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Le sikhisme : histoire et principes

Le sikhisme a été fondé à la fin du 15ème siècle au Pendjab (région d'Asie divisée depuis 1947 entre l'Inde et le Pakistan) par le Gourou (=maître) Nanak, qui tente de réunir les traditions hindouistes et musulmanes.

Histoire

Guru Nanak (1469-1538), fondateur du sikhisme, naît dans le village de Talwandi, dans l'actuel Pakistan. De parents hindouistes, il est fasciné dès son enfance par la spiritualité. Il décide de voyager à travers l’Inde, dans les pays environnants avant d'entamer un long périple au cœur du monde musulman. Après plusieurs années, il réunit une communauté à Kartarpur, " la Ville du Créateur ", où il enseigne à des disciples d’origine hindoue et musulmane. Selon lui, la religion est un lien pour unir les hommes et " Il n'y a ni hindou ni musulman ". A ceux qui lui demandent alors qui ils sont, il répond: "vous êtes des disciples". C'est ainsi que le mot sikh (disciple en panjâbi) se répand.

Avant sa mort, il indique un nouveau gourou pour être son successeur et mener la communauté. Il aura au total 9 successeurs. En effet, le dixième gourou, Gobind Singh (1666-1708) fonde l’ordre militaire de Khalsa (" les purs ") et décrète qu’il n’y aura plus de gourou pour lui succéder et que l’autorité religieuse passe désormais dans le texte sacré, l’Adi Granth, compilant les œuvres des cinq premiers gourous. Ce livre sacré des sikhs reprend de nombreux chants et poèmes composés par des saints hindous des siècles précédents.

Principes et pratiques

Le fondement du sikhisme, le monothéisme, coïncide avec la doctrine musulmane, alors que son caractère dévotionnel est conforme aux concepts de l'hindouisme. Mais Guru Nanak était opposé au système des castes et à toute différenciation entre adeptes : tous les êtres humains sont égaux devant Dieu.

Par contre, il tire de l’hindouisme la croyance dans la transmigration des âmes et dans les effets des actes de chacun sur les vies futures. Le but final est d’interrompre le cycle des renaissances, mais cette libération n’est pas perçue comme l’annulation de soi, plutôt comme une fusion avec Dieu. Cette fusion est atteinte par le moyen d’une conduite juste et de la foi en Dieu. Les gourous se sont toujours prononcés pour la liberté religieuse puisque le plus important est la conduite morale des individus.

Les Khalsas sont des guerriers en même temps que des croyants et des chefs de famille. Ils croient à la légitimité de la " guerre sainte ", c’est-à-dire selon eux de la lutte contre l’injustice. Ils sont censés porter sur eux les cinq K:

  • Kesh, ou cheveux et barbe non coupés, signe de sainteté;
  • Kangh, un peigne utilisé pour garder les cheveux bien coiffés;
  • Kach, sorte de pantalon ample pour ne pas être gênés pendant les batailles;
  • Kara, un bracelet d'acier symbolisant austérité et sobriété;
  • Kirpan, épée ou dague défensive recourbée. En portant une arme, les sikhs rappellent la persécution que leur religion a subie et la nécessité de la défendre contre ses ennemis.

Aujourd’hui, les pratiquants sikhs peuvent être identifiés par le port du turban pour couvrir leurs longs cheveux qu'ils ne coupent jamais et par leur utilisation presque universelle du nom de famille Singh, qui signifie "lion".

Persécutions et répartition géographique

Durant le 18e siècle, les sikhs font l'objet de répressions et de persécutions diverses de la part des autorités de l'époque. Ils en profitent pour établir leur propre royaume qu'ils achèvent de constituer au début du 19e siècle. L'empire sikh dure un demi-siècle et est annexé par les Anglais en 1849.

Durant la guerre d'indépendance de l'Inde; de nombreux sikhs sont tués, emprisonnés ou torturés. Ensuite, beaucoup voyagent à travers le monde et réussissent économiquement. Ils en retirent une réputation de combattants dévoués et de travailleurs infatigables.

Mais les persécutions reprennent suite à l'assassinat d'Indira Gandhi, Première ministre d’Inde, assassinat perpétré par ses gardes de corps sikhs pour venger le massacre du Temple d'Or en 1984. A cette époque, un groupe de séparatistes sikhs (qualifiés de terroristes par les autorités indiennes) occupe le Temple d'Or à Amritsar, un lieu saint du sikhisme. Les tentatives de négociation échouent, Indira Gandhi ordonne que le Temple soit vidé de ses occupants par les autorités, entraînant la mort de 83 soldats et de 493 occupants sikhs. Mais les émeutes de 1984 qui ont suivi la mort de Gandhi ont d'ailleurs fait plus de 2700 morts au sein de la communauté sikh.

En 2004, pour la première fois dans l'histoire de l'Inde, un sikh accède au poste de Premier ministre : Manmohan Singh. En août 2005, les conclusions d'une commission sur les émeutes de 1984 provoquent la démission d'un ministre et d'un député, tous deux mis en cause.

Aujourd’hui, il y a dans le monde quelque 25 millions de sikhs, dont la plupart vivent au Punjab, en Inde. En dehors de l’Inde, les communautés les plus importantes se trouvent en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord. Depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001, certains sikhs sont été victimes d'agressions, l'amalgame étant fait entre les symboles de croyance religieuse des Sikhs, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont effectué les attaques. En France, certains jeunes ont été exclus des écoles à cause de la loi sur l’interdiction des signes religieux ostensibles.

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