thomas d’Aquin (1225-1274) codifie la morale sexuelle chrétienne et juge les actes entre personnes de même sexe contre nature. En Espagne, en France, en Angleterre ou en Italie, les actes sodomites sont passibles de castration et de mort. Les relations entre femmes entraînent l’ablation du clitoris, des seins puis le bûcher.

De la Renaissance au siècle des Lumières

Pendant la Renaissance, l’amour des garçons, et surtout le culte de la beauté masculine, est à nouveau valorisé dans la littérature, la sculpture et la peinture. Léonard de Vinci en devient le plus célèbre défenseur.

Le 18e siècle voit apparaître une nouvelle figure de l'homosexuel : le libertin flamboyant et efféminé. Graduellement, la sodomie est perçue comme un goût plutôt qu'un vice, même s'il demeure sujet à railleries. Les exécutions diminuent et les dernières ont lieu en 1750.

C’est la Révolution française qui, dans un mouvement pionnier en Europe, va décriminaliser les actes sexuels entre personnes du même sexe. Le code Napoléon confirme cette tendance et influencera les autres pays européens.

L’époque moderne : entre émancipation et persécutions

Il semblerait que ce soit Karl Heinrich Ulrichs qui, le premier, affiche publiquement sa préférence pour les hommes et tente de faire admettre son comportement, lors d’un congrès des juristes allemands en 1867. Il sera sifflé par ses collègues, avant d’être emprisonné.

Les mots « homosexualité » et « hétérosexualité » apparaissent à la même période, sous la plume du psychiatre hongrois Kertbeny. L’attirance entre personnes du même sexe devient une maladie. Pour Freud, elle est la conséquence d’un échec dans le développement de sa sexualité, c’est une pathologie, une perversion qui s’oppose à l’état normal.

En 1897, le neurologue Hirschfeld fonde le Comité Scientifique Humanitaire (CSH), le premier groupe socio-politique organisé pour lutter contre les discriminations qui frappent  les homosexuels. Mais au début du 20e siècle, l’homosexualité, au même titre que le féminisme et le judaïsme, sont vus comme néfastes et propres à mener une nation à la ruine.

Pourtant, progressivement, de plus en plus de représentants des lettres et des arts affichent leur homosexualité (ou bisexualité): Rimbaud et Verlaine, Gide, Proust, Cocteau, Ravel, Nijinski, Kipling, Mann, etc., et du côté des femmes Vivien, Woolf, Colette ou Yourcenar.

C’est toutefois le 20e siècle qui verra les persécutions les plus massives à l’égard des homosexuels. En Russie, dès 1934, Staline procède à des purges homosexuelles, sous prétexte de combattre un « produit de la décadence bourgeoise » et la « perversion fasciste ». En Allemagne, l’arrivée d’Hitler au pouvoir entraîne la fermeture des associations et lieux homosexuels, la destruction des livres et photographies et l’internement dans les camps de concentration. Porteurs du triangle rose sur leur uniforme de prisonnier, 5000 à 15.000 homosexuels meurent dans les camps.

La fin de la guerre ne sonne toutefois pas la fin des persécutions. Aux Etats-Unis, Mac Carthy combat autant les communistes que les homosexuels. En Europe, l’homosexualité est toujours vue comme un fléau social jusqu’aux années 1960.

Ajouter un commentaire

captcha

(*) champs obligatoires, l’e-mail ne sera pas affiché sur le page.

Commentaires (1)

  • egyptelovegirl@hotmail.com

    De egyptelovegirl@hotmail.com,
    24 août 2010 à 05h43

    mon fils est hommosexuel: et j en ai pas honte je suis fiére de se qu il est et je l aime malgrè tout; les hommosexuels sont des gens comme tout le monde et moi sa ne me gene pas du tout