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Quand la presse influence l’opinion publique

La presse et les médias ont toujours eu une grande influence sur l’opinion publique.Celle-ci est parfois positive, parfois négative. Mais il est clair que les médias ne sont jamais totalement étrangers à l’opinion que se forgent les citoyens sur tel ou tel événement.

Les quelques exemples décrits ci-dessous montrent à quel point les médias peuvent changer le cours des choses en influençant l’opinion publique …

Les brûlés au Napalm par Nick Ut

La guerre du Viêt-Nam (1964-1975) oppose le Viêt-Nam du Nord (communiste) et le Viêt-Nam du Sud, soutenu par l’armée américaine.Cette guerre, très meurtrière, se solde par une défaite des Etats-Unis. Si, au début de la guerre, le peuple américain se voyait déjà revenir vainqueur du conflit, au fur et à mesure des mois de conflits, l’opinion majoritaire au départ favorable à l’intervention américaine va progressivement changer.

Les médias ne sont pas étrangers à ce revirement. Si, au départ, ils soutenaient l’intervention américaine, ils modifieront peu à peu le regard de la population en diffusant certains clichés. Citons, entre autres, une photographie prise par Nick Ut en 1972 largement diffusée, qui fait basculer une partie importante de l’opinion publique américaine dans le clan des opposants à la guerre du Viêt-Nam. Cette photo représente des enfants fuyant les bombardements, dont une jeune fille nue, brûlée par du Napalm (substance chimique très corrosive) utilisée dans les bombes américaines.

Après la publication de cette photo, les manifestations anti-guerre prendront de plus en plus d’importance et précipiteront le retrait des troupes américaines du territoire vietnamien.

Cet exemple nous montre comment les médias, via son rôle dans la transformation de l’opinion publique, ont influencé en partie la politique internationale.

Un mensonge accélère le déclenchement de la 2ème guerre du Golf

Pendant l’été 1990, l’Irak envahit son voisin, le Koweït. Le 10 octobre 1990, une adolescente Koweitienne, Nayirah, se présente au Conseil de sécurité de l’ONU et témoigne d’un massacre de bébés arrachés de leurs couveuses, dans une maternité de Koweït -City. En pleurs, elle demande au Conseil de Sécurité d’intervenir dans la région pour repousser les troupes irakiennes de Saddam Hussein.

La scène largement retransmise par les médias américains et internationaux va provoquer de vives réactions à l’échelle mondiale. Aux USA, l’opinion se lève pour accélérer l’intervention au Koweït et, quelques jours plus tard, l’ONU mené par les USA, décide d’envoyer une force armée au Koweït.

Après la libération du Koweït et la fin de la guerre en 91, il fut établi que le massacre des bébés de Koweït -City n’avait jamais eu lieu. En effet, après vérification, il s’est avéré que Nayirah était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux USA, employée par une puissante agence américaine de relation publique et de traitement de l’information : Hill & Knowlton. D’après l’enquête de deux journalistes allemands, la firme aurait reçu du Koweït 10 millions de dollars pour la création de cette campagne.

Dans ce cas de figure-ci, les médias n’ont peut-être fait que diffuser les images mais leur très large diffusion a entraîné une mobilisation de la population qui, à son tour, a certainement accéléré le processus d’intervention des Etats-Unis.

Les armes de destruction massive en Irak, 2003.

Il arrive parfois que les médias jouent le jeu des politiques.  Ce fut, par exemple, le cas des médias américains avec les « fausses armes de destruction massive » en Irak.

En 2003, Le gouvernement Bush affirme, photos aériennes à l’appui, que l’Irak produit des armes de destruction massive. Ces mêmes armes, vendues aux terroristes, seraient une menace pour les USA.

Autre allégation reprise par les médias américains : le lien entre l’Irak de Saddam Hussein, le réseau terroriste Al Qaida et les attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis.

Ces rumeurs, amplement relayées par les médias américains,  ont permis au gouvernement américain de légitimer son intervention en Irak car la majorité des Américains étaient convaincus de la véracité de ces informations. Peu après le début du conflit, toutes ces affirmations ont été démenties : on ne retrouva jamais ces fameuses armes et le lien entre le régime irakien et Al Qaida ne fut jamais prouvé.

Et pourtant, une enquête a été menée aux USA entre janvier et septembre 2003 par le PIPA (Programme on International Policy Attitudes) et le KN (Knowledges Network) sur la perception des américains par rapport à la guerre en Irak. Elle démontre que 45 à 52% des américains pensent que des liens ont été trouvés entre Al Qaida et l’Irak. De plus, 20 à 22% affirment que des armes de destruction massive ont été trouvées durant le conflit.

Ces différents exemples montrent à quel point les médias peuvent influencer l’opinion publique. Ils en sont, bien entendu conscients et doivent, à ce titre, être rigoureux dans la vérification des sources, dans la publication de certaines images, dans le choix des sujets en Une, etc.

Quant à l’opinion publique,  elle a, à son tour, une influence considérable sur les pouvoirs publics et peut, parfois, renverser une situation ou accélérer des processus de décisions. Il faut donc être prudent et ne jamais perdre son sens critique.

 

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