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Evolution des inégalités hommes-femmes en Europe depuis un siècle

Evolution des inégalités hommes-femmes en Europe depuis un siècle

Pour comprendre les inégalités entre les hommes et les femmes aujourd'hui, il est important de revenir sur les changements historiques qui ont permis aux femmes d'acquérir de plus en plus de droits. En Europe, l'évolution tend vers une égalisation des conditions de vie, même si les femmes restent désavantagées dans plusieurs domaines.

Femmes et vie politique

Globalement, en Europe, les femmes accèdent au droit de vote un demi-siècle après les hommes. Les premières sont les Finlandaises en 1906, mais il faut attendre 1944 et 1948 respectivement pour la France et la Belgique et 1975 pour le Portugal ! Jusqu'à ces dates, les femmes sont considérées comme des mineures, trop influencées par les opinions de leur mari ou de leur père. Leur dépendance économique et sociale les empêche d'être reconnues en tant que citoyennes libres ayant un esprit critique.

Mais si les femmes peuvent voter, elles sont encore peu nombreuses à se présenter aux élections. Dans les parlements nationaux, elles ne représentent que 9% des parlementaires en Grèce et 23% en Belgique. La Suède fait exception avec 43% de femmes siégeant au Parlement. Toutefois, ces dernières années, et tout particulièrement en 2005-2006, quelques-unes accèdent à la tête de leur pays : Angela Merkel en Allemagne, Michelle Bachelet au Chili ou encore Ellen Johnson-Sirleaf au Libéria.

Femmes et vie privée

La lutte pour l'égalité s'est d'abord inscrite dans le privé et le quotidien. Dans de nombreux pays européens, jusqu'au milieu du 20ème siècle, l'infidélité féminine est un délit tandis que les maris ne risquent qu'une faible amende (et encore, si l'infidélité est prouvée et répétée). En France, il faut attendre 1965 pour qu'une femme mariée puisse exercer une activité professionnelle sans l'accord écrit de son mari.

Si l'égalité entre homme et femme est désormais inscrite dans la constitution européenne (et dans de nombreuses constitutions nationales), des discriminations économiques et sociales existent toujours. Tout d'abord, les femmes consacrent toujours davantage de temps au travail domestique (ménage, cuisine, enfants, etc.), même si les conjoints participent de plus en plus.

Ensuite, dans le monde du travail, le plus frappant est le peu de femmes à des postes de hauts cadres ou de dirigeants (moins de 10% en moyenne en Europe), alors que généralement les filles réussissent mieux à l’école et au cours des études supérieures. Au niveau des salaires également : à travail égal, les femmes perçoivent une rémunération inférieure de 20 à 30% à celle de leurs collègues. Pourtant, dès le Traité de Rome en 1957, les pays européens (Belgique, France, Allemagne, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) se sont engagé à appliquer l’égalité des rémunérations entre hommes et femmes pour un même travail. Malgré cela, de fortes différences subsistent. En 1966 en Belgique, 3000 ouvrières de la Fabrique nationale d’armes de guerre déclenchent une grève historique en réclamant l’application du principe « A travail égal, salaire égal ». Elles sont soutenues par plusieurs mouvements féministes en Europe et obtiennent, l’année suivante, l’inscription du principe dans la loi belge.

Comment lutter contre ces inégalités ?

Pour lutter contre ces inégalités, certains proposent de mettre en place des quotas qui garantissent l'égal accès entre hommes et femmes à des postes ou des fonctions, à l'exemple des Etats-Unis. Une loi sur la parité est votée en 2000 en France puis en 2002 en Belgique, imposant aux listes des partis politiques de présenter autant de candidates que de candidats aux élections législatives. Cependant, les femmes sont généralement positionnées en fin de liste et elles ont donc moins de chances d’être élues. Pour cette raison, la loi impose également en Belgique une alternance homme/femme aux trois premières places en tête de liste, c’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait au moins une femme.

Ces politiques sont pourtant critiquées, notamment parce qu'elles entraînent une autre distinction que celle du mérite et du talent : le choix se fait selon le sexe et non selon les aptitudes et les compétences personnelles. Aujourd’hui, le débat est donc de savoir s’il faut imposer, par la loi, la parité ou laisser les femmes conquérir seules leur émancipation.

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