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Virginie Blanquet (projet Diane): « Les femmes à la tête d'entreprises manquent de reconnaissance »

« Les femmes à la tête d'entreprises manquent de reconnaissance »

Virginie Blanquet est l’une des responsables du projet Diane, initié en 2002. Conseillère en entreprenariat féminin au sein de l’Union des Classes Moyennes (UCM), Virginie a accepté de nous parler de ce projet né d’une simple constatation : moins d’un entrepreneur sur 3 est une femme. Le but du projet ? Favoriser les "entreprises au féminin" via la création d’un réseau professionnel, de formations,...

Comment est né le projet Diane ?

Le projet est né d’un constat : les entreprises dirigées par des femmes sont toujours très minoritaires aujourd’hui. De plus, la majorité de ces entreprises sont de petite taille et ont tendance à ne pas s’agrandir. Dans le cadre du projet européen EQUAL qui vise à combattre les inégalités dans le monde du travail, nous avons décidé d’agir au sein de la Belgique et de favoriser l’émergence des entreprises de femmes. Il s’agit d’encourager les femmes à créer de nouvelles entreprises mais également de faciliter la croissance des entreprises déjà dirigées par une femme. Dans un premier temps, nous avons effectué un état des lieux de la situation des "entreprises au féminin" en Belgique.

Quels ont été les résultats de cette enquête ?

Un profil-type de la femme indépendante a été dégagé. Celle-ci a environ 40 ans. Elle est en couple, a 2 ou 3 enfants et un diplôme élevé (graduat ou universitaire). Ce portrait est étonnant et s’oppose au stéréotype selon lequel la femme indépendante est jeune, célibataire, sans enfant,…

Dans la majorité des cas, les entreprises dirigées par les femmes sont des entreprises commerciales (40%) ou de services aux personnes (35%). Cette constatation nous a permis de comprendre, entre autre, pourquoi les femmes rencontraient souvent plus de difficultés pour obtenir un financement. En effet, si les  banquiers sont moins enclins à accorder un prêt à ces entreprises, c’est davantage en raison du secteur d’activité, généralement jugé peu rentable, que parce que ce sont des femmes qui les dirigent, comme on le croit souvent.

A quels types de difficultés la femme indépendante doit-elle faire face ?

Parvenir à concilier vie professionnelle et familiale n’est pas toujours facile pour les femmes entrepreneurs. De plus, les réseaux professionnels qui permettraient une reconnaissance sociale et professionnelle des femmes à la tête d’entreprises manquent cruellement. Nous avons également constaté que les femmes étaient souvent absentes des formations professionnelles. Cela s’explique simplement par le fait qu’elles ont généralement lieu en soirée, moment qui ne convient généralement pas aux femmes qui doivent s’occuper de leur famille en dehors de leur travail. Il en découle que les thématiques qui y sont abordées concernent plus souvent les hommes que les femmes et que les contacts professionnels qui se créent à ces occasions excluent involontairement les femmes.

Qu’est-ce qui a été mis en place dans le cadre du projet Diane ?

Nous voulons avant tout réussir à véhiculer une image positive et réaliste des femmes entrepreneurs. Pour cela, nous avons mis sur pied le réseau Diane qui offre aux femmes indépendantes la possibilité de se rencontrer chaque mois et d’échanger leurs expériences. Nous proposons également des formations (en matinée !) pour les femmes qui souhaitent se lancer dans la création d’entreprises d’un côté et celles qui veulent développer les activités de leur entreprise de l’autre. Enfin, nous avons voulu apporter une aide aux jeunes mères indépendantes qui ne bénéficient que de 6 semaines de congé de maternité. A titre de comparaison, une mère salariée a droit à 15 semaines. Suite à une recommandation des responsables du projet Diane, depuis janvier 2006, les jeunes mères indépendantes bénéficient de titres-services qui lui permettent d’engager quelqu’un pour s’occuper du nouveau-né, du ménage,…


 

A travail égal… Salaire égal ? Pas toujours…

Le 16 février 1966, plus de 3000 travailleuses de la Fabrique Nationale d’armes de Herstal entament une grève autour d’une revendication : A travail égal, salaire égal. Qu’en est-il après 40 ans ? Aujourd’hui, l’écart de salaire entre les hommes et les femmes en Belgique est de 24%. Pour gagner ce que l’homme gagne en une année, la femme doit travailler 15 mois, révèle un article du journal Le Soir (16/02/2006). Cela s’expliquerait en partie par le fait que les femmes se dirigent plus souvent vers des professions et des secteurs moins rémunérés. De plus, les femmes occupant des postes de direction sont moins nombreuses que les hommes. Elles travaillent souvent à temps partiel et bénéficient moins souvent de formations et de promotions.


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