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MGF, entre loi et réalité

MGF, entre loi et réalité

La pratique des mutilations génitales féminines est une violation des droits fondamentaux des enfants et des femmes. Pourtant, les MGF restent répandues. Des associations actives sur le terrain poursuivent leur lutte contre cette pratique et, parfois, aboutissent à des résultats encourageants.

Que dit la loi ?

Les mutilations génitales féminines sont des pratiques contraires aux droits fondamentaux reconnus dans de nombreux textes internationaux. La Convention internationale des droits de l’enfant énonce, par exemple, « le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible ».

La Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes ajoute que « les Etats devraient mettre en oeuvre sans retard, par tous les moyens appropriés, une politique visant à éliminer la violence à l'égard des femmes ».

De nombreuses organisations qui défendent les droits de l’homme et luttent contre la violence et les traitements cruels, inhumains ou dégradants se sont engagées contre les mutilations génitales féminines. Plusieurs pays ont également condamné ces pratiques dans leur constitution. La Belgique en fait partie au même titre que certains pays d’Afrique comme le Sénégal, le Burkina Faso ou le Soudan.

Et pourtant…

Malgré les condamnations nationales et internationales des MGF, le nombre de victimes ne diminue pas dans la majorité des régions où les mutilations ont lieu. Certains pays sont plus touchés que d’autres. Au Mali par exemple, la situation est critique puisque les statistiques révèlent que plus de 90% des femmes maliennes ont subi une mutilation génitale. En Guinée, le nombre de victimes dépasse les 80%. Au Burkina Faso, alors que le pays lutte contre les MGF depuis longtemps, 66% des femmes étaient encore excisées en 2005, contre 70% vingt ans plus tôt.

Ces pratiques ne concernent pas uniquement le continent africain puisque, selon l’UNICEF, 30 000 filles excisées ou mutilées vivent actuellement en France. La même source nous apprend que 3 millions de filles dans le monde sont chaque année victimes de l’excision.

Comment lutter ?

Les mentalités changent difficilement et le tabou qui entoure tout ce qui est d’ordre sexuel en Afrique rend la tâche encore plus ardue. Les personnes qui pratiquent les mutilations vivent généralement dans l’ignorance et n’ont aucun accès à l’information. Pour lutter efficacement contre les MGF, il est donc impératif de lever les tabous et d’informer les populations concernées. 

L’éducation est la première étape à franchir pour que la communauté soit consciente des risques. L’ONG Tostan (qui signifie « sortir de l’œuf » en wolof, la langue la plus parlée au Sénégal) l’a bien compris.  En effet, cette organisation, active au Sénégal depuis 1991, a inclut un programme d’éducation permanente dans son combat contre l’excision. L’information des populations passe également par les autorités morales et religieuses qui ont une grande influence sur leurs communautés. En effet, si les chefs du village sont convaincus du bien-fondé de la lutte contre les mutilations, ils convaincront généralement à leur tour.

Les différents gouvernements des pays concernés doivent aussi être sensibilisés et rédiger des lois qui interdisent les MGF. Des campagnes de préventions nationales peuvent également être menées par des associations avec l’aide du gouvernement du pays concerné.

Enfin, certaines organisations ont décidé de former des infirmiers et des médecins afin qu’ils puissent prévenir la population et soigner les victimes.

Quelques succès…

La lutte contre les MGF est un travail de longue haleine qui est loin d’être terminé. Mais il est possible de faire évoluer la situation. Certaines associations qui travaillent sur le terrain l’ont prouvé à plusieurs reprises. A titre d’exemple, en novembre 2005, l’Organisation nationale pour les enfants, la femme et la famille a réussi  convaincre 75 exciseurs ivoiriens de suspendre leurs activités. L’ONG Tostan, créée en 1991, a mis un terme à l’excision dans 1 600 villages sénégalais. Au Burkina-Faso, le Centre national de lutte contre la pratique de l’excision a créé un bloc opératoire où des médecins formés soignent les victimes de l’excision et effectuent des réparations des séquelles dans la mesure du possible. Ces quelques exemples prouvent qu’il est possible de lutter contre les mutilations génitales féminines et d’empêcher que ces pratiques se reproduisent éternellement.

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Commentaires (1)

  • arlette

    De arlette,
    14 octobre 2009 à 06h31

    doc