Sous-thèmes
Article
Le Dalaï-Lama : parcours, enseignement, influence
Le Dalaï-Lama, qui signifie "océan de sagesse", est le dirigeant temporel et spirituel du Tibet. Depuis 1940, Tenzin Gyatso a cette charge. Quel est son parcours ? Quels sont ses principaux enseignements ? Quelle est son influence dans le monde et en Belgique ?
Son parcours
Né en 1935 dans une famille de paysans dans la province d’Amdo au Tibet, Lhamo Dhondrub est reconnu, 2 ans plus tard, comme le 14e Dalaï-Lama. Il est intronisé comme chef spirituel à Lhassa, capitale du Tibet en 1940 et est baptisé Tenzin Gyatso. Il commence sa formation religieuse (qui durera 20 ans).
En 1950, la Chine envahit le Tibet. Le Dalaï-Lama devient chef du gouvernement tibétain et part, 4 ans plus tard en Chine pour rencontrer Mao et tenter une résolution pacifique du conflit, sans succès. En 1959, un révolte tibétaine, durement réprimée par les Chinois, éclate. Le Dalaï-Lama fuit à pied en Inde, à Dharamsala, et met en place le gouvernement tibétain en exil. Les années suivantes, toujours en exil, il lance un appel aux Nations Unies en faveur de l’indépendance tibétaine. Sans succès.
En 1987, il propose un plan de paix et renonce à l’indépendance au profit de l’autonomie tibétaine au sein de la République chinoise. Deux ans plus tard, il reçoit le prix Nobel de la paix. Les négociations avec les Chinois n'ont toujours pas abouti aujourd’hui.
Ses principaux enseignements
S’il se présente comme " un simple moine bouddhiste, ni plus, ni moins ", son rôle est d’agir pour les autres et de diffuser un message d’amour et de paix. Selon lui, la notion de " responsabilité universelle " devrait s’étendre pour que les hommes puissent s’entraider, au-delà des frontières : chacun doit percevoir la souffrance des autres comme sa propre souffrance. " Le but essentiel de la vie est d'être heureux... et la clé de la création d'un monde meilleur réside dans le développement de l'amour et de la compassion pour les autres."
Face aux Chinois, il a toujours refusé l’utilisation de la violence : " parce que la violence est contre la nature humaine et parce que, avec une grande puissance comme la Chine, les seules relations viables sont celles qui sont fondées sur l’amitié ". Il est également favorable au dialogue des religions et a rencontré plusieurs fois le Pape et d’autres dignitaires religieux.
Le 14e Dalaï-Lama est un réformateur (c’est-à-dire favorable aux changements), autant au niveau politique (voir l’article sur le Tibet) que religieux. Il essaye de concilier la modernité et les traditions tibétaines. Il est par exemple revenu sur ses déclarations concernant l’homosexualité, en affirmant que si cette pratique sexuelle peut être nuisible (car elle n’a pas pour objet la reproduction mais le plaisir des sens), les homosexuels ne doivent pas être condamnés. Par contre, il considère l’avortement comme un acte répréhensible (sauf si la vie de la mère est en danger) et défend l’usage du préservatif comme " méthode non violente de contrôle de la natalité ".
Son influence
L’autorité religieuse du Dalaï-Lama est limitée, en principe, à la première des quatre écoles du bouddhisme tibétain, celle des Gelugpa (les " bonnets jaunes ", moins de 2% des bouddhistes). Mais le Dalaï-Lama a reçu les plus hauts enseignements de toutes les principales écoles du bouddhisme tibétain. De plus, face à l’annexion du Tibet par la Chine, il devient le représentant du peuple et de la culture tibétaine. Toutefois, certains Tibétains contestent sa politique de " voie médiane " en soulignant que la non-violence n’a eu aucun succès face à la Chine.
En Europe, l’influence du bouddhisme tibétain est grandissante. Aujourd’hui, il y a environ 20.000 bouddhistes en Belgique. Le séjour du Dalaï-Lama en 2006 attire les foules : sa conférence prévue au Sportpaleis d’Anvers, qui peut accueillir 12.000 personnes, est sold-out depuis plusieurs semaines ! Même pour les laïcs, il est l’un des grands représentants de la non-violence dans le monde. Pourtant, si de plus en plus de personnes admirent sa grandeur d’âme et son combat, aucun État n’a encore reconnu officiellement le gouvernement tibétain, pour ne pas s’attirer les foudres de la puissante Chine.









Commentaires (0)