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B. Godden:"Il ne faut pas opposer le bio et le convientionnel"

B. Godden:"Il ne faut pas opposer le bio et le convientionnel"

Certains chercheurs remettent en cause les bienfaits environnementaux de l’agriculture biologique. Pour avoir l’avis d’un spécialiste sur l’agriculture biologique, nous avons interrogé Bernard Godden, professeur de physiologie et écologie à l’ULg et à l’ULB.

Avec le succès des produits issus de l’agriculture bio, certains chercheurs remettent en cause les bienfaits de l’agriculture biologique sur l’environnement. Ils critiquent notamment le fait que deux fois plus de terres cultivées soit nécessaire en raison d’un rendement moindre. Qu’en pensez-vous ?

Les rendements du bio sont certainement inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle, mais ils ne sont pas mauvais pour autant... De plus, nous ne devons pas opposer l’agriculture bio à l’agriculture conventionnelle, car elles sont toutes deux très nuancées. Ici en Belgique, on obtient effectivement des rendements assez extraordinaires en culture conventionnelle, mais ce n’est pas le cas pour des pays comme le Maroc par exemple, où les agriculteurs n’ont pas accès aux mêmes quantités d'engrais. Au niveau environnemental, ce qui différencie principalement l’agriculture bio de l’agriculture conventionnelle, c’est la manière de travailler les sols. L'agriculture bio apporte la fertilité aux sols et ne l’épuise pas. En effet, le principe du bio est d’assurer des moyens de production durables et un système préventif contre les maladies, l’érosion des sols…

On a également objecté que le transport et la transformation étaient les étapes les plus polluantes dans la chaîne de la production alimentaire, relativisant ainsi les bienfaits du bio sur l’environnement. Qu’en pensez-vous ?

Effectivement, il faut privilégier au maximum les producteurs locaux. Même pour l’agriculture conventionnelle, il faut tenter de raccourcir les distances. Cependant la protection de l’environnement dépend également des transports et des moyens de production utilisés par les producteurs. On peut par exemple consommer des tomates d’Italie avec un coût moindre pour l’environnement que des tomates d’ici cultivées sous serre et ayant poussé à l’aide d’une effroyable consommation d’énergie. Il faut donc également consommer en fonction des saisons.

Le bio est considéré comme meilleur pour la santé. Mais avec la permission d’avoir un label Bio malgré un taux de 0,9 % d’OGM accidentellement introduit par dissémination des cultures, le bio gardera-t-il cet avantage ?

Il ne faut pas confondre la tolérance d’un taux maximum de 0,9 %, avec l’objectif de l'agriculture bio qui reste bien d’être exempte d’OGM. On est d’ailleurs très loin de vendre des produits bio contenant 0,9 % d’OGM.

Pensez-vous qu’il serait bon de subventionner d’avantage l’agriculture biologique ?

Les subventions agricoles sont apparues pour accroître la production. Ensuite on a octroyé des subventions directement aux agriculteurs pour compenser la baisse des prix survenue avec la surproduction. Maintenant on voit apparaître d’autres subventions comme par exemple la subvention pour l’aménagement du territoire. Les subventions sont donc multiples. Dans le bio, il faut effectivement subventionner les agriculteurs à travers la mise en place d’outils qui leur permettent d’avoir un encadrement favorable. Il existe déjà des structures comme le Bioforum, qui favorisent le développement du secteur bio

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