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P. Gilly:"Je ne pense pas qu'un contrôle de l'Etat soit nécessai

Patrice Gilly est rédacteur au Ligueur sépcialisé dans les médias. Pour lui, les parents ont un rôle à remplir en accompagnant l'enfant dans sa pratique du jeu vidéo.

Pensez-vous que les jeux vidéo qui mettent en scène des actes de violence peuvent présenter  un danger pour leurs adeptes ?

Nous avons tous de la violence en nous. Le tout, c’est de parvenir à la canaliser et de savoir comment nous réagissons à cette violence. Et le fait de jouer à des jeux vidéo violents va nous permettre de nous représenter cette violence, de prendre de la distance. C’est intéressant de jouer à un jeu violent. Comme jadis, lorsque nous jouions aux cow-boys et aux indiens et que nous nous tuions mutuellement.

Il n’y a pas une seule façon de réagir à la violence : on réagit en fonction de son émotivité, de son histoire et de sa place dans la société. Est-ce que cela signifie que le jeu violent ne peut pas avoir d’incidence sur l’enfant ? Si, à partir du moment où celui-ci est fragile psychiquement, qu’il a une tendance à prendre au pied de la lettre ce qu’il voit. A ce moment-là, il ne fera plus la part des choses et, s’il a des prédispositions violentes en lui, il pourra être tenté de reproduire les scènes du jeu vidéo dans la vie réelle.

Selon vous, devrait-on interdire les jeux vidéo trop violents?

A mon avis, les parents ont un rôle à remplir en cherchant à savoir à quel jeu l’enfant joue, combien de temps et s’il varie régulièrement de jeu. On peut jouer à des jeux violents mais il y aura moins d’incidences si on alterne avec des jeux non-violents. Le tout, c’est de ne pas rester dans un genre de jeu et de limiter le temps de jeu. Et il doit également il y avoir un contrôle sur les jeux que l’on n’achète pas mais qui peuvent être téléchargés. 

Existe-il des jeux vidéo sans violence ? Et si oui, les jeunes y trouvent-ils un intérêt ?

Il existe des jeux vidéo non-violents mais ce ne sont pas ceux-là qui sont le plus mis en avant par les constructeurs et les vendeurs de jeux vidéo. Un genre est en train d’émerger : les « serious games ». Ce sont des jeux politiques ou informatifs dans lesquels le joueur prend conscience d’un problème de société comme le réchauffement de la planète, le handicap ou la vie dans la cité. Ce type de jeux est intéressant car ils amènent généralement au dialogue avec un adulte. Et c’est important qu’il y ait une parole échangée avec l’adulte. Or, l’enfant est souvent complètement livré à lui-même. Et puis, c’est un sujet dont il n’aime pas parler car ses parents n’y connaissent absolument rien. La plupart du temps, les jeux online, c’est du chinois pour les parents qui préfèrent ne pas en parler.

Selon vous, les pouvoirs publics devraient-ils réagir et contrôler les jeux vidéo qui présentent de la violence ?

En principe, dans les boutiques de jeux vidéo, il y a des indications d’âge sur les jeux en fonction de la norme PEGI. Or, dans ces magasins, les jeux ne sont pas classés par âge. Un jeune de 12 ans peut être confronté à des jeux pour les plus âgées et être tenté d'en acheter. Là aussi, il faudrait un accompagnement des parents pour en discuter avec lui.

Je ne pense pas qu’un contrôle de l’Etat soit nécessaire. Toutefois, il faudrait être plus contraignant sur le respect de la signalétique en vérifiant que ce jeu correspond à l’âge indiqué sur la boîte de jeu. Les ados évoluent plus vite, ils ont tendance à sauter les étapes et aller tout de suite à un tranche d’âge supérieure.

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