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Le judaïsme : histoire, principes et courants
Le judaïsme est la plus ancienne des religions révélées et constituent le point de départ de l’histoire du monothéisme. Son histoire mouvementée peut être comprise comme celle d’un peuple qui relit et commente sans cesse sa propre tradition.
Historique
Le texte rapporte qu’Abraham, au début du deuxième millénaire avant l’ère chrétienne, a rencontré Dieu qui s’est révélé à lui comme unique créateur de l’univers. Environ un demi-siècle plus tard, ses descendants, Jacob et ses fils partent en Egypte, où ils seront traités comme des esclaves. Vers - 1350, les Hébreux quittent l’Egypte sous la conduite de Moïse. Au début de leur pérégrination (= voyage) de quarante années dans le désert du Sinaï, Moïse reçoit les Tables de la Loi incluant les Dix Commandements, puis la Torah (=Loi ou enseignement) qui comprend 613 principes. Josué, successeur de Moïse, amènera ensuite les douze tribus d’Israël en Canaan (Israël d’aujourd’hui).
Deux siècles plus tard environ, ces tribus constitueront le royaume d’Israël, dirigé par Saül, puis par David, qui fixe la capitale à Jérusalem, et par Salomon, qui construit le Temple. Après le décès de ce dernier, le royaume se divise entre Israël au Nord et la Judée au Sud. Le premier sera détruit en –722 par les Assyriens et le second en –586 par les Babyloniens. Les Judéens sont contraints à l’exil, notamment à Babylone. S’ils réussissent toutefois à fonder un nouveau petit royaume, ils sont victimes de persécutions et la Judée sera anéantie en l’an 135 par les légions romaines. A partir de cette date, ils sont interdits sur leur terre et constituent de fait une dispersion dans le monde, appelée Diaspora. Le judaïsme devra jusqu’en 1948 se reconstruire une identité spécifique en dehors de toute autorité nationale et dans des milieux hostiles.
Principes et pratiques
Les principes fondateurs du judaïsme sont la révélation d’un Dieu unique et la pratique de ses commandements. Le premier des Dix Commandements demande d’ailleurs aux croyants de n’adorer qu’un Dieu, unique, éternel et incorporel (la Trinité étant une forme de polythéisme pour les Juifs).
Si Dieu est le Maître des destinées de chacun, il laisse aux hommes une nécessaire liberté de choix entre le bien et le mal. L’homme peut être " sauvé " grâce à ses actes justes, et non grâce à sa foi, ce qui explique le faible prosélytisme des Juifs. La vocation religieuse d’Israël (la Terre Promise) et du Peuple Elu est de transmettre les conditions de réalisation d’un monde plus juste ici-bas. Le personnage central de cette espérance est le Messie, qui doit amener le royaume de Dieu sur Terre. La vie juive est donc marquée par l’attachement à un Peuple, une Terre et une Loi. Si la judéité est conférée par la mère, la conversion est possible mais longue et difficile.
En fait, aucun dogme n’a été reconnu comme base de l’approche religieuse, afin de ne pas figer le judaïsme. Le Talmud, commentaire exhaustif de la Torah, mentionne les avis contradictoires de plus de 2000 rabbins. De plus, depuis la disparition du Temple et de la prêtrise en 70, le judaïsme n’a ni clergé ni autorité centrale pour pouvoir imposer quelque croyance. Le rabbin n’est pas un prêtre mais un laïc qui est " maître, docteur de la loi ".
Au niveau de la pratique, la journée est scandée par trois offices. La prière publique a lieu à la synagogue, mais plusieurs moments liturgiques se déroulent à l’intérieur du foyer.
Persécutions et répartition géographique
A partir du Concile de Nicée (325), les Juifs sont accusés par les chrétiens d’avoir tué Jésus et donc Dieu et commencent à être persécutés et exclus de toutes les formes de la vie civile. Cet anti-judaïsme n’implique cependant pas la volonté de supprimer les Juifs, même s’ils seront massacrés en Europe par les Croisés du 11e au 13e siècle et relégués dans des ghettos.
Dans le courant du 19e siècle, apparaît l’antisémitisme, terme qui signale le passage d’une haine théologique à une haine raciale. L’antisémitisme atteint son apogée avec la Shoah lors du régime nazi de 1933 à 1944. Cette période aboutit à la mort de plus de 5 millions de Juifs (dont 1,5 million d’enfants), c’est-à-dire un Juif sur trois, pendant la Seconde guerre mondiale.
La création d’Israël, Etat censée abriter les Juifs dispersés, est effective en 1948 sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies. L’Etat d’Israël n’est toutefois pas un Etat confessionnel puisqu’il est laïc et reconnaît la liberté de culte.
Aujourd’hui, des 13 millions de Juifs vivant dans le monde, 5 millions vivent en Israël et 8 millions dans la Diaspora. La Belgique compte environ 40.000 citoyens juifs (dont 15.000 à Anvers).
Deux grands regroupements ont progressivement émergé au sein du peuple juif : séfarade et ashkénaze. Les séfarades désignent au départ les Juifs d’Espagne (avant d’être expulsés en 1492) puis tous ceux installés dans le bassin méditerranéen ; tandis que les ashkénazes regroupent les Juifs d’Europe orientale et occidentale.
Au niveau religieux, on peut distinguer quatre courants. Les juifs orthodoxes sont les plus conservateurs et ceux qui affichent leur appartenance religieuse. Les juifs réformistes, considérés comme " libéraux " sont les plus nombreux, même en Israël. Il existe également des juifs laïcs qui s’émancipent de la religion pour retenir la mémoire historique et l’engagement politique (issu de l’idéal socialiste et marxiste) de leur judéité.
Sommaire
- Panorama des religions dans le monde
- La laïcité : définitions, historique et situation en Belgique
- Le christianisme: histoire, principes et diversité de tendances
- L’islam : histoire, principes et diversité de tendances
- Le judaïsme : histoire, principes et courants
- Points communs des religions révélées
- Le bouddhisme : histoire, principes et répartition géographique
- L’hindouisme : histoire, principes et diversité de tendances
- Le sikhisme : histoire et principes
- Secte : définitions, histoire et débat









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