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Isabelle Capiaux (Amazone): « Il faut du courage pour continuer à être féministe dans certains pays musulmans »
« Il faut du courage pour continuer à être féministe dans certains pays musulmans »
L’association Amazone coordonne tout au long de l’année le projet "Femmes et sociétés en transition". Dans ce cadre, des femmes issues de 3 pays musulmans sont invitées à témoigner de leur combat vers une plus grande égalité. Isabelle Capiaux, coordonnatrice du projet en Belgique, nous en dit plus…
Pourquoi avoir lancé le projet "Femmes et sociétés en transition" ?
Le but du projet était de créer un réseau féminin luttant pour une plus grande reconnaissance des femmes dans les sociétés "en transition". Trois rencontres sont prévues au cours de l’année 2006 dans les trois pays collaborant au projet : le Maroc, la Turquie et l’Iran. Lors de ces rencontres, des femmes issues de ces trois pays sont amenées à se rencontrer autour d’un thème particulier. A partir de cet échange et du partage des expériences de chacune, nous espérons parvenir à aider à l’amélioration de la condition des femmes dans ces pays.
La première rencontre a eu lieu en février 2006 à Casablanca. Comment cela s’est-il passé ?
Ce fut vraiment très intéressant. Au Maroc, l’adoption récente d’un nouveau Code de la famille constitue une réelle amélioration de la condition de la femme dans ce pays. Certaines des personnes ayant initié les changements opérés dans le Code de la famille sont intervenues et nous ont expliqué comment elles avaient procédé pour mener leur action de lobbying politique. Pendant 5 jours, nous avons eu l’occasion d’en débattre, de pointer certains enjeux pour l’avenir du pays en matière d’égalité, de visiter des associations marocaines qui luttent pour défendre le droit des femmes,…
Personnellement, j’ai beaucoup appris de cette première rencontre. Aujourd’hui, je porte un regard très différent sur les femmes que j’ai rencontré lors du premier séminaire. Je trouve qu’elles ont énormément de volonté et de courage pour continuer de mener un combat féministe dans ces pays musulmans pas toujours ouverts à ce type de débat.
Et la Belgique dans tout ça ?
Un séminaire de clôture devrait être organisé en Belgique en mars 2007 afin de faire le point sur l’année écoulée. Un réseau verra également le jour afin de maintenir les relations entre toutes les femmes participantes.
Je pense que la Belgique a beaucoup à apprendre de ces rencontres. Par exemple, pour parvenir à accompagner correctement les femmes originaires de ces pays résidant en Belgique. Ce n’est pas toujours facile pour elles de coordonner le droit belge avec leurs cultures et tradition. Grâce aux témoignages et aux expériences partagées lors de ces rencontres, nous pouvons davantage nous rendre compte de la situation des femmes immigrées en Belgique et les aider. Et puis ces rencontres permettent de renouveler le mouvement féministe qui a tendance à s’essouffler aujourd’hui en Belgique.
Sommaire
- Evolution des inégalités hommes-femmes en Europe depuis un siècle
- Citoyenneté politique des femmes en Belgique depuis 1830
- L'homme, la femme et la pub
- Marie, pompière : "Je dois toujours en faire deux fois plus que les autres"
- Hafida Bashir: « Le sexisme est une forme de discrimination au même titre que racisme"
- Isabelle Capiaux (Amazone): « Il faut du courage pour continuer à être féministe dans certains pays musulmans »
- Virginie Blanquet (projet Diane): « Les femmes à la tête d'entreprises manquent de reconnaissance »









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