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L’islam : histoire, principes et diversité de tendances

Si les musulmans revendiquent leur appartenance à la umma, la communauté des croyants en Allah (Dieu) et son Prophète, les tendances sont très diverses au sein de l’islam. Il n’existe en effet pas de doctrine unanime ni d’autorité pour l’appliquer. Plusieurs mouvements coexistent donc, même s’ils se retrouvent derrière la reconnaissance du Prophète Mahomet et les piliers coraniques.

Histoire de Mahomet (ou Mohammed)

Mahomet est né à La Mecque vers 570 après J.C. et appartient à la tribu des Quraychites. Après avoir été placé auprès d’une nourrice dans une tribu bédouine jusqu’à l’âge de 6 ans, il revient à La Mecque et devient commerçant pour le compte de Khadija (qui deviendra son épouse vers 595). Il prend alors l’habitude d’aller se retirer dans la grotte du mont Hira pour méditer et prier. C’est là qu’il reçoit la première révélation, par l’entremise de l’archange Djibril (Gabriel), vers 610. Il finit par dicter les messages divins à un proche, constituant ainsi le Coran, le livre saint des musulmans, constitué de 114 sourates (chapitres).

Mais le tournant décisif a lieu en 622, début de l’Hégire (signifiant " émigration "), quand Mahomet et ses disciples partent à Médine pour construire un monde nouveau et fonder une cité-État musulmane. En l'espace de quelques années, la région de Médine passe sous son contrôle, et, en 630, il conquit enfin La Mecque. Avant sa mort en 632, Mahomet a réussi à rassembler l’ensemble des tribus arabes sous son commandement.

Principes et pratiques religieuses

Le mot Islam tire son origine du verbe aslama qui signifie " s'en remettre, s'abandonner, se soumettre ", sous-entendu à la volonté ou à la loi de Dieu. Islam a aussi pour mot dérivé salam qui signifie " paix ". Celui qui se soumet à Dieu vit en paix avec tous les croyants.

Le premier principe de l’islam est l’unicité divine. La profession de foi musulmane, la chahâda, stipule qu’il n’y a de Dieu que Dieu et Mohammed est son prophètehadiths, c’est-à-dire les récits des affirmations et des manières de vivre attribuées au Prophète. En plus de la profession de foi, les quatre autres piliers sont : (même si les prophètes juifs et chrétiens sont également reconnus). La confirmation de ce principe implique un mode de vie basé sur la conformité avec le Coran, la " Parole de Dieu ", et les hadiths, c’est-à-dire les récits des affirmations et des manières de vivre attribuées au Prophète. En plus de la profession de foi, les quatre autres piliers sont :

  • les cinq prières quotidiennes,
  • le jeûne du mois de Ramadan,
  • le pèlerinage à La Mecque (au moins une fois dans sa vie),
  • l’aumône légale (ou l’impôt pour les pauvres).

Comme les autres religions monothéistes, l’islam est une religion du salut, le croyant attendant un jugement divin après sa mort pour lui permettre, s’il le mérite, d’atteindre le Paradis. Pour cela, il doit lutter contre son âme et ses passions (première définition du djihad) et s’abandonner à Dieu.

Dans l'esprit de l'islam, la religion n'englobe pas seulement la foi individuelle et le culte de la communauté des croyants, elle définit aussi les lignes directrices et les règles concernant tous les aspects et toutes les dimensions de l'existence humaine : c'est la charia, la loi canonique, qui est appelée à régir tout le comportement social. La reconnaissance de Dieu implique en permanence l’application de la justice en vue d’un rayonnement pratique de la foi. La mesure, la bienséance et la générosité doivent caractériser les relations des musulmans.

Principal schisme et extension

Après le décès du Prophète, Abou Bakr devient le premier khalife (632-634), c’est-à-dire le souverain des musulmans et successeur du Prophète, en opposition à Ali, le cousin et gendre du Prophète. Les chiites, partisans d’Ali (qui sera khalife de 656 à 661) et de sa descendance vont s’opposer aux sunnites (partisans des Omeyyades) et constituer le principal schisme (division, séparation) de l’islam. Quant aux Kharidjites (qui ont pratiquement disparu aujourd’hui, voir ci-après), ils ne veulent pas prendre partie.

Toutefois, très rapidement, l’islam s’étend dans la péninsule arabique. Les premières batailles s'orientent vers la Perse. Sous le califat d’Omar Ier (634-644), la Syrie-Palestine est conquise, puis la Mésopotamie (Irak) et l’Egypte. Les conquêtes reprennent avec l’arrivée du premier calife des Omeyyades (661-750) et s’orientent d’un côté vers l’Inde et l’Asie et de l’autre côté vers le Maghreb puis l’Espagne et la Gaulle (jusqu’à Poitiers en 732).

Après la prise de Constantinople au 15e siècle, l’Empire Ottoman connaît son apogée. Jusqu’au début du 20e siècle, le dirigeant turc-ottoman est à la fois le sultan (chef politique) et le khalife ou calife (chef religieux). Dans les années 1920, la nouvelle Turquie supprime le sultanat et le califat ; depuis, l’islam n’a plus de chef politique ou religieux incontesté. Les symboles du croissant et de l'étoile ne désignent d’ailleurs l'islam (religion plutôt hostile aux symboles) que depuis le 19e siècle ; ils représentaient au départ l'empire Ottoman (les Turcs l’ayant eux-mêmes repris aux Byzantins).

L’islam aujourd’hui dans le monde

Aujourd’hui, le plus grand pays musulman est l’Indonésie avec 170 millions de musulmans, puis viennent le Pakistan (136 millions), le Bangladesh (106) et l’Inde (103). Ainsi, contrairement à ce que l’on peut penser, seul 25% des musulmans vivent dans le monde arabe. Au total, les musulmans seraient un milliard et demi, soit 20% de la population mondiale, et suivent divers courants.

Le courant sunnite, qui se réfère à la sunna, la tradition du Prophète, est plutôt orienté vers une attitude juridique et littérale. Il postule que le chef politique est également le plus haut chef religieux (comme au Maroc). On considère aujourd’hui que 90% des musulmans sont sunnites. Il existe toutefois quatre écoles reconnues au sein du courant sunnite (voir la définition du Dico).

Le courant chiite, divisé en plusieurs tendances, est orienté vers une attitude messianique, contestataire et charismatique. Se réclamant de Ali, ils estiment que c’est le chef religieux qui doit exercer le pouvoir séculier le plus élevé. Depuis la révolution de 1979, ils détiennent le pouvoir en Iran par le biais des ayatollahs. On les retrouve en tant que minorités en Irak et au Liban.

Le courant kharidjite a pratiquement disparu aujourd’hui, même s’il subsiste en Algérie (les Mozabites), Tunisie, Oman (les Ibadites) et à Zanzibar. Il représente la tendance puritaine et égalitariste de l’islam (le khalife doit être élu par la communauté).

Enfin, l’islam est traversé de nombreux courants de spiritualité mystique, par le soufisme ou tassawuf, qui postulent l’importance de l’adhésion intérieure à l’islam. Au départ, les confréries sont d'origine chiite mais le principe se répand dans le sunnisme. Ces courants sont aujourd’hui présents dans tout le monde musulman, même s’ils sont toujours condamnés par certains, comme les Wahhabites (courant rigoriste de l’école sunnite hanbalite).

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