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Service public versus privé en Belgique

Jusqu’en 1980, le marché de l’audiovisuel en Belgique était monopolisé par le service public. Depuis, le marché est caractérisé par une co-existence du secteur privé et public, deux secteurs bien différents l’un de l’autre et en concurrence constante. Voici un aperçu de leurs spécificités.

Service public

La RTBF (Radio et Télévision belge francophone) est le service public en Belgique francophone. Depuis 1997, elle a le statut d’Entreprise publique autonome à caractère culturel, ce qui lui confère une autonomie d’initiative et de gestion.

Le RTBF est liée à la Communauté française par un contrat de gestion qui est renouvelé tous les 6 ans. Grâce à ce contrat, elle reçoit des subsides des autorités publiques qui représentent 75% de ses recettes (les subventions annuelles de 2007 s’élèvent à plus de185 millions d’euro). En contrepartie, elle doit se plier à un cahier des charges assez strict. En effet, dans le but de refléter la culture de la Communauté française, la RTBF a un devoir d’information, d’éducation permanente et citoyenne et de divertissement (sport, fiction, jeux TV et radio, etc.). En outre, elle doit assurer 7 heures par jour de productions propres, ce qui représente plus du double de sa concurrente privée RTL-TVI.

Enfin, selon le contrat de gestion pour les années 2007 - 2011 négocié entre la RTBF et la Communauté française, la chaîne ne pourra pas, en 2010, dépasser 30% de recettes publicitaires dans son chiffre d’affaire. En 2006, elles étaient limitées à 25%.

Depuis le plan Magellan, lancé en 2002 pour relancer l’ensemble des activités du service public, la RTBF dispose de 3 chaînes de télévision : La Une, La Deux et une chaîne internationale RTBF SAT, diffusée sur toute l’Europe et l’Afrique du Nord. Elle dispose également de 6 chaînes de radios : La Première, Vivacité, Classic21, Pure FM, Musiq3, RTBF International ainsi que les services de RadioTrafic. Enfin, elle est partenaire de TV5 Monde et d’EURONEWS et collabore avec ARTE.

La RTBF est dirigée par un conseil d’administration, désigné par le Parlement de la Communauté française. Pour assurer une meilleure représentativité de toutes les tendances politiques, chaque parti politique doit être représenté au conseil d’administration de la RTBF de façon proportionnelle à son importance électorale au sein du Parlement. Jean-Paul Philippot est l’actuel administrateur général. Il a été élu en 2002 pour une durée de 6 ans.

Radio et télévisions privées

A l’exception des radios et télévisions locales, le plus souvent constituées en ASBL, les radios et télés privées sont des sociétés commerciales, c’est-à-dire que leur objectif est de dégager un profit.

Cependant, elles sont également soumises à des contraintes de la Communauté française de Belgique. Elles doivent, par exemple, présenter des garanties en terme de capital et d’emploi. Elles ne peuvent dépendre d’un parti politique et leurs programmes d’informations doivent être gérés par des journalistes professionnels. Elles sont aussi soumises à des accords avec les sociétés d’auteur et aux règles du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). Remarquons que ces règles s’appliquent aussi au service public. 

Les télévisions privées ont des exigences supplémentaires (par rapport aux radios) à satisfaire : promouvoir et contribuer à des œuvres européennes et francophones, respecter les délais de diffusion d’œuvres cinématographiques (24 mois après la sortie).

RTL-TVI qui bénéficie du must carry (droit de distribution obligatoire sur le câble de distribution qui s’applique en Région wallonne francophone) doit pour cela : promouvoir la Communauté française de Belgique, proposer un journal d’information par jour, assurer 20% de productions propres et avoir un nombre quotidien minimal d’heures de programmes.

On compte une vingtaine de radios privées en Wallonie, les plus connues étant Bel RTL, Radio Contact, Fun Radio, NRJ, etc. Les 8 télévisions privées comprennent RTL-TVI et ses deux petites sœurs (Plug et Club RTL), AB3, AB4, MCM Belgique, Liberty Tv (la chaîne des voyages), Canal Z (chaîne économique) et les deux chaînes payantes Be Tv et Belgacom TV. On recense aussi 12 chaînes locales, organisées en ASBL, qui privilégient l’actualité de leur région.

Les radios et télévisions les plus écoutées/regardées en Belgique francophone appartiennent à des grands groupes médias . Ainsi, Radio Contact, Bel RTL, Fun Radio et RTL-TVI (+ Plug-TV et Club RTL) appartiennent toutes à RTL-Group (groupe de médias d'origine luxembourgoise détenu à 90% par l'allemand Bertelsmann). Le groupe Rossel à un partenariat avec RTL-Group, à travers sa participation aux filiales belges du groupe (à savoir Bel RTL et Radio Contact). La radio NRJ est contrôlée par le groupe NRJ (lui-même propriété de Canal Plus France).Ce dernier a aussi un pied dans la radio Nostalgie Belgique. Quant à MCM Belgique, AB3 et AB4 et Be Tv, elles appartiennent toutes à des puissants groupes français : MCM Belgique est une filiale du groupe Lagardère, la compagnie YTV d’AB3 et AB4 est affiliée au groupe AB (un des principaux producteurs télé francophones) et BeTv est la propriété de Vivendi Universal (Canal+ France).

Ces médias privés sont financés exclusivement par la publicité et sont donc plus sensibles aux impératifs d’audience. C’est pour cela, surtout en télévision, que les pubs y sont plus nombreuses et qu’ils proposent plus de programmes de divertissement, susceptibles d’attirer un large public.

Concurrence sur le marché

C’est surtout entre le service public et les chaînes de radiotélévision de RTL-Group que se joue la concurrence. En radio, Bel RTL et Radio Contact détiennent à elles deux 35,16% des parts du marché dans les derniers chiffres du CIM (Centre d’information sur les médias) parus en février 2007. La RTBF a bien du mal à tenir la route et à attirer de nouveaux auditeurs. Sa meilleure radio, Vivacité, se place en 4ème position après Radio Nostalgie, avec seulement 10% de parts de marché.

La situation est semblable en télévision où la chaîne privée généraliste RTL-TVI est incontestablement le leader, avec 16 programmes dans les 20 premiers du Top 100 des meilleures audiences en 2006, contre seulement 4 pour la RTBF.

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