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Quand les médias divulguent de fausses informations
La pression de l’audience, la chasse au scoop, la concurrence, etc. sont parfois à l’origine de dérapages médiatiques. Les plus connus sont la fausse interview de Fidel Castro et le faux charnier de Timisoara.
Ces deux exemples nous rappellent qu’il faut toujours garder un regard critique sur l’information transmise par les médias : parfois, l’image nous ment. Aujourd’hui, avec les possibilités de diffusion qu’offre Internet, le public doit être encore plus attentif qu’avant.
L’interview "exclusive" de Fidel Castro
En 1991, une interview de Fidel Castro face à Patrick Poivre d’Arvor, un des présentateurs phares du Journal Télévisé de TF1 est diffusée aux informations. Cette interview apparaît aux yeux des téléspectateurs comme une chance exceptionnelle car Fidel Castro ne donne que très peu d’interviews.
Ce que les spectateurs apprendront bien plus tard, c’est qu’il s’agissait d’un montage réalisé avec des images prises lors d’une conférence de presse de Fidel Castro où PPDA s’était rendu avec 100 autres journalistes et des questions enregistrées après par le présentateur en fonction de celles qui avaient été posées par les autres journalistes.
Un an plus tard, un autre journaliste Pierre Carles et le magazine Télérama dévoilent la supercherie. PPDA répond de façon virulente à ses détracteurs et affirme que, même si le montage a été maladroit, il n’a jamais été question de tromper les téléspectateurs.
Le faux massacre de Timisoara
En décembre 1989, la révolution roumaine, pourtant sévèrement réprimée, réussit à renverser le pouvoir communiste de Ceausescu. Peu avant Noël, TF1 annonce qu’un charnier a été découvert dans la ville de Timisoara.L’information émise par des agences de presse hongroise, est- allemande et yougoslave, est reprise par l’AFP (Agence France Presse)
La presse s’emballe très vite pour cette information. On annonce, à grand renfort de détails sordides, des milliers de morts, exécutés ou torturés et retrouvés dans une seule fosse commune. Les médias publient même une photo de 19 corps, dont un bébé couché sur le ventre d’une femme, désignée comme étant sa mère.
Quelques jours avant Noël, ces images touchent fortement l’opinion publique. Au bout de quelques jours, un bilan officiel est établi par les médias : il y aurait eu 4630 morts pour Timisoara et 70.000 pour l’ensemble de la Roumanie.
Les vrais chiffres racontent tout autre chose. Même si le nombre de mort est élevé à Timisoara (entre 90 et 147 victimes), on est quand même loin du génocide annoncé. De même pour l’ensemble de la Roumanie avec 689 morts au lieu de 70.000.
De plus, après autopsie, on révéla que le bébé couché sur le ventre de la femme (qui n’était pas sa mère) avait succombé de la mort subite du nourrisson. La femme, elle, était morte quelques temps plus tôt d’une cirrhose du foie. Les deux corps avaient été déterrés de la fosse commune pour les besoins de la photographie.
Internet
Internet est sans doute devenu le plus grand foyer de désinformations et de rumeurs. En effet, toute personne qui y a accès peut poster une information sur le Net. Le nombre croissant de blogs d’informations illustre le phénomène. Le succès de Wikipédia, une encyclopédie virtuelle entièrement alimentée par les internautes, également.
Il est essentiel d’être prudent face aux informations issues d’Internet. Avant toutes choses, il faut se renseigner sur les auteurs : est-ce la communauté des internautes, des journalistes, un particulier, etc.? En effet, des blogs en apparence « personnels » peuvent très bien être créés par des entreprises, partis politiques, personnes malintentionnées, etc., qui souhaitent faire la publicité de telle ou telle action. Ils peuvent donc contenir un grand nombre d’informations erronées ou purement inventées. De plus, il est important de recouper ses sources, c’est-à-dire de s’informer auprès de différents médias afin d’être sûr de la vérité d’une information.
Une autre manière de véhiculer des rumeurs sont les chaînes d'emails (dont certaines contiennent des virus). Toutes les personnes familières d’Internet les connaissent : dons pour des enfants malades, pétitions pour diverses causes, publicités, chaînes du cœur, etc.Il faut rester vigilant face à ces emails car certains diffusent de fausses informations.
Prenons un exemple: une avocate vous annonce, par email, que Bill Gates distribue ses richesses à travers le monde. Et le seul moyen de prendre un peu de part du gâteau, c’est de renvoyer ce mail à vos amis (245 euros par ami qui recevra le mail). Celui-ci est, soi-disant pisté par Microsoft qui sait alors qui l’envoie et donc à qui il pourra envoyer les sous.Cette information complètement démentie circule pourtant par mail depuis quelques mois…
Ces affaires d’informations montées de toute pièce sont assez rares dans les médias traditionnels tels la radio, télévision et la presse écrite.
Autocensure
Attention tout de même, il faut rester attentif car il existe d'autres moyens de tronquer l’information, plus discrets et beaucoup moins connus comme, par exemple, l'autocensure.
Il s’agit pour les médias de passer sous silence (partiellement ou pas) une information ou de la rendre insignifiante. Elle permet de ne pas froisser les auditeurs, les directions, les actionnaires ou les partis politiques qui seraient proches du média en question.
Facile à effectuer, l’autocensure est aussi utilisée beaucoup plus régulièrement que les manipulations visuelles.Il faut donc être attentif à l’information qu’on nous donne mais aussi à celle qu’on ne nous dit pas…









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