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La presse alternative en Belgique

Tout le monde sait de quoi il s’agit quand on parle du journal Le Soir, de la Libre ou de la Dernière Heure. Mais qui a jamais entendu parler d’ Imagine-demain le monde, du Journal du Mardi ou d’Axelle ? Pourtant, tous sont des titres de presse écrite publiés en Belgique francophone. La différence tient au fait que les 3 premiers sont des journaux d’information "classique" alors que les 3 autres sont des journaux d’information "alternative".

Un nombre impressionnant de titres

La presse alternative est méconnue par le grand public. Et pourtant, les titres de presse écrite alternatifs sont plusieurs dizaines rien qu’en Belgique francophone.

Qui sont-ils ?

La presse alternative se distingue essentiellement par sa volonté d’évoluer en dehors du monde marchand. Bien entendu, il est important pour n’importe quel titre de presse d’avoir suffisamment de moyens financiers pour subsister. Mais la priorité de la presse alternative est toute autre puisque sa raison d’être est de parvenir à diffuser ses idées, ses valeurs. On l'appelle d'ailleurs parfois presse d'opinion, presse d'idées, presse engagée.

La presse alternative peut être subdivisée en 2 groupes : d'un côté la presse alternative indépendante et, de l'autre,  la presse associative d'idées.

La presse indépendante

La presse alternative indépendante se distingue des autres titres par son autonomie face aux organisations marchandes, politiques et associatives. Ce type de presse reste très minoritaire, seuls 6 journaux alternatifs indépendants à diffusion nationale peuvent être répertoriés en Belgique francophone : La Revue Nouvelle, Pan, Père Ubu, Imagine demain le monde, Politique  et Le Journal du Mardi.

Remarquons que la presse alternative indépendante d’aujourd’hui est l’héritière des titres de presse d’opinion florissants dans les années proches de mai 68 tels Le Point, Mai, L’hebdo, Alternatives libertaires, …

La presse associative d'idées

Si les titres de presse indépendants sont peu nombreux aujourd’hui, c’est loin d’être le cas de la presse associative d'idées. Considérée comme alternative de par son refus du monde marchand et son objectif de sensibilisation, la presse associative est riche de nombreux journaux et de diversité. En effet, il n’est pas rare, pour une association, d’avoir son propre journal d’information. Citons, parmi les plus connus,  La Chronique de la Ligue des Droits de l’Homme, Axelle de Vie féminine, Alter Echos de l’Agence Alter, Espace de Libertés  du Centre d’Action Laïque, etc.

Survivre malgré tout…

Refuser le monde marchand et la recherche du profit met généralement les journaux alternatifs dans une position financière difficile  : là où dans certains journaux plus de 20% du contenu total est occupé par la publicité, aucun titre de presse alternative ne dépasse les 5%.

De plus, si l’objectif de la presse alternative n’est pas de vendre, il faut reconnaître que, sans lecteur, un journal n’existe pas. Or, le nombre de lecteurs d’un journal alternatif varie généralement de 2 000 à 10 000 lecteurs. Quand on sait que le journal Le Soir a chaque jour plus de 120 000 lecteurs, on réalise à quel point la presse alternative se trouve dans une situation financièrement précaire et doit chaque jour se battre.

Les opinions se vendent mal

Ecrire un journal, l’imprimer, le distribuer en librairie, … Tout cela coûte cher. La presse alternative manque de moyens mais aussi de lecteurs. La tendance de la presse actuelle est à la neutralité : le lecteur est habitué à recevoir une information objective, neutre et pas une opinion.

Pourtant, il est essentiel de parvenir à maintenir en vie les titres de presse alternative qui assurent la pluralité des opinions au sein d’un pays et suscitent le débat citoyen.

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