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Citoyenneté politique des femmes en Belgique depuis 1830

Aujourd’hui, les femmes peuvent voter et être élues à tous les niveaux de pouvoir. Cependant, il y a moins d’un siècle, elles étaient totalement absentes de la scène politique en Belgique. Bref retour en arrière...

Le chemin vers les urnes

Le 27 mars 1948, les femmes obtenaient le droit de vote en Belgique. Ce droit fut accordé en remerciement de leur attitude patriotique durant la seconde guerre mondiale. Mais la revendication n’était pas nouvelle. La Ligue du Droit des femmes réclamait ce droit depuis 1895. Cette requête fut soutenue par le parti catholique qui y voyait l’occasion d’augmenter le nombre d’électeurs en sa faveur, les femmes étant majoritairement conservatrices à l’époque. Inversement, les libéraux s’opposaient au vote féminin par crainte de voir le parti catholique se renforcer davantage.  

Une première étape vers le vote des femmes est franchie dès 1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, le suffrage universel dès 21 ans est accordé aux hommes et à certaines femmes : celles qui ont adopté un comportement « héroïque » pendant la guerre, les veuves de soldats et les mères des soldats décédés si elles sont elles-mêmes veuves. L’année suivante, le droit de vote aux élections communales est accordé à toutes les femmes, à l’exception des prostituées. Les femmes se rendront en masse sur le chemin des urnes le jour des élections communales du 24 avril 1921.

Les femmes dans le monde politique

Paradoxalement, si les femmes n’ont obtenu le droit de vote pour tous les niveaux de pouvoir qu’en 1948, elles étaient, depuis 1920, éligibles à la Chambre et au Sénat. Et dès 1921, elles pouvaient devenir bourgmestre et échevin, moyennant l’accord de leurs maris.  

En 1921, Maris Spaak-Janson, fille du ministre Paul Janson, est la première femme à siéger au Sénat. Lucie Dejardin, une ouvrière wallonne, est, en 1929, la première femme élue directement à la Chambre. Malgré cette évolution, les femmes restent très minoritaires au Parlement entre 1921 et 1940 puisqu’elles représentent à peine 1% de l’ensemble des parlementaires.

Les élections de 1949 n’entraîneront pas une féminisation massive de la vie politique. Le nombre d’élues au Parlement reste encore très peu élevé. Ce n’est qu’en 1974 que la situation va réellement changer. Ce tournant s’explique par  l’action "Votez femme", mise en place en prévision des élections du 10 mars 1974 et invitant les partis traditionnels à inscrire plus de femmes sur les listes électorales. Au lendemain de cette élection, 6,6% des élus parlementaires seront des femmes. Par la suite, le nombre de femmes dans le monde politique augmentera progressivement jusqu’à dépasser les 33% aux élections fédérales de juin 2003.

Le système des quotas

Les quotas ont été instaurés afin d’accroître la représentation des femmes dans les instances politiques. Cette mesure s’inscrit dans une démarche de discrimination positive à l’égard des femmes. C’est aux élections de 1999 que le système de quotas fut appliqué pour la première fois en Belgique. Concrètement, les partis politiques devaient présenter aux électeurs des listes où au moins une personne sur trois était une femme. Cette proportion a récemment été modifiée puisque, lors des élections fédérales de 2003, les listes électorales devaient comporter le même nombre d’hommes et de femmes. De plus, les trois premières places de la liste devaient comprendre au moins une personne de chaque sexe. Résultats ? En 2003, un parlementaire sur trois était une femme au niveau fédéral. Et, lors des élections régionales de 2004, un élu sur quatre était une femme. Ces chiffres révèlent les énormes progrès réalisés en moins d’un siècle en matière de parité politique en Belgique.

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