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K.Diallo (GAMS):"Il faut éviter à d’autres enfants d’être mutilés"

K.Diallo (GAMS):"Il faut éviter à d’autres enfants d’être mutilés"

Cette année, l’association GAMS Belgique fêtera ses 10 ans. Cette association lutte contre les mutilations génitales féminines en Belgique et dans le monde. La fondatrice du GAMS Belgique, Khadidiatou Diallo, élue Femme de l’Année 2005, a elle-même été victime d’une mutilation à l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, elle se bat quotidiennement pour que d’autres enfants ne connaissent pas le même sort. 

Comment en êtes-vous arrivé à fonder le GAMS Belgique ?

Quand je suis arrivée en Belgique, je me suis inscrite au Collectif Alpha [centre d'alphabétisation] où j’ai appris à lire et à écrire. Pour obtenir mon certificat de base, je devais réaliser un travail sur un sujet de mon choix. Et j’ai décidé de parler des mutilations génitales féminines. J’ai dû récolter beaucoup de documentation, j’ai fait plusieurs interviews,… C’est comme ça que je me suis rendue compte qu’il était nécessaire de créer un espace où toutes les personnes touchées par ces pratiques puissent se rencontrer et être aidées. J’ai réussi mon examen et, en 1996, l’asbl GAMS Belgique est née.

Ça n’a pas du être facile au début…

Nous sommes partis de rien. Nous ne trouvions pas de subsides et nous n’avions aucune expérience. Et puis, à force d’être confrontés à la dure réalité, nous avons acquis un certain savoir-faire. Nous avons dû faire face à des situations parfois très difficiles où nous ne savions pas toujours comment réagir. Je me souviens plus particulièrement d’une jeune fille qui était en danger de mort suite à une opération ratée d’infibulation. J’avais réussi à contacter la Ministre de l’égalité des chances en Flandres qui avait accepté de m’aider. La jeune fille a très vite été admise à l’hôpital où elle fut opérée et défibulée [la défibulation consiste en l’agrandissement de l’orifice laissé au moment de l’infibulation]. Malheureusement, son frère l’a appris et est venu la chercher pour l’infibuler à nouveau. Nous n’avons rien pu faire.

A l’époque, nous n’avions encore ni subsides ni locaux. Notre situation s’est améliorée depuis mais elle est encore loin d’être idéale : nous allons bientôt être obligés de déménager de nos bureaux et nous ne savons pas encore si nos subsides vont être renouvelés cette année.

Que fait le GAMS Belgique aujourd’hui ?

Actuellement, nous faisons beaucoup de sensibilisation sur les mutilations génitales féminines dans les écoles et dans les plannings familiaux. Mais nous nous battons aussi pour que les mutilations soient connues de la police et des avocats afin qu’ils puissent réagir en cas de plainte. Et nous essayons d’informer au maximum les médecins pour qu’ils informent à leur tour et qu’ils soient capables de soigner une femme victime des mutilations.

L’information dans les communautés immigrées reste une priorité de GAMS. Nous leur expliquons exactement ce que sont les mutilations génitales féminines. Nous présentons les dangers que l’opération comporte et expliquons que la blessure qui en résulte peut faire souffrir la femme toute sa vie. Généralement, un dialogue s’installe rapidement et, à l’aide d’exemples, de documentation et d’images, nous parvenons à faire passer notre message.

Quelle est la situation actuelle en Belgique ? 

Nous n’avons aucune donnée précise sur le nombre de mutilations effectuées en Belgique. Mais nous savons que c’est une pratique courante dans certaines communautés immigrées, même dans celles qui sont établies en Belgique depuis longtemps. Nous accueillons régulièrement des jeunes filles victimes d’une mutilation génitale. Les raisons invoquées sont les mêmes qu’en Afrique : fertilité, propreté, tradition, religion,…

Que faites-vous quand une femme mutilée fait appel à vous ?

Nous essayons avant tout de l’aider à surmonter son traumatisme. Nous travaillons en étroite collaboration avec le centre psycho-médico-social "Exil"qui nous aide dans cette étape. Il est important que la femme parvienne à accepter sa blessure. En aucun cas nous ne culpabilisons les sociétés qui pratiquent l’excision et autres mutilations. Mais il est important de leur faire comprendre que le monde a changé et que chacun a le droit de vivre entièrement. Il est important que notre message soit transmis pour éviter que d’autres enfants soient mutilés à l’avenir.

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Commentaires (1)

  • arlette

    De arlette,
    14 octobre 2009 à 06h31

    doc