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Marie, pompière : "Je dois toujours en faire deux fois plus que les autres"
Marie Jacqmain a obtenu son diplôme de pompier à 17 ans. Aujourd’hui, ce petit bout de femme poursuit des études d’infirmière parallèlement à ses activités de pompière. Seule fille de sa caserne, Marie doit constamment prouver que, comme les autres, elle a sa place dans l’équipe.
Le métier de pompier est un métier presque exclusivement masculin. Ça n’a pas dû être facile de s’intégrer dans ce milieu en tant que femme…
C’était très dur au début. Non seulement je n’étais pas acceptée par autres élèves de ma formation, mais par certains professeurs non plus. J’ai dû leur prouver à plusieurs reprises que j’avais ma place au même titre que les autres dans le groupe. Pendant longtemps, ils ont essayé de me faire craquer physiquement et mentalement. Ils pensaient que je ne tiendrais pas le coup. Il a fallu que j’oublie mes faiblesses et que j’apprenne à me surpasser constamment pour y arriver.
Et aujourd’hui, comment ça se passe ?
Même après 10 ans d’expérience, je dois toujours en faire deux fois plus pour être considérée au même titre que les autres. Mais ils ont fini par m’adopter. Au point qu’aujourd’hui, ils demandent parfois pour partir en mission avec moi plutôt qu’avec leurs collègues. Et puis, il arrive que, lors de certaines missions, j’ai 4 ou 5 hommes sous mes ordres. Et cela ne leur pose plus aucun problème.
Je travaille avec certains d’entre eux depuis tellement longtemps qu’ils ne me voient même plus comme une fille. Sauf quand on sort en boîte. Là, ils deviennent très protecteurs et refusent qu’un autre mec s’approche de moi ! En réalité, c’est davantage à leurs femmes que ma présence parmi eux pose problème. Généralement, soit elles pensent que je suis lesbienne, soit elles sont jalouses et imaginent que je ne cherche qu’à leur voler leur mari.
N’y a-t-il pas des circonstances où avoir une femme dans l’équipe est un "plus" ?
Oui, je pense que le fait d’avoir une femme dans une caserne est bénéfique pour tout le monde. Surtout dans certaines situations. Il arrive, par exemple, que nous ayons affaire à une femme qui a été violée ou maltraitée. Dans ces cas là, les mecs me laissent faire car ils savent qu’elle se sentira plus à l’aise avec une femme qu’avec un homme.
Tu dois souvent entendre que les femmes n’ont rien à faire dans ce métier…
J’ai horreur d’entendre ça. Quand quelqu’un me fait une remarque de ce genre, ça me révolte et me donne envie de prouver que je suis tout aussi capable qu’un homme de mener ma mission à bien. Voire mieux !
Sommaire
- Evolution des inégalités hommes-femmes en Europe depuis un siècle
- Citoyenneté politique des femmes en Belgique depuis 1830
- L'homme, la femme et la pub
- Marie, pompière : "Je dois toujours en faire deux fois plus que les autres"
- Hafida Bashir: « Le sexisme est une forme de discrimination au même titre que racisme"
- Isabelle Capiaux (Amazone): « Il faut du courage pour continuer à être féministe dans certains pays musulmans »
- Virginie Blanquet (projet Diane): « Les femmes à la tête d'entreprises manquent de reconnaissance »









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